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11/03/2013

La place du mort Pascal Garnier

t-boite_a_meu1.jpgIl fut un temps où je ne jurais que par le polar, le polar français, qui plus est, du bien noir et du bien suintant de misères sociales et de laissés pour compte de la société et de la vie en général, un temps où Pouy, Raynal et tous les autres venaient en joyeux fêtards gauchistes jusque qu'au bout des santiags de Pascal  Dessaint, trinquer derrière leurs piles de bouquins à "Etonnants voyageurs" ( oui, cela fait un peu arrière-garde, mais j'assume ...)

Je n'y ai jamais vu Pascal Garnier, mais sans doute faisait-il partie de la confrérie, en tout cas, ce qu'il écrivait peut le laisser penser, car j'ai retrouvé avec plaisir cettte "joyeuse banboula de la mortitude des choses" dans "La place du mort", un petit polar bien sous tous rapports pour qui aime le genre.

Un accident de voiture dans la nuit, une voiture au phare borgne et que seul un renard entend percuter avant de retourner à ses occupations, finir d'éventrer son lapin. Nous sommes près de Dijon (mais on ne le saura qu'après)

Puis, le bruit de l'horloge franc-comtoise, celui de la maison du père de Fabien, notre héros, père solitaire et rabougri du coeur qui avait besoin d'un coup de main pour un vidage de grenier. Nous sommes en Normandie.

Fabien, le héros, rentre dans son appartement parisien, besogne faite. Sa femme Sylvie, avec qui il vivote depuis un temps certain, n'est pas là. La quarantaine sans enfants, un arrangement entre amis. Il écoute ses messages sur répondeur, il y a en a trois. Le dernier vient de l'hopital de Dijon : il dit que Sylvie est morte.  A Dijon, donc, dans un accident de voiture, Sylvie et son amant, un certain Martial, sur la route qui menait à leur coin d'amour " Le petit chez soi". Après un aller-retour : Fabien est fort marri et revient à Paris se morfonde. Lui qui aimait la solitude "mais accompagné", le voilà réduit à se demander si il va devoir se nourrir d'oeufs au chorizo fort jusqu'à la fin de sa vie, vu qu'il aime le chorizo fort et que Sylvie ne l'aimait pas, mais quand même, ce n'est pas une raison ...

Recueilli par son copain Gilles, sorte de père d'enfant en mal d'amour de sa Fanchon, les deux compères vont régresser, se font des parties des légos, plus ou moins licites, les légos, et Fabien s'endort au milieu des peluches. Lorsqu'une idée de vengeance se tarbistouille dans la tête du Fabien : il va "prendre la place du mort", séduire la veuve de l'amant, Martine. Il a son adresse, facile, et puis ...

Sauf que la Martine se révèle avoir le sex appeal d'une huitre, à se demander pourquoi elle est si bien gardée par par sa "meilleure" amie, Madeleine ... Le piège à crabe se referme, mais pas forcément par celui qui croyait prendre, évidemment !!!

 Si l'intrigue n'est pas la force majeure de ce noir, le plaisir vient de cette écriture qui marque l'infinie tristesse drôlatique d'une existence vide où l'amour n'a pris la place de personne, un rêve innaccessible d'immobilisme : " De son lit, les reins calés par un gros oreiller, Fabien pouvait voir par la fenêtre un grand pan de ciel bleu marbré de rose, l'ébauche d'une forêt rousse et un triangle de pré vert où paissaient quelques vaches. Le paradis à portée de main et pourtant innacessible. Etre une bonne grose vache, manger toute la journée, donner son lait aux petits enfants, dormir dans une étable bien chaude, bien serrée contre les autres, et recommencer le lendemain pour toujours."

Et bien, même cela lui sera refusé.

 

Athalie

Commentaires

T'as pas cité Fajardie entre Pouy et Raynal, c'est exprès ou c'est un oubli (je dis ça mais en même temps je suis bien incapable de citer un autre nom) ? Je lis quasimment pas de polars mais j'aime bien ceux de Fajardie. La nuit des chats bottés, j'avais adoré !

Écrit par : jerome | 11/03/2013

Pascal Garnier, c'est le top du roman noir ! Et tu as de la chance si tu le découvres, ses autres livres sont très bien aussi !

Écrit par : kathel | 12/03/2013

Ben oui, j'avais dû passer à côté ... Tant mieux comme tu le dis, ce noir-là, j'aime.

Écrit par : Athalie | 12/03/2013

Non, c'est juste que Fajardie, je n'en ai jamais lu ... peut-être pas assez suintant pour moi à ma grande époque du "noir toute". Je n'ai pas cité tous les noms, pour moi, attaché à cette "belle époque", notamment un de mes cultes, le Benaquista de la "Maldonne des sleepings", ou de "Trois carrés rouges sur fond noir" ... et bien d'autres encore !!! N'empêche que si tu veux t'y lancer un jour, je signale juste que après la lecture de "Larchmütz 5632", tu ne regarderas jamais plus une vache de la même façon, ce qui peut avoir un intérêt ...

Écrit par : Athalie | 12/03/2013

Et si c'était un cheval???
PS- Vu mon pseudo, je me dois d'intervenir dans cette petite discute autour du noir...
Le NOIR INTENSE, NOIR DE CHEZ NOIR c'est à Maurice G Dantec qu'on le doit : les racines du mal et sirène rouge (car le reste est illisible...) coeurs mal accrochés s'abstenir !

JE T'EN VEUX de plus chère Athalie d'oublier mon meilleur pote à savoir Thierry Jonquet qui a fait (presque) un sans faute et de citer surtout Mygale, Le bal des débris, La vie de ma mère et Les Orpailleurs pour ratisser large du début à la presque fin de sa carrière. de toute façon, j'ai tout lu... de lui bien sûr comme de Raymond Radiguet d'ailleurs!!!

Écrit par : Arkvador | 12/03/2013

Petit oubli de ta part, chère Arkvador, pour l'oeuvre cultissime de Thierry Jonquet "Rouge, c'est la vie" ...., le livre où même le syndicalisme a un visage humain (private joke), "Les orpailleurs" évidemment, toujours pas oublié la claque des premières pages, "la vie de ma mère", j'ai pleuré ... "La bête et la belle" frise le chef d'oeuvre de la causticité. Après j'ai moins suivi, c'est vrai, déception quand même pour "Le pauvre nouveau est arrivé" et "Ad vitam aeternam", du coup, je n'ai pas lu les derniers en date.
Radiguet, c'est le petit jeune qui montait en descente derrière Cocteau ?

Écrit par : Athalie | 14/03/2013

OK OK !!!
Soit mais j'ai quand même lu Vampires son roman malheureusement inachevé et ça c'est pas donné à tout le monde!!! Surtout que c'était pas donné tout court 20 euros et je ne saurai jamais la fin sauf s'il y a un paradis pour les auteurs de polar et leurs afficionados (pas sûre de l'orthographe: tu me pardonneras !)
PS Sur you tube tape Sexto Rodriguez et écoute le concert capté au Cap (années 90)
Trop bon à mon sens et serai très déçue que tu ne partages pas mon enthousiasme !!!
REPS pour Radiguet je n'ose comprendre ton allusion salace au derrière de Cocteau ...

Écrit par : Arkvador | 14/03/2013

J'ai lu un roman de Pouy et j'ai bien aimé. Les autres restent à découvrir!

Écrit par : Une Comète | 15/03/2013

Les textes de Pouy sont très inégaux, moi, j'aime tout, mais c'est un principe, parce que je suis amoureuse du personnage depuis trop longtemps maintenant pour changer d'avis : "Larchmütz 5632" cité ci-dessous m'a vraiment fait rire, mais mon préféré reste "La belle de Fontenay" que je ne relirai jamais ( donc jamais de billet sur ce blog) au cas où ce livre ne soit pas le chef d'oeuvre que je crois qu'il est depuis trop longtemps pour changer d'avis maintenant ....

Écrit par : Athalie | 15/03/2013

Je ne connais pas cet auteur. Au vu des réaction de Kathel et de Dame Athalie, je vois que je perds un petit quelque chose.

Écrit par : Philisine Cave | 15/03/2013

Mais non, mais non, Kathel a raison, quand on découvre un auteur que l'on ne connait pas et que on aime, on ne perd pas, on gagne ... !

Écrit par : Athalie | 15/03/2013

Et l'homme à l'oreille croquée et la pêche aux anges de JBPouy c'est pas des chefs d'oeuvre peut- être !!! bon ça a 25 ans mais quand même... et je ne vous parle même pas de Spinoza ou d'hegel !

Écrit par : Arkvador | 15/03/2013

D'accord pour "L'homme à l'oreille croquée", je l'avais oublié ce petit bijou, par contre "La pêche aux anges" pas de souvenirs de celui-là, il a dû passer entre les mailles du filet, et c'est "Spinoza qui encule Hegel", rien à voir avec la montée en danseuse de Cocteau ...
Du coup me revient aussi le génialissime Vilar, quand la Bastille dansait le tango ...

Écrit par : Athalie | 17/03/2013

Vilar ??? Hervé ???

Écrit par : Arkvador | 17/03/2013

Jean-François ... celui de "Bastille tango" et de "Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués" (et pour que je retienne un titre aussi alambiqué ....)

Écrit par : Athalie | 19/03/2013

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