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16/03/2013

Paris-Brest Tanguy Viel

imprEcranZoomPlan.jpgDepuis que A.M. a confié que Tanguy Viel était son nouvel Echenoz, il fallait que j'en ai le coeur net : avais-je oui ou non lu "L'absolue perfection du crime" ? Le fait que ce livre se trouve depuis des mois sur mon étagère des "pas encore lus" n'étant pas un critère fiable, vu que que je sais bien qu'avant il était dans les "déjà lus", mais que je l'ai déménagé parce que je n'en avais aucun, mais alors, aucun souvenir ... finalement, j'ai laissé tomber la résolution de l'énigme et j'ai pris "Paris Brest" parce que là j'étais sûre.

Résultat : c'est pas mal Tanguy Viel, un peu posé-poseur, et quelque chose d'Echenoz dans l'écriture qui finit par cerner l'histoire, minimale, l'histoire, en surface du moins, parce que en dessous l'inconscient grouille grave .

A neuf ans, le narrateur voulait être footballeur ou écrivain. Du jour où il a compris que le F de son équipe de poussins était un classement par le bas, il a décidé que ce serait écrivain. Son frère, lui, est footballeur mais, autre rêve brisé, il ne le sera jamais dans l'équipe de ses rêves, celle de Brest. Brest, c'est là où vivait la famille avant que le père, vice-président du club de football, n'égare par mégarde quatorze millions des caisses pendant que la mère jouait au bridge chez la femme du procureur.

La mère est un femme de grande convenance. Le père ne peut plus se montrer (même pas comme père, d'ailleurs ...). Toute honte dehors, la famille (sauf le narrateur) doit alors s'exiler dans le Languedoc Roussillon, exil honni au pays des vachettes ( ce n'est pas moi qui le dit, c'est le narrateur ...). La mère y vend, en rongeant son serre-tête, des cartes postales et des briquets "Palavas" avec un P qui fait parasol. (Le briquet a son importance dans l'histoire, le serre-tête, moins, mais quand même). Elle ourdit sa trame toute tissée de mesquineries : comment revenir avec les honneurs dans la ville d'où l'on est parti la tête basse ? Surtout qu'un héritage est en jeu, celui de la grand-mère, ex-gouvernante d'un amiral apocryphe, qui mangeait lui aussi dans la salle vitrée des conventions maritimes brestoises. La mère a bien  laissé le narrateur en éclaireur, dans l'appartement du dessous de la vieille richissime, mais il est peu fiable comme poisson pilote télécommandé à distance. Et rôde la femme de ménage, et rôde le fils de la femme de ménage  ...

Une relation au vitriol de relations mères-fils-père et une écriture distanciée (j'ai adoré les descriptions de lieux, Brest et sa reconstruction au cordeau, la maison finale face à la mer avec les hortensias au vent des tempêtes), du coup, pourquoi pas lire (ou relire ?) "L'absolue perfection du crime" ?

 

Athalie

 

 

Commentaires

Un auteur que je ne connais pas du tout mais comme d'habitude, tu donnes envie^^

Écrit par : jerome | 17/03/2013

J'aime bien donner envie ... (tout sous entendu graveleux s'abstenir, pas mon genre !!!!)

Écrit par : Athalie | 17/03/2013

Il n'a pas encore le talent d'Echenoz mais son écriture mérite l'attention. J'ai bien aimé de lui Insoupçonnable. Bises

Écrit par : Philisine Cave | 18/03/2013

L'écriture est vraiment une écriture travaillée, un petit peu trop peut-être ? mais je vais lire d'autres titres, un petit Paris-Brest ne va pas me caler la curiosité.

Écrit par : Athalie | 19/03/2013

Pas mal mais un peu déçu que Brest, une ville que je connais à peine, ne soit pas le personnage principal du roman.La trame narrative est intéressante au début mais devient un peu fastidieuse par la suite. Famille de gauche, famille de droite, oui, mais c'est un peux billieux tout çà et on aimerait parfois sentir un peu d'espoir dans le vent regénérant du Finistère nord.
Anonymous

Écrit par : Anonymous | 19/03/2013

C'est parce que tu as un truc contre les grandes maisons solitaires en granit sur les flancs desquelles les hortensias ont peu de chance d'être roses ... Mis à part cela, oui, l'intrigue peine et tourne en huis-clos, mais c'est peut-être un parti-pris ?

Écrit par : Athalie | 20/03/2013

J'ai beaucoup aimé. Quelle écriture !

Écrit par : Une Comète | 22/03/2013

L'écriture est vraiment l'atout de ce livre, à se demander même si elle n'en est pas un peu parfois l'unique objet d'elle même ... mais je lirai d'autres titres de cet auteur, avant de faire ma lectrice capricieuse ( quoi ? c'est bien écrit et elle se plaint, la gâcheuse !)

Écrit par : Athalie | 23/03/2013

J'ai lu "Paris-Brest" il y a déjà qq années. Je suis d'accord avec ton expression "un peu posé-poseur", je n'en garde pas un souvenir impérissable et pourtant...je suis brestoise !

Écrit par : vonnette | 03/04/2013

Là dessus, je rejoins Anonymous, je connais peu Brest, mais je ne sais pas pourquoi, l'histoire de cette ville, rasée, recontruite, j'en attendais un peu plus ici, peut-être pas l'histoire, mais au moins une atmosphère, que j'ai un peu retrouvée dans l'appartement qui donne sur la rade et le mess des officiers et autre détails ... Mais visiblement, le sujet n'était pas dans le titre !
En tout cas, à Brest, il y a la librairie "Dialogues", ça ne compense peut-être pas le vent dans la rue de Siam, mais un lieu de perdition pour d'autre ivresses....

Écrit par : Athalie | 03/04/2013

Les commentaires sont fermés.