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03/04/2013

De Gaulle à la plage Jean Yves Ferri

Tire-bouchon-de-gaulle.jpgLe grand De Gaulle doit faire un break : " Eté 1956, lassé de l'ingratitude des français et de la médiocrité de leurs dirigeants, le libérateur de la France décide de prendre quelques vacances bien méritées". Ce préambule historique posé, Jean Yves Ferry ne s'y attarde pas et nous campe le libérateur en short militaire retroussé essayant ses premières tongs, in situ. Il lui manque cependant quelques modes d'emploi.

Escorté de son fidèle aide de camp, Le Borgnec, dont le dévouement n'a de limites que dans sa capacité poètique à suivre le grand homme, parfois quelque peu déstabilisé par sa grandeur faite subitement homme, le grand de Gaulle fait l'apprentissage pas à pas de la nature humaine du vacancier, de l'art de ne rien faire, de celui de déployer les serviettes de plage face au vent, de s'installer sous un parasol, voire de glisser un regard furtif vers des fesses humaines rudement bien balancées.

Derrière la plage, lieu principal des exploits du grand homme, on imagine l'hôtel familial en bord de mer, Bretagne sud, vue sur mer, avec la salle à manger aux nappes repassées et casier pour ronds de serviettes prévu à cet effet. Il doit avoir pour nom "Au grand large", et la pension complète propose des oeufs mimosa. C'est pas possible autrement ... (voir de la macédoine de légumes améliorée ?)

De Gaulle ne quitte donc pas son short replié, ni sa dignité militaire et présidentielle coincée au corps, ce qui produit les décalages savoureux qui font tout le régal de cet album où les "mini planches" ( je suis sûre qu'il ya un nom pour cela, mais je suis nulle en vocabulaire B.D.) enchainent les situations cocasses qui mettent le grand homme à l'échelle d'une réalité pour laquelle il est quand même peu doué ...

L'accompagne la tante Yvonne, en maillot une pièce et tricot chevillé au corps, le chien " Wehmarcht", pas encore complétement converti aux bienfaits du gaullisme, le fils, cantonné au ramassage de coquillages en attendant de passer son CAP de "sauveur de la France". Le grand homme a des vélléités d'autres vies, ne peut s'empêcher de lancer un appel de la cabine de la plage, déclenche des tempêtes, les calme, se jette, vers de Hugo à la bouche, au milieu des vagus survoltées, puis revient, tongs aux pieds quand même ( aurait-il appris quelque chose de l'humanité, pas sûr ...) vers le destin grandiose qui le rappelle. Le sien. De toute humanité désigné pour l'être.

L'homme aux si grands bras qu'il les levait tout le temps, se retrouve parfois coincé dans son geste historique, ce qui m'a fait souvenir que chez moi, quand j'étais bien petite, le tire bouchon aux bras qui se levaient et s'abaissaient, était surnommé le "Je vous ai compris", ce que bien sûr je ne comprenais pas, ce qui n'empêche que la phrase historique a toujours pour moi, le bruit d'une bouteille de vin qui fait "flop" ...

Souvenir décalé, et à peine nostalgique, comme l'humour savoureux de cet album.  

Athalie

 

 

 

Commentaires

L'humour savoureux, c'est tout à fait ce qui caractérise cet album. Et dire que Ferri est en train de finaliser le scénario du prochain Astérix (le 1er sans Uderzo au dessin). Je me demande ce que ça va donner.

Écrit par : jerome | 04/04/2013

Je partage la même interrogation et la même curiosité ... On se demande bien ce que le village gaulois va pouvoir lui inspirer : un retour à la terre ? Ce qui est sûr, c'est que pour une fois, je vais acheter un album d' Astérix rien que pour moi !

Écrit par : Athalie | 04/04/2013

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