Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/04/2013

Kiki de Montparnasse Catel et Boquet

220px-Gwozdecki_-_Kiki_de_Montparnasse,_1920.jpgMoi qui lis si peu de bande dessinées, je ne me suis pas égarée pour cette nouvelle expérience en des pages inconnues, ni d'avant garde, que nenni, ni colorées, couleurs dont je ne saurais que dire ( elles sont jolies ou elles vont bien ensemble  ???). Tu es ignare, je me dis, procède pas à pas et retourne vers les valeurs dites sûres ; sujet, verbe complément ; tu verras après pour les fioritures, si tu arrives. Retour donc vers un pavé biographique en noir et blanc, bien dessiné avec des lignes claires, sans flouté, après la belle Olympe donc, la sulfureuse Kiki.

Kiki, donc, évidemment Man Ray, "Le violon d'ingres", la princesse grecque statufiée de "Blanche et noire", dont on se doute bien que la pureté d'icône s'est payée de coup de coco dans les narines après le gros rouge qui tâche des débuts, s'est fendue de quelques écarts peu artistiques en son temps de surréalisme bohème et peu guindé, la Kiki, la Bohéme, ce fut dans le sang, et la gnôle au berceau.

Le récit est très classique : enfance, milieu, fin, normal quoi pour une biographie.

Kiki est d'abord une fillette pouilleuse, déjà provocatrice, de père inconnu et abandonnée par une mère mal aimante à sa grand-mère, qui l'élève avec ses autres "batards", figure bienveillante aux frasques de l'artiste en herbe et en jupons sales : elle  fait déjà valser les les conventions des vieilles biques respectables et de l' institutrice peu réceptive à l'originalité de ses "récitations". A Chatillon sur Seine, entre deux vols de cerises, elle pousse à coup d'eau de vie du parrain et danse déjà sur les tables.

Paris, ensuite, elle rejoint sa mère, bien obligée, fardeau que l'on pousse, cette fois, à gagner des sous. Douze ans, pas de place pour elle, fleur de boulange autant que de future  mauvaise herbe de pavé, c'est par hasard qu'elle devient modèle. La cendrillon y prend goût, et s'enracine dans le quartiers des artistes. La belle n'est pas farouche, misère la nuit, misère le jour, les chopines, le précaire devient son royaume. La belle ne rechigne point à l'ouvrage et touche à tout et à tous, Modigliani, Kisling, Foujita, et Man Ray, bien sûr, Man Ray dans les bras duquel elle s'attarde un peu, ou serait-ce lui ?

La reine du quartier est montrée tour à tour frivole, ayant pour seul souci le toit et de quoi boire, vénale et de peu de poids avec pour crédo de tirer la langue aux bourgeois et la fête aux artistes, puis, à l'inverse, consciente de son rôle, artiste elle-même à ses heures, ne touchant pas que des sous vite dépensés de ses heures de pause, cotoyant des génies et le sachant, en en tirant une sorte de leçon vite oubliée cependant, dans le tourbillon suivant. Le récit va jusque la déchéance, l'oubli, les excès qui la laissent pantomine d'une gloire à laquelle elle ne semble pas pouvoir accès pour elle même.

De celle qui fit les beaux jours d'un quartier dont elle finit par porter le nom, finalement, j'ai trouvé qu'on n'en savait pas beaucoup plus que la surface attendue : femme objet ? Femme libre ? On ne sait vraiment, mais sans doute est-ce pour autre chose que l'histoire de Kiki que cette bande dessinée est vraiment très bien ; la peinture d'une belle époque que l'on aime penser "folle", alors qu'elle est d'entre deux guerres, une galerie de portraits d'artistes d'un temps bouillonnant.

 

Athalie

 

 

Commentaires

Je me demande si je ne préfèrerais pas Olympe à Kiki. Dire que je l'ai emprunté il y a peu à la médiathèque et que je l'ai rendu sans même l'avoir ouvert...

Écrit par : jerome | 23/04/2013

Je pense que, finalement, j'ai préféré Kiki à Olympe, pas à cause d'elles mais parce que je ne suis pas perdue dans les figures secondaires masculines dans Kiki, sans doute parce que je les connais mieux ... Ceci dit ce sont deux bandes dessinées de bonne facture, autant que je puisse en juger, mais tu es fin connaisseur, alors, si tu n'as pas eu envie d'en ouvrir les pages, c'est peut-être de mauvais augure ?

Écrit par : Athalie | 24/04/2013

Très belle Bd dans un collection très intéressante. Il me semble que les mêmes auteurs viennent de commettre Olympe de Gouges, et dans la même collection, essaie Droit du sol de Charles Masson, très différent mais vraiment excellent

Écrit par : Yv | 23/04/2013

Pour "Olympe", je ne sais pas si la parution est récente, mais je confirme, ce sont les mêmes auteurs, je l'ai lue en premier, et une belle BD, effectivement. Je ne connais pas " Droit du sol" de Masson, mais je vais aller voir chez toi de quoi ça cause ... En BD, je n'avance que pas à pas dubitatfs, je l'avoue !

Écrit par : Athalie | 24/04/2013

Les commentaires sont fermés.