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25/04/2013

Le roi transparent Rosa Montero

le roi transparent,rosa montero,roman,roman espagnol,roman historique,dans le chaos du mondeBien sûr, le titre fait inévitablement penser à Calvino et son "Chevalier inexistant", l'époque aussi, le Moyen Age, ses affres d'incertitudes sur son fond d'écran guerrier, le fracas des armures et le souci de qui il y a dedans. L'entreprise diffère cependant en plusieurs points ; par les formats, le Calvino est tout petit et celui-ci gros, sans être un pavé à réserver pour des vacances-liseuses, et le degré de fantaisie historique. Le Calvino en fait quasiment fi, Rosa Montero nous en fait un condensé.

Ou plutôt un concentré, un mitonné des meilleurs morceaux pour lier la sauce aventureuse à la quête mystique, la « queste » dirait Arthur si il était encore de ce monde (mais dans ce roman, c’est presque encore le cas, on entend son murmure), celle de Léola, l’héroïne mutante et bisexuée et aussi celle de sa complice, mi sorcière, mi fée libidineuse, Nynève, plus celle de quelques éclopés de l’époque, rencontrés sur leurs chemins, à elles deux, tortueux, dans un monde où les forêts brumeuses cachent d’autres secrets enfouis.

Ce roman est comme une toile tissée à la main, une tapisserie d’apparat aux pans parfois initiatiques, parfois échevelés, parfois érudits.

Quand le roman commence, dans la fureur qui semble sans fin des obscurs conflits seigneuriaux qui se règlent dans le champ voisin, à coup de masses d’armes et de jambes et bras coupés, Léola, son père et son frère courbent le dos le plus bas possible pour ne pas se faire voir, pliés sur une terre qui n’est pas la leur, permet à peine de se nourrir, à jamais grevés de leur servitude.

Tableau suivant, Léola et son Jacques, son promis d’épousailles prochaines, au bord de la rivière et des caresses … Elle a quelques rêves d’ailleurs, vagues, intangibles, lui non, mais ils n’auront pas le temps de leur divergences. La fureur des temps est décidement chevaleresque à souhait, et dur pour  les manants qui ne peuvent que subir les caprices de ceux qui se pensent plus grands qu’ils ne sont. Le père, le frère et le Jacques sont embarqués et Léola laissée à sa condition de fille serve, autant dire de proie.

Mais, en un temps, deux mouvements, la voilà homme et chevalier ; pour retrouver son Jacques, ( enfin, c’est ce qu’elle pense …), elle va croiser un maître à penser, celui qui veut mourir en gloire, puis sa fée, la guide aux jupes pansues, elle va apprendre le maniement des armes, faire ses preuves en tournoi « provinciaux », et arriver à la cour d’Aliénor. Rien que cela. Puis, enfin, chercher la paix de l’âme quelque part où la religion ne serait que tempérance. Autant dire qu’en ces temps de croisades frénétiques et de brulâges d’hérétiques, ce n’est pas gagné.

Le roman se fait fresque en bousculant, sans trop que cela se voit, la géographie et les temps historiques : Aliénor croise Héloïse et Fontevrault est un peu plus bas que la normale, mais quand on a, comme moi, des repères géométriques à géométries variables, ce n’est pas grave tant la lecture est goûtue et gouleyante.

J’oubliais le conte qui tue celui qui le raconte, ( donc, je n’en ferai rien), un maitre d’arme effrayant comme un ogre de carnaval, une princesse enfermée dans son donjon de haine dont les lèvres si douces sont si amères qu’on y risquerait pas sa bouche, et Avalon, comme un rêve d’idéal perdu par les hommes qui se redessine sur des murs de plus en plus étroits.

Un met de choix.

 

Athalie

Commentaires

Rhooo, quel billet tu nous sort encore aujourd'hui ! Pour autant, je ne suis pas certain que ce roman soit pour moi. Mais je m'en fiche un peu, du moment que je peux te lire^^

Écrit par : jerome | 28/04/2013

Merci, c'est gentil, mais tu peux te laisser envouter toi aussi par les fées sorcières et les ogres gentils, non ?

Écrit par : athalie | 28/04/2013

Cela ne m'a pas gênée que R Montero prenne des libertés avec histoire et géographie, je me suis laissée entraîner;..

Écrit par : keisha | 28/04/2013

Moi aussi, je me suis laissée complétement entrainée, et si Rosa Montero n'avait pas elle même pointé les libertés qu'elle a prise avec l'histoire et la géographie, je ne m'en serais pas rendue compte, et de toute façon, le roman est juste excellent, alors qu'importe !

Écrit par : athalie | 29/04/2013

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