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20/06/2013

Tout sera oublié, Mathias Enard, Pierre Marquès

tout sera oublié,mathias enard,pierre marquès,romans graphiques,dans le chaos du mondeCe livre est un projet, disait Mathias Enard à "Etonnants voyageurs". Soit. Un texte de lui et les dessins de Pierre Marquès. Ce qu'il en disait était super intelligent et ne je n'en ai retenu que des brides : traces, mémoire, oubli, monument à dresser pour ( contre ?) l'oubli, la commémoration : qu'est-ce que l'on célèbre quand on commémore ? la paix ?  Les morts, les noms ? Les anonymes ? Quelle tête elle a la paix entre les Serbes, les Bosniaques, les croates ? Quelle tête un architecte venu d'ailleurs peut-il lui donner ?

M. Enard racontait aussi qu'à Mostard, les autorités voulait un monument du genre consentuel, un sondage a été organisé parmi les habitants pour désigner l'heureux vainqueur. Ce fut Bruce Lee. Ce qui peut être drôle, ou pas.

"Tout sera oublié" est donc un texte illustré. Surtout illustré en fait. Le texte est en gros en dessous. En très gros, parce qu'il n'y en a pas beaucoup. Les illustrations prennent tout la place, et c'est tant mieux. Des sortes d'images-photos- sanguines, crayonnées des fois par dessus les couleurs grises, ocres qui jouent avec un sépia recolorisé pastel. C'est juste superbe. Celles des immeubles de Sarajevo surtout, sont d'une urbanité humaine, lépreux et ridés, craquelés, fissurés, des témoins du temps d'avant, fatigués d'être restés dans le pendant et qui vont peut-être se laisser tomber dans l'oubli de cette guerre pas terminée.

Quant au texte ........... ben, il raconte l'histoire du type auquel l'union européenne à commandé le fameux monument et qui n'y arrive pas. Il fait un tour par Cracovie et Sélibor,  histoire de voir comment le vide résonne là-bas, et il renonce à construire quoique ce soit. A la place, il propose de laisser les ombres et les vivants envahir la mémoire de la ville et les murs se taguer de témoignages spontanés, puis que les loups et les corbeaux envahissent la ville. Bof, quoi. Sauf, toujours sur les images où la métaphore est juste paradoxalement belle.

Un peu flouée ( rapport texte/prix, ça fait mesquin, mais j'aurais bien aimé un poster à encadrer avec ... ), je note malgré tout deux trois aphorismes révélateurs du projet énoncé, mais sans l'image, ils vont tomber à plat : " On ne peut que continuer à boire sur des ruines, en bavardant", "Laisser la destruction parler pour elle même. Jusqu'à ce qu'elle disparaisse à son tour", et une anecdote grinçante sur un violeur humaniste dans les montagnes du Montenégro. Je me demande quand même ce qu'en dirait l'archange de Vélibor Colic.

 

Du même auteur sur ce même blog : "La perfection du tir"

 

 

 

Commentaires

L'archange, je suis en plein de dedans, ça secoue sévère, heureusement que je les aies bien accrochées comme dirait l’autre...

Écrit par : jerome | 21/06/2013

Tu veux parler des ailes, évidemment ... Bon aterrissage, ce texte est si particulier que ça passe ou ça casse, je pense !

Écrit par : Athalie | 21/06/2013

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