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30/06/2013

Paulina 1880 Pierre Jean Jouve

imagesCAYLNC3U.jpgCe livre résonne d'échos littéraires d'un autre temps, il en devient un écrin exotique pour une histoire baroque, courte, exaltée et tragique, un destin de femme hors du commun et de tout naturalisme.

Paulina est la quatrième enfant d'une famille d'aristocrates italiens. La mère ne compte pas, elle s'est retirée en religion. Le père et un des trois frères veillent sur la jeune fille. Passionnée, excessive, elle brûle d'un romantisme noir, adore les images pieuses conmme d'autres les sacrifices païens et sanglants.

Riche et belle descendante, elle grandit, vouée au mariage, elle est convoitée, et donc surveillée et (bien) gardée. C'est un trésor que l'on enferme le soir à clef au fond du vieux palais où plus personne ne frissonne. Sauf que, le désir va venir gratter à la porte interdite en la personne de Michelle Cantarini, un comte ami de la famille de Paulina, de vingt ans son aîné, marié. Et Paulina va ouvrir la porte et trahir son père, et trahir son dieu. Amoureuse et sensuelle, la passion interdite des corps se heurte à la passion de la foi et cela fait des étincelles ...

Le texte se met au diapason de cette fiévreuse descente de l'âme dans les tourments de la culpabilité : étau mystique entre Lui et Lui, Paulina se hante elle-même. Les très courts chapitres alternent la voix exaltée et tendue de la jeune fille, au rythme frénétique, grave et comme possédé, très fin de siècle diabolique, et celle d'un narrateur extérieur qui reprend en écho la lutte entre aimer la chair et aimer le sang du christ. Les phrases courtes, le rythme saccadé qui souffle sur les braises ardentes de la tragédie, donnent un ton vraiment singulier à cette histoire à la thématique d'un autre temps mais j'ai vraiment apprécié cette impression surannée.

Paulina rejoint les grandes figures de ses femmes, "dandyes de la passion" que l'on peut retrouver dans "Les chroniques italiennes" de Stendhal, notamment, qui s'engouffrent dans le malheur d'un fait divers tragique comme d'autres se délectent d'un verre de lave fondue. Très décadent .....

Une lecture commune avec eeguab, grâce à qui je me suis enfin lancée dans ce roman noté depuis longtemps chez Ingannmic

Commentaires

Bonjour Athalie. Je te sens un peu plus embrasée que moi, manifestement. Et c'est très bien ainsi. Il serait intéressant de voir le film. A bientôt pour une autre LC si tu le souhaites.

Écrit par : Eeguab | 30/06/2013

Embrasée, non, je suis restée à l'extérieur de ce texte, mais comme on regarde quand même avec plaisir se dérouler une fresque aux belles couleurs ... Tu rappelles dans ta note que ce texte est hautement considéré par certains artistes et écrivains, ce que je ne savais pas, je peux comprendre pourquoi, mais il ne fera pas parti de mes "indispensables" non plus.

Écrit par : Athalie | 30/06/2013

Bonjour Athalie, je voulais comparer tes impressions à celles d'Eeguab car ne me reste en souvenir (déjà ancien) qu'un film ! A relire ou à revoir...

Écrit par : Asphodèle | 30/06/2013

Bonjour,
Je découvre par ton commentaire qu'un film a été adapté de ce livre, je me demande bien ce que cela peut donner ... Un truc kitsch à souhait ? Avec des voiles noirs et des brasiers ardents ?

Écrit par : Athalie | 30/06/2013

Bonjour Athalie,
Jérôme a raison d'aimer tes chroniques ! Même si la lecture roman que tu présentes là ne me fait pas vibrer, je ne vais surtout pas me priver de te lire désormais. Et sur les conseils du même Jérôme, qui s'appuyait sur l'un de tes billets, je viens de commander "Archanges : roman a capella - Velibor Colic".
À bientôt.

Écrit par : Littér'auteurs | 30/06/2013

Bonjour,
Merci ! Jérôme m'a fait une telle promo que j'en ai la pression ... Je ne vais plus oser une seule chronique avant au moins demain :) ...
Pour "Paulina 1880", il faut avouer que même si ce texte m'a plu, c'est plus comme une expérience de lecture, finalement, mais l'écriture est très, très belle.
" Archanges", c'est complétement, tout à fait autre chose, ça passe ou ça casse, j'espère pour toi évidemment que tu aimeras être plongé dans ce "requiem des vaincus", comme l'a dit Jérôme, mais ça secoue.

Écrit par : Athalie | 30/06/2013

Une lecture décadente, c'est toujours bon à prendre mais là j'avoue que je ne suis pas tenté. Pas plus mal, ma pal des vacances est déjà bien chargée !

Écrit par : jerome | 30/06/2013

Une lecture d'hiver, plutôt, je dirais, à frémir sous la couette, quand les éléments déchainés se mêlent aux éclairs de la passion météorologique. L'été sied moins à la tragédie. ( A moins qu'il ne soit torride, évidemment !)

Écrit par : Athalie | 01/07/2013

Bon, il t'a plu quand même un peu, visiblement !
Je suis d'accord avec toi quant à l'aspect suranné de ce texte, que je réalise surtout avec le recul... J'ignorais également qu'un film avait été tiré de ce titre.
Et j'avais quant à moi assez aimé pour placer sur ma Pal un autre titre de cet auteur (Le monde désert) !

Écrit par : Ingannmic | 03/07/2013

J'ai été vraiment séduite par la beauté de l'écriture, les tourments mystiques de Paulina, ma foi, ne m'ont guère touchée. Mais j'ai contemplé, comme on peut trouver beau un vêtement, délicat, précieux ... Mais qu'on ne porterait pas. Ce qui n'empêche pas le plaisir des yeux, enfin, ici, c'est plutôt pictural qui conviendrait.

Écrit par : Athalie | 03/07/2013

Les commentaires sont fermés.