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01/07/2013

Chronique d'un été Patrick Gale

chronique d'un été,patrick gale,romans,romans angleterreBon, je vais tenter d'être claire, ce qui ne va pas être facile (pas à cause du livre mais de moi ...) . Ce livre est en fait la chronique de deux étés ( deux fois quinze jours, pour être précise) que trente et quelques années séparent, mais où en gros ( très gros), il se passe à peu près la même chose dans la même maisonnette au bord de la même plage avec à peu près les mêmes personnages et la même intrigue et avec un enchainement à peu près similaire des secrets de famille comme bombes à fragmentation retardataires.

Dans le deuxième été, Will, le fils libraire homosexuel, invite ses parents en vacances : le père, John est à la retraite, la mère Frances est atteinte d'une forme précoce de la maladie d'Alzeimer. Will a un homme caché dans sa vie, sinon, il n'y aurait pas de bombes à éclater.

Dans le premier, été, j'entends, John était directeur de prison et Frances était sa jeune mariée. Enfin, jeunes, ils ne l'étaient pas vraiment, pas au sens où on peut l'entendre, mariés, surtout. Ils sont propres sur eux, compassés, amidonnés. Ils s'aiment avec gêne. Physiquement surtout. John est poli, consciencieux dans son travail, de sang-froid et de bon ton. Au lit, il lui manque, un certain, disons ... savoir-faire ? Frances est bien sous tout rapport, elle aussi, un peu plus agitée de l'intérieur quand même ... Quand elle joue du piano, par exemple, la musique lui donne des frissons un peu "fous fous", du coup, elle a arrêté.

Chose étrange, ces deux là, raides comme des abats-jours rabats-joie, ont quand même réussi à faire un fils, Julian ( en fait, c'est Will, dans le deuxième été), un petit garçon rêveur, solitaire, grand lecteur, un peu timoré, on l'imagine forcément très bien coiffé et la chemise bien rentrée dans le pantalon. En ce premier été, la petite famille s'offre une folie, quinze jours de vacances, en Cornouailles, dans un bungalow les pieds dans l'eau. Dans le rôle des éléments perturbateurs : le beau-frère écrivain un peu sexy boy et sa petite fille, Skip, un peu plus sauvagonne délurée que Julian. Il faut dire aussi ( parce que c'est important) que Frances compte bien tenter ( avec son mari), un deuxième enfant en cet été là.

 Ce qui en soit, vu la retenue du style, ( sans parler du lit qui grince) ne constitue pas un suspens trépidant. C'est joli, finement tricoté de sensations et de sentiments, d'évocations de baignades, de scènes simples et douces,  m'enfin, ça tarde un peu à grincer du sable. Ce qui retarde encore, c'est l'effet balancier entre les deux étés, chacun étant raconté en alternance et annoncé de loin en écho. Les deux imbroglios familiaux se nouent et se dénouent quasi en même temps, ce qui fait que d'abord tout est calme, puis du plat on passe au compliqué avec inversion dans les invités, les éléments perturbateurs, je veux dire, et les jeux de l'amour et du hasard.

Mis à part cette réserve sur la construction du truc en ralenti, de jolies choses sont dites sur la langueur contenue des âmes strictes, recroquevillées sur l'amour peut-être imparfait mais partagé. Le couple de John et Frances, finalement, devient le plus attachant de cette chronique car le plus complexe sous sa couche glaciaire. Je dois avouer qu'à côté, la dichotomie sexe et amour homosexuel m'a plutôt laissée coite. 

 

Du même auteur sur ce même blog : Tableau d'une exposition (que j'avais préféré)

Commentaires

Pas vraiment indispensable, alors !

Écrit par : kathel | 01/07/2013

Une petite déception même, parce que j'aime beaucoup la plume fine et sensible de Patrick Gale, qui sait décortiquer ces états d'âme si entre-deux de l'enfance, sans mièvrerie aucune, mais là, c'est la construction des deux intrigues qui avancent au même pas cadencé qui m'a gêné. Comme j'avais vraiment aimé "tableau d'une exposition", je reviendrai sans doute vers cet auteur avec "Une douce obscurité" dont j'ai entendu beaucoup de bien.

Écrit par : Athalie | 01/07/2013

Pas pour moi je crois, il faudrait sans doute que ce soit un peu plus trépidant...

Écrit par : jerome | 02/07/2013

Non, ce n'est pas trépidant du tout, du tout .... Ce n'est pas désagréable, d'ailleurs, c'est juste pas trépidant.

Écrit par : Athalie | 02/07/2013

Non, ce n'est pas trépidant du tout, du tout, ce n'est pas désagréable d'ailleurs, c'est juste pas trépidant ...

Écrit par : Athalie | 02/07/2013

de retour sur mon ordi, celui qui fonctionne bien, tu t'en fiches un peu , mais cela me permet de me promener rapidement et agréablement sur mes blogs préférés .
J adore te lire ,je ne lirai sans doute pas ce livre mais tu le racontes bien
Luocine

Écrit par : luocine | 02/07/2013

Non, je ne m'enfiche pas, j'aime bien avoir des nouvelles ... En ce moment, moi, ce sont mes lectures qui n'avancent pas à cause que je fais du rangement de mes étagères. La manie du classement de mes bouquins m'a reprise !!! Ce qui fait que l'ordi est au milieu des piles, que je m'assoie au milieu avec lui pour cogiter qu'il faut que je scie de nouvelles étagères dans les anciennes, pour que les livres ils rentrent dedans par genre et édition, puis par auteurs et SANS faire de double rangée et SANS passer par la case Ikéa.... Ce qui fait que je me défoule sur le blog ....

Écrit par : Athalie | 02/07/2013

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