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03/07/2013

Les débutantes J. Courtney Sullivan

collier-le-bal-des-debutantes.jpgLe titre dit l'essentiel. Après, on glose ( ou l'on glousse, vu le contexte entre fifilles )

Quatre jeunes filles débutent, elles débutent deux fois, une fois à l'université, et une autre fois, dans la vraie vie, après l'université. Ce qui fait que le livre est en deux parties. Facile.

A l'université, les filles se rencontrent. Il y a Célia, la jolie meneuse de bande à la langue bien pendue mais qui a tendance à picoler un peu trop et s'envoie des mecs sans trop regarder à la qualité. Ce qui va lui jouer des tours, forcément, pas des plus sympathiques. C'est celle qui la maman la plus gâteau. Et pourtant ...

Bree, la belle blonde aux courbes de rêve, la plus Barbie, arrive fiancée à Doug, se retrouve amoureuse de Lara, tiraillée entre amour saphique et idéal familial, elle va mettre des plombes à choisir avec qui rompre. C'est elle qui a la maman la plus regardante.

Sally, maniaque de l'ordre et de la normalité comme des refuges, elle choisit le mariage et l'homme comme autoroute à péage vers l'équilibre du bonheur, après un petit itinéraire bis, quand même. Elle est orpheline, et donc dans ce roman là, c'est celle qui manque de repères, côté maman. Côté papa aussi, mais ça compte moins.

Et enfin, April, la plus féministe, la plus engagée, la plus rebelle aux codes "fifilles à garçons pour la vie". C'est celle qui a eu la maman la plus débraillée, du genre à fumer des trucs avec ses potes au lieu de lui changer la couche, de la trainer dans des manifs pacifistes au lieu de lui dire qui est son père. Du coup, c'est la plus déstabilisée, en manque de modèles, elle va se trouver une égerie. Pas la bonne, forcément.

A l'université, elles étaient plongées dans leur mini aquarium, leurs quatre chambres côte-côte, dans la résidence King, dans l'université de Smith. Une université que l'on ne choisit pas hasard, une université de filles seulement, à la solide tradition féministe, une singularité qui permet, entre autre, de devenir lesbienne, mais ce n'est pas obligé non plus. On peut juste se contenter de se rouler des pantins, de se promener en petite tenue, de boire de la bière tiède, de grossir dans un laisser aller intime fait de bas de pyjamas et de soirées vautrées sur des lits à se faire des confidences ou s'analyser le nombril.

Toutes les quatre étant issues de familles middle-class, leurs variations familiales en font une sorte de panel représentatif, mais de quoi ? Je ne sais pas trop en fait.

Leurs états d'âme étalés, dévoilés, disséqués m'ont laissée de côté, leurs bavardages et atermoiements sentimentaux m'ont paru futiles et même superficiels. Rien qu'accroche et qui griffe, seulement des batailles d'ongles laqués. Elles sont bien mignonnes, attachantes dans leur volonté de ne pas grandir ou si, de se conformer ou pas, la grande question de la deuxième partie. On voit bien le propos. Pas prêtes pour la vraie vie, elle se cherchent des nids ( des nids différents pour chacune évidemment, à cause du panel ; le célibat assumé, le mariage assumé, l'homosexualité assumée, le féminisme combattant), elle se frottent les ailes pour se tenir chaud entre elles avant de s'envoler.

Un peu anesthésiant, version féminisme light et condition de la jeune fille pas facile facile, un poil édulcorant comparé à d'autres liqueurs plus fortement dosées comme Nous étions les Mulvanney ou A suspicious river.

 

Commentaires

Bon ben tu donnes clairement pas envie. Les batailles d'ongles laqués, comment dire, ça manque d'aspérité, même si on se bagarre avec des limes recouvertes de papier de verre.

Écrit par : jerome | 03/07/2013

Voilà, un livre qui manque d'aspérité, c'est le mot ... Ces jeunes filles sont un peu trop lissées par la narration, plutôt convenue. Rien de tel qu'un bon Oates pour noircir le tableau, je te conseille vraiment un tour chez cette auteure ( je ne crois pas avoir vu de billets chez toi ...)

Écrit par : Athalie | 04/07/2013

Les débutantes fera partie de mes lectures d'été. Les avis de copines convergent vers le tien. Je verrai bien.

Écrit par : Philisine Cave | 03/07/2013

Il y a des billets plus enthousiastes, notamment chez Asphodèle, et puis, je suis peut-être un peu vache, c'est un livre qui se lit facilement, je l'ai juste trouvé fabriqué, comme pour plaire sans heurter. Mais on n'est pas obligé d'être secoué sans arrêt par nos lectures non plus ...

Écrit par : Athalie | 04/07/2013

Pour un livre de "fifilles" comme tu dis, j'y ai vu plus de profondeur que ça, notamment les débats sur le féminisme, leurs doutes, leur façon d'avancer même si la fin est téléphonée, j'ai passé un excellent moment et je trouve cette jeune auteure très prometteuse...

Écrit par : Asphodèle | 04/07/2013

J'ai vu chez toi que tu avais mieux apprécié que moi. Le côté téléphoné m'a arrêtée alors que le propos est judicieux. Les personnages sont bien campés, mais peut-être trop justement, ces filles ont un côté figé, déterminé par leur fonction dans l'histoire, j'aime bien quand ça "torture" plus. Mais je dois être tendance sadique ...

Écrit par : Athalie | 04/07/2013

moi j'adore tes billets, mais je deviens fainéante , une fois que j'ai bien lu ce que tu en dis , parfois ça me suffit!
la middle classe féministe américaine m'ennuie à mourir (contrairement à ton blog!)
Luocine

Écrit par : luocine | 04/07/2013

Merci, merci Luocine !!! Mais bon, si je décourage les quelques lecteurs de mes quelques notes de lire les quelques livres dont je cause, avec qui que je vais causer moi après ... Bon, d'accord, des livres que je note chez toi, tu me diras ...
La middle class américaine est quand même drôlement bien "secouée" ( décidement, je manque de vocabulaire, moi !) par Oates et Kadische, je te conseille d'aller faire un tour chez l'une ou chez l'autre, il y a de quoi faire !

Écrit par : Athalie | 04/07/2013

Il me tente beaucoup même si c'est un peu édulcoré. J'ai juste peur qu'elles n'évoluent pas assez...

Écrit par : Karine:) | 07/07/2013

Moi, cela a été mon impression, que l'auteure avait choisi quatre moules un peu différents quand même mais pas trop ... Mais peut-être que c'est moi qui suis formatée par la lecture de romans plus trash ! En tout cas, ce n'est pas un mauvais roman et d'autres en disent beaucoup de bien !

Écrit par : Athalie | 07/07/2013

Ce livre ne m'inspire pas du tout mais par contre j'adore ta phrase "elle choisit le mariage et l'homme comme autoroute à péage vers l'équilibre du bonheur, après un petit itinéraire bis, quand même"
Bon, ok, c'est pas très constructif comme post, mais franchement ta formulation m'a tellement plu que je voulais juste le souligner... :-)

Écrit par : Manou | 08/07/2013

Et encore, tu n'as pas vu la tête de "l'itinéraire bis" .... Il est balisé, comme coup de folie avant le mariage, on souhaiterait plus grand frisson, je veux dire qu'il est vraiment sans surprise ! Quant au livre, et bien pour moi, il est toujours un peu comme cela, sans surprise, et nous conduit gentillement ( quand même) par la main.

Écrit par : Athalie | 08/07/2013

Tout ce que tu écris, c'est exactement ce que je craignais...c'est pour ça que malgré les billets globalement élogieux, je repousse la lecture des débutantes...Ton billet est top, un régal!!

Écrit par : sous les galets | 19/07/2013

Merci du compliment, je te le retourne, je vais souvent voir tes conseils de lecture, et tes notes sur "le temps qu'il fait" ...
Pour ce livre, ben non, je ne vais pas pousser à la consommation, il semblerait que "Maine" soit plus construit, (mais tu as dû lire les articles comme moi) ! Je vais attendre, de toute façon, je suis en mode pousssif en ce moment, "Nos plus beaux souvenirs" me prend du temps ....

Écrit par : Athalie | 19/07/2013

Les commentaires sont fermés.