Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/07/2013

Brooklyn Colm Toibin

lsas_nanawithfriends.jpgUne belle histoire simple, très simple, de mots justes, de personnages justes, de beaux personnages, justes et simples, comme un bon, voire, très bon livre.

Une histoire en quatre parties, comme quatre décisions à prendre, deux lieux, deux amours et un peu plus autour, deux moments, un passé, un avenir, et un gros présent qui pèse de son poids sur les deux.

Eilis est irlandaise, entre sa soeur, Rose, et sa mère, elle comptait bien y vivre dans sa petite ville, dans sa maison depuis toujours, dont tous les recoins sont les siens, les amies, l' épicerie, les voisins. Rose joue au golf, travaille, choisit les vêtements, Rose est raisonnable et Eilis aussi. Elle chercherait un emploi de comptable, puis elle irait à un bal, rencontrerait plus tard, bien plus tard, pour l'instant ce n'est pas son affaire, un jeune homme charmant, qui aurait des faux airs de cet énervant Jim Farrel, si peu cavalier et si méprisant qu'elle l'oubliera vite.

D'autant plus vite que la rencontre fortuite entre sa soeur Rose et un prêtre de Brooklyn, d'origine irlandaise et de passage au pays, va bouleverser les choses et la conduire à quitter tout ce qu'elle n'avait jamais songer à quitter, et à traverser l'Atlantique pour l' inconnu dont elle ne veut pas. Mais Eilis est raisonnable, il faut qu'elle parte. Ses trois frères déjà l'ont fait pour se construire un autre avenir que le chomâge. Mais moins loin, en Angleterre et ils étaient tous les trois. Eilis, c'est avec sa valise et sa bonne éducation, sa réserve et sa timidité, ses longues chemises de nuit qu'elle doit prendre le paquebot. Rose restera, solitaire, auprès de la mère, solitaire, une autre forme de sacrifice. Eilis ne choisit pas mais fait ce qui doit être fait, en brave petit soldat de l'exil économique.

A Brooklyn, elle trouve pension et devient vendeuse dans un grand magasin, brave petite vendeuse, elle affronte le froid piquant des grands carrefours, celui de la tristesse, du vide cinglant et morne de ses jours entre la pension à l'horloge réglée au rythme des ventes, que vient troubler le vent des soldes de synthétiques, et le soir, les jacasseries des filles de la pension, entre deux diktats de l'irrascible Magde Keboe, la propriétaire. Toutes d'origines irlandaises, évidemment, il y a celles qui s'émancipent, se coulent dans la mode américaine, et les autres, qui font le pied de grue et la fine bouche.

A travers Eilis, c'est toutes les facettes du petit monde irlandais de l'exil à Broolyn dans les années 50 que l'on découvre, les repas de Noël de la paroisse, tous ces hommes venus là pour bâtir les grands ponts et parfois laissés sur le côté des grands boulevards ... Pour les filles de la pension, la grande affaire est le bal, le nouveau bal de la paroisse, avec qui y aller ? Y aller ou pas ?Danser ou ne pas danser ? Avec qui danser ou ne pas danser ?

Le mode d'emploi de l'exil n'est pas donné clef en main, Eilise s' y construit, de cours du soir en promotion au magasin, chargée du nouveau stand de collants de couleur pour femmes de couleur, une révolution. L'achat même d'un maillot de bain peut révéler bien des zones d'ombre ... Et un petit italien se mêle de la danse et la belle personne doit se regarder, puis regarder, et grandir, pour les choix soient enfin les siens, ou presque ...

Un beau roman de l'exil, de chaque côté de l'exil ( car le retour, ou le pas retour, peut aussi en être un autre), mais surtout un beau roman tout court, de l'amour, de soi, d'un homme, d'une fidélité à soi sans (trop) rogner sur les entournures des autres.

 

 

 

Commentaires

J'ai beaucoup aimé ce livre et tu peux retrouver ma chronique sur Lire Irlande. J'ai lu presque tous les livres de Colm Toibin et chroniqué certains, outre Brooklyn.

Écrit par : Eeguab | 14/07/2013

Ben, alors tu as pas mal d'avance sur moi ... Je découvre cet auteur, et avec un grand plaisir, ce qui pourrait être une histoire de rien se déploie petit à petit en une belle chronique de vie, j'ai vraiment apprécié la façon dont Eilis prend de la consistance. Je vais aller voir chez toi quels autres titres tu as commentés.

Écrit par : Athalie | 14/07/2013

Je veux le lire, celui-là. L'idée de l'exil, de la reconstruction de soi loin de chez soi m'intéresse toujours.

Écrit par : Karine:) | 03/08/2013

C'est un très bon roman, qui traite de l'exil et de la reconstruction de soi dans l'ailleurs, mais sans mélo et sans pathos. l'écriture est simple et il y a vraiment des scènes assez drôles en fait, de bals, de baignades, des échos entre les deux exils. Un très bon moment de lecture pour moi, j'espère pour toi aussi, donc !

Écrit par : Athalie | 04/08/2013

Les commentaires sont fermés.