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22/09/2013

Chroniques birmanes Guy Delisle

myanmar.jpgAyant été complétement convaincue par l'apparente simplicité du propos des "Chroniques de Jérusalem" et la profonde complexité que révèlent sous leur aspect anecdotique, ces petites planches semblant crayonnées seulement, c'est d'un oeil confiant que j'attaquais la même sobriété graphique du même auteur en Birmanie, comme le titre l'indique.

Le principe est le même, sûrement autobiographie, ce "roman graphique" retrace le départ, la vie quotidienne, puis le retour de l'auteur-accompagneur de sa femme, en mission humanitaire, quant à elle. Lui se retrouve père au foyer en proie à la gestion du quotidien dans un pays où il est loin d'être évident, le quotidien, le sien, bien sûr, mais bien sûr aussi, et surtout, celui des Birmans. Toujours sobre et détaché, l'auteur ne prétend pas faire un cours de géo-politique, et c'est ça qui est bien : la chaleur, et comment la gérer dans un pays où les coupures d'électricité n'ont d'égal que la fréquence et la violence des averses durant l'autre saison, comment trouver une maison, une piscine, une occupation ...

Evidemment, ces petites chroniques de la banalité tracassière et absurde, se doublent de leurs causes : la dictature, la corruption généralisée, la fermeture du pays à toute langue que celle de bois, la paranoïa militaire contagieuse qui assure la fermeté du régime. Tout ce qui fait que les journaux ont des trous, les sites internet des absences de communication intempestives, les DVD de drôles de titres, que les bouteilles d'encre apparaissent ou disparaissent sans autre logique que celle, absurde toujours, du système politique obscur qui rode partout de ses mille pattes, les visibles mais aussi les invisibles. A quelques pâtés de maison du dessinateur, pourtant, la demeure de la Prix Nobel, Suu Kyi, enfermée volontaire, sans qu'il soit possible de s'en approcher, sans qu'un bruit de révolte ne puisse en sortir. Sans jugement aucun, l'auteur montre à quel point la parole et même la pensée est cadenassée. Reste aux Birmans la méditation, le bétel et leur amour immense pour les enfants.

Un regard tendre, amusé et amusant, qui ne pas néglige de pointer au passage l'incohrence de l'attitude des Grandes Nations et des politiques économiques complices. Et entre autre, les conséquences sur l'action humanitaire. Ce sera juste mon petit bémol : les épisodes qui se focalisent sur les ONG, leur rôle contrarié, leur mission impossible, leur choix déontologiques, c'est interessant, soit, mais un peu didactique quand même ... Je chipote, hein, c'est un petit bémol de rien du tout ... Un "reportage" de derrière les barbelés qui touche plus qu'il ne moralise ni n'assomme, c'est à lire.

Commentaires

Je l'ai lu au printemps, il faudrait que je fasse un billet. J'ai aimé, j'ai retrouvé le ton de "chroniques de Jérusalem" et ça ne m'a pas choquée qu'il s'attarde sur les ONG puisque c'est le boulot de sa femme.

Écrit par : Aifelle | 22/09/2013

Tu as raison, ce n'est pas choquant du tout que certaines historiettes présentent le travail des ONG, cela permet même d'en voir la complexité, les intérêts et les contraintes ... Tout sonne juste. J'ai juste trouvé que par rapport aux "Chroniques de Jérusalem", le rapport au pays était un peu moins investi. Mais encore une fois, c'est juste un bémol anecdotique.

Écrit par : Athalie | 22/09/2013

Je suis bien d'accord, c'est à lire et pourtant je ne l'ai toujours pas lu. En même temps je me dis que je le trouverai toujours facilement à la bibli...

Écrit par : jerome | 23/09/2013

C'est un classique, me semble-t-il, et c'est vrai que parfois, ce sont ces lectures-là que l'on repousse, certain de les avoir facilement sous la main.

Écrit par : Athalie | 26/09/2013

J'adore Guy Delisle. Il réussit à nous faire voir sans trop de jugement des situations incroyables, le tout à travers le quotidien!

Écrit par : Karine:) | 06/10/2013

Les commentaires sont fermés.