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24/11/2013

L'échange des princesses Chantal Thomas

l'échange des princesses,romans,romans français,romans historiques,pépitesEst- ce à cause de l'homonymie d'avec la fameuse créatrice de dessous si chics que ce roman me faisait froufrouter d'avance ? Point nenni, pas besoin, je suis tombée dans les crinolines kithchissimes de Sissi quand j'avais encore l'âge de jouer aux Barbies. Les histoires de gentilles princesses qui ont les ailes rognées par les méchantes cours des Grands, j'adore. Il n'a pas longtemps, j'ai même tenté Saint Simon ( en extraits, hein, pas maso quand même, mais, il n'y avait pas assez de marquise des anges pour moi)

D'ailleurs, Saint Simon, il est aussi dans ce livre-là, en un peu moins glorieux qu'il ne veut bien le dire quand c'est lui qui cause. Le bonhomme voulant être grand d'Espagne, il se fait ambassadeur du Régent en cours de Madrid. En profite pour découvrir l'huile d'olive, mais ce n'est pas là le sujet, évidemment (même si le Saint Simon en proie aux doutes dans les couloirs odorants mais obscurs du palais madrilène, en grand costume d'apparat à la française, je suis assez fan). Revenons à sa mission de départ, l'organisation de l'échange marital diplomatique entre les deux grandes puissances européennes de ce début du XVIIIème siècle, qui se faisaient la guerre depuis un certain temps, la France du décadent régent, Philippe d'Orléans, l'Espagne du mystique chaud de la cuisse, Philippe V. Il s'agit d'échanger deux princesses de la plus haute importance, que l'une aille se faire française au nord et l'autre espagnole au sud. La toute toute petite infante de quatre ans, Anna Maria Victoria pour le futur Louis XV ( haut de onze ans), et mademoiselle de Montpensier, douze ans d'abandon familial sur les épaules à coller avec le futur roi d'Espagne, prince des Asturies pour l'instant et pas vraiment fini non plus. Un poil obsédé par l'idée de prendre femme (sans trop savoir ce que cela veut dire d'ailleurs, ce qui ne l'aidera pas par la suite quand l'idée devra prendre corps).

La plume est allègre pour retracer ses deux longs itinéraires  de poupées marionettes du pouvoir, pas seulement du nord vers le sud, mais de la gloire au désespoir, de l'intérêt à l'abandon. L'une, la plus petite, se conforme, fait la joie de tous, fait les gestes qu'il faut, et même des bons mots, séduit tout le monde ( même la vieille Palatine), sauf son beau prince. Elle combat ses peurs à coups de poupées, classées, rangées, rejetées, comme le futur roi avec ses courtisans, et plus tard avec elle. L'autre Louise Elisabeth se heurte à ses murs et à ceux de l'Escurial. Elle déçoit, ne joue pas le jeu des espoirs du couple régnant en attente de la princesse conforme. Mais la poupée française ne peut pas, elle est déjà toute cassée.

Aucun suspens, l'histoire est écrite depuis bien longtemps pour ces deux là, juste le suspens du comment, comment elles vont disparaître de la scène du théâtre. L'une sauvera les meubles, malgré tout, l'autre sera poussée encore un peu plus loin. Un coup de balai et un coup de pelle, le tour est joué, la poussière est sous le tapis.

L'auteure ne cherche pas à nous faire pleurer sur leur sort, cela ne marcherait pas, je pense, du misérabilisme dans les chaumières royales. Moi, j'ai sautillé de malheurs en malheurs, mais je pense qu'un historien aurait à redire, pas tant sur les faits (on sent bien que c'est du fiable et vérifié) mais sur la psychologie supposée, même si elle n'est pas developpée outre mesure (pour ne pas laisser trop de place aux critiques, je suppose), il est clair que pour faire du romanesque, il faut faire du lien avec nous, femmes modernes, à la condition libérées et qui, au grand jamais, ne tomberait dans ces histoires de labyrinthes du paratre.

C'est une vision proposée, un peu de notre temps qui se drape dans les rideaux véridiques de l'histoire pour en écarter les rideaux et montrer des dessous, pas si chics !

Commentaires

De toute façon, j'aime bien l'écriture de Chantal Thomas et j'ai l'intention de le lire ; elle a eu le mérite de mettre en avant une histoire très méconnue.

Écrit par : Aifelle | 25/11/2013

L'histoire de ces princesses est méconnue et très bien mise en perspective, le Versailles en toile de fond est rendu avec toute sa cruauté légère possible. Bref, un bon roman historique, j'ai beaucoup aimé ! Je viendrai voir ton avis chez toi, évidemment.

Écrit par : athalie | 26/11/2013

J'adore ton billet Athalie, et je souscris à tout.
C'est vrai que l'épisode de Saint-Simon dans les couloirs du palais espagnol est génial, un grand plaisir de lecture.
POur le reste je suis d'accord avec toi, ce livre est moderne parce qu'il a une résonance chez les femmes d'aujourd'hui (pour les femmes oubliées d'hier)...pour le reste j'ai eu de sérieuses réserves, mais ça tu le sais déjà...un bon moment de lecture historique tout de même!

Écrit par : sous les galets | 25/11/2013

Il est vrai que ce sont ces épisodes de la petite histoire reconstituée dans la grande que j'aime particulièrement dans les romans historiques. Que les vrais histoiriens me pardonnent ce goût de l'ornementation romanesque inutile à la véracité, mais si drôles ... L'effet de l'huile d'olive sur les zygomatiques .... Merci d'apprécier mes errances critiques et de même !

Écrit par : athalie | 26/11/2013

Bon ben non, suis pas tenté pour le coup. L'aspect historique ne me parle pas, mais alors pas du tout.

Écrit par : jerome | 25/11/2013

C'est parce t'es pas une fille moderne qui a toujours rêvé de porter la même robe que dans "le mariage de Sissi" et qui en a été frustrée par des convictions parentales radicalement anti-sexistes ... Raison pour laquelle je n'ai jamais eu non plus de fer à repasser en plastique rose, mais là, aucune frustration ne perdure jusqu'à ce jour ...

Écrit par : athalie | 26/11/2013

Bof, me tente pas trop ce livre... mais en ce moment, je fais ma difficile à cause de mes deux déceptions consécutives !

Écrit par : Margotte | 28/11/2013

Il faut se laisser tenter, quand on aime les crinolines qui piquent les fesses des princesses ... Et les déceptions, j'ai eu une phase aussi en septembre, faut dire qu'après "Les chutes", faut les suivants soient solides. Ou alors complétement différents, comme celui-ci ... (comment cela, j'insiste ?)

Écrit par : Athalie | 29/11/2013

Les commentaires sont fermés.