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28/11/2013

Cité de la poussière rouge Qui Xianlong

variete-de-tofu.jpgDans la cité de la poussière rouge, l'histoire, la grande et tragique histoire de la Chine d'après la révolution communiste se coule en de petites historiettes de ses habitants minuscules. C'est une cité de petites gens ordinaires, dans le grand Shangaï, des petites gens qui habitent dans des petites maisons, découpées comme du tofu en tranche. De la cité, les petites gens ne partent pas, ou alors, pour aller en prison, au début, puis devenir riches, à la fin, on revient quand on été libéré, ou que l'on est, justement, devenus riche. Mais la plupart restent là, dans leur petit monde avec le grand qui tourne autour.

Dans ce petit monde, les habitants vivent dehors, sur le pas de leur porte, dans les allées, dont une où se tiennent les conversations du soir, un chapitre, une histoire. Le côté amusant du livre vient du fait que chaque chapitre commence par "le dernier bulletin (en date) d'information de la cité de la poussière rouge", c'est à-dire en fait d'un récapitulatif des annonces et volontés, projet et relectures des faits, de la droite ligne du parti communiste. On y lit une Chine indomptable, pure et glorieuse, qui va de l'avant, du grand bond à la révolution culturelle. Tout y est parfaitement maitrisé, les usines produisent de la révolution, l'ouvrier est maître et Mao est le bienfaiteur. Suit alors une historiette d'un habitant de la Cité de la poussière rouge. Evidemment, cette juxtaposition décalée fait sourire, plus d'une fois, car si elles ne sont pas vraiment drôles, les histoires, elles ne sont pas non plus tragiques, enfin, pas racontées comme tragiques. Elles ne font pas de grand bond, elles, elles se casent où elles peuvent couler : l'intellectuel libéré qui retrouvent ses livres où ils ne devraient pas vraiment être, la jeune combattante déclarée morte et qui finalement avait survécu, le poéte ouvrier qui connut la gloire et prit femme grâce à une métaphore de tofu ...

Gens de peu qui se glissent dans des espoirs à la mesure de leur quotidien, trouver un logement, garder son grillon de combat en bonne santé, gagner un combat d'échec, vivre pour manger, trouver un emploi à sa mesure. De petits bouts qui retracent un bout de quotidien de la Révolution culturelle à l'ouverture au capitalisme et aux inquiétudes nouvelles des salons de karaoké. Les costumes Mao finissent par se friper et les "bols en fer" (les ouvriers qui avaient l'assurance de couler des vieux jours à l'abri grâce à leur statut protégé de vainqueur de la révolution) se retrouvent sur le carreau.
Une lecture agréable, comme une promenade à la Charlot dans des allées bruissantes de vie.

Merci Jérôme !!!!

PS : personnel à Jérôme, fine limière, je n'ai pas noté de page cornée, pas gratté de grains de sable entre les pages, pas décollé de pages collées par de la confiture, la pliure à la tranche est très légèrement marquée. J'en conclus que : tu ne lis pas à la plage, tu utilises un marque page, tu ne lis pas en mangeant ton goûter, tu ne retourne pas complétement ton livre sur le bras du fauteuil quand tu le poses rageusement pour aller chercher tes lunettes que le chat a planqué ailleurs (ou alors tu n'as pas de chat ?). J'ai bon ?

Commentaires

Je suis content de constater que tu as aimé déambuler dans les allées de la cité de la poussière rouge. Ces petites gens sont tellement humains et touchants je trouve.

PS : je ne lis pas souvent à la plage, j'utilise un marque page, je ne lis pas en mangeant, je ne pose pas mon livre ouvert sur le bras du fauteuil, je n'ai pas de lunettes mais même si j'en avais ça ne poserait pas de problème parce que malheureusement mon vieux chat est aveugle depuis quelques années. Tu es quand même une fine limière, je dois le reconnaître^^

Écrit par : jerome | 29/11/2013

Merci encore de ce prêt Jérôme. L'expérience, toute première pour moi, de lire un livre déjà lu par quelqu'un que je ne connais que virtuellement a été très drôle. Je dois dire que mon rapport à l'objet livre est un peu fusionnel, d'où mon PS. mais l'exprérience virtuelle fut aussi un plaisir de lecture, j'ai vraiment aimé cette déambulation dans le temps, ces personnages anodins, qui disent tant de choses, cette fàçon de lire l'histoire entre les lignes. J'ai cru comprendre qu'il y avait une suite ? En tout cas, je serai preneuse.

Écrit par : athalie | 29/11/2013

Oui il y a une suite qui s’intitule "Des nouvelles de la poussière rouge". Je crois que ça me tenterait bien aussi. Sinon cet auteur est aussi très connu pour une série de polars mettant en scène l'inspecteur Chen, toujours à Shanghai (et là j'avoue que je suis beaucoup moins tenté).

Écrit par : jerome | 30/11/2013

J'ai lu le premier de cette série de polar, et franchement, je m'en suis tenue là. C'est dire qu'il a fallu ta force de conviction (et ton prêt ... ) pour que j'apprécie vraiment ces petites lumières de poussières rouges ... Moi aussi, je pense me laisser tenter par la suite, je voudrais bien savoir comment le poète de tofu gère son entreprise par exemple ... Il y a quelque chose des " chroniques de San Francisco" dans ce livre que j'ai apprécié, vraiment.

Écrit par : Athalie | 30/11/2013

je trouve très tentant cette lecture , je n'en avais pas entendu parler, il m'arrive d'être loin de mon ordi et je ne vois pas tout
celui-là j'espère bien le lire
je le note en tout cas
Luocine

Écrit par : luocine | 02/12/2013

C'est une lecture vraiment et facile et interressante, même sans trop connaitre le contexte historique ( je parle pour moi, hein), on s'y retrouve grâce aux bulletins officiels, la progression (?) vers la capitalisation ( de l'idéal (?) révolutionnaire (?) sur les petites gens (?) comme une certaine réalité.

Écrit par : Athalie | 03/12/2013

Arrête de lire des livres virtuels plein de confiture et sors avec ta vieille copine bien réelle causer de la vie qui passe , des enfants qui ne passent pas eux... qui s'incrustent donc, des films qu'on n'a pas vus, des rêves qu'on a encore et.... (concession ultime) des bouquins qu'on a lus, qu'on lit, et qu'on lira !

Écrit par : A | 02/12/2013

???? Tu n'as lu mes derniers messages ???... Pour les films que je n'ai pas vus, c'est sûr, j'ai du retard ! et les livres que je n'ai pas lus encore plus, vu que que l'imprimerie a commencé avant le cinéma ... Bises ma grande ....

Écrit par : Athalie | 03/12/2013

Les commentaires sont fermés.