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09/12/2013

Comment j'ai vu 1900 Pauline de Pange

IMG_2445.jpgComme son nom ne l'indique pas, Pauline de Panges est l'arrière petite fille de Madame de Staël, petite fille d'Albert de Broglie ( ex président du conseil d'une troisème république scandaleuse, un truc autour des Orléanistes, pas tout compris), petite fille aussi d'un autre de Broglie illustre ( inconnu de mon inculture en Troisième République, moi, mon truc, c'est Versailles, après ça se brouille ...), soeur de Louis de Broglie ( celui-là, son prix Nobel me disait vaguement plus. Une branche de ce conséquent arbre généalogique penche aussi du côté de la comtesse de Ségur. Pas du côté de la méchante Sophie, mais plutôt de celui des petites filles modèles.

Et même si je me suis un peu perdue dans les ramifications ascendantes illustres, ( superbes frondaisons auraient pu dire le José Maria de Hérédia qui fut le premier amour littéraire de la Pauline, lors de la cérémonie d'hommage au grand père dans l'enceinte de l'Académie française, ben, ouais, on est dans la haute ...), cela n'a aucune importance pour apprécier ce petit livre, ce qui fut mon cas.

Petit dans beaucoup de sens de ce terme : lecteur, lectrice, n'attendez point ici de grandiloquence, ni d'exploits autobiographiques, ni de fresques historiques. La modestie est revendiquée par l'auteure et bien lui en sied. De sa naissance à 1900, elle semble vaquer à elle même dans cette grande famille qui est la sienne, au gré des déménagements liés aux occupations sociales et politiques de son père et de sa mère. Elle promène, sans ressentiment aucun, ses jupons en laine, tricotés par la nurse de son frère dans les couloirs de ses demeures successives. On l'habille mieux pour sortir, mais elle sort bien peu et toujours dans son monde, dans les deux sens du terme cette fois.

D'éducation, elle aura un vernis, d'occupations point non plus, regarder la mer à Deauville, la nature dans la demeure angevine, la bibliothèque et les tableaux de ses ancêtres dans le château familial, celui de Normandie, le fief. A Paris, c'est le parc de Bagatelle, les conversations avec sa grand-mère, son moment préféré, une heure, le soir. Celle qui lui apprend à lire dans un évangile en lui parlant comme à une jeune fille de vingt ans quand elle en a six ou sept, ne sait pas poster une lettre ( ce dont elle se contrefiche évidemment). Antédéluvienne, elle passe dans la famille pour la plus libérale, elle aurait même émis un léger doute quant à l'évidente culpabilité de Dreyfus, c'est dire la modernité de l'aïeule. Les parents sont pires.

C'est un drôle de monde richissime, et complétement clos sur lui même, fermé à ce qu'il ne connait pas, et ce qu'il ne connait pas est "moderne", comme le téléphone , installé finalement quand même, mais auquel personne ne répond, il a les domestiques pour cela.  D'ailleurs des domestiques, il y en a partout, tout le temps. Ils grouillent. Comme les ancêtres dans le Bottin Mondain, au passage j'ai appris que dans cette famille de Broglie, Duc est au-dessus de Prince, ce qui m'a laissé perplexe. Doucement perplexe quand même, il ne faut point trop se gaver de sucreries de ce genre ...

Donc, un délicieux objet de curiosités, comme un cabinet de, mais dont il faut pas hésiter à secouer la poussière ou à souffler dessus, pour que se révèle un bibelot délicieusement surrané.

Un grand merci à Luocine qui m'a fait découvrir cette petite chose à croquer !

 

Commentaires

j ai encore une fois éclater de rire en te lisant..
à la phrase :elle aurait même émis un léger doute quant à l'évidente culpabilité de Dreyfus, c'est dire la modernité de l'aïeule.

Une petite erreur à rectifier , c'est à Dieppe et non à Deauville que se rend la famille, Deauville c'est d'un commun ma chère!!
Juste bon pour le s"rastaquouères"
contente que tu te sois amusée et je dois te dire que dans mes activités je lis des livres à des femmes très âgées et celui-là leur a beaucoup plu
Luocine

Écrit par : luocine | 10/12/2013

Oh là là, tu as raison ! Dieppe et non Deauville, quelle faute de goût de ma part ! Et pourquoi pas Pauline à la plage, tant que j'y suis. Merci de ta relecture attentive et merci encore de ce conseil de lecture, oui, je me suis régalée, comme toi et d'autres j'espère ...

Écrit par : Athalie | 11/12/2013

Voilà de quoi donner envie de grandir chez la famille Groseille ;-)

Écrit par : Margotte | 11/12/2013

Presque, mais pourtant, ils ne sont même pas vraiment méchants, juste à part. Et puis d'après la préface, Pauline, elle s'en est quand même bien sortie et a eu une vie bien plus "riche" que celle à laquelle elle était destinée, finalement.

Écrit par : Athalie | 11/12/2013

lu avec plaisir cet été mais devant le rendre à la bibliothèque je n'ai pas fait de billet
un excellent petit livre sur cette période et j'ai aimé le ton

Écrit par : Dominique | 12/12/2013

Oui, le ton est intéressant, ni critique, ni vengeur, juste posé. Comme le dit Luocine dans son billet "parce que c'était comme cela". Et comme elle toujours, j'ai trouvé qu'il avait un parfum un peu proustien qui passait par là, très agréable lecture.

Écrit par : Athalie | 12/12/2013

Et moi comment j'ai vu les affiches du remake (horrible mot) d' ANGÉLIQUE MARQUISE DES ANGES et comment elle doit sauter de joie au plafond à l'idée de s'en offrir une nouvelle couche notre très sérieuse et honorable lectrice de livres très très durs à lire tellement qu'ils sont épais qu'ils sont nombreux et tellement qu'on n'arrive même pas à prononcer le nom des auteurs...
Moi je m'en fous: j'attends BELLE ET SÉBASTIEN sur grand écran mais attention je veux Medhi à 8 ans pas plus dans le rôle principal .

Écrit par : A | 12/12/2013

Les commentaires sont fermés.