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07/01/2014

La grâce des brigands Véronique Ovaldé

La grâce des brigands, Véronique Ovaldé, romans, romans français, famille je vous haisMais à quoi tient le goût de ce livre ? Un truc salé sucré, un goût acidulé de citron au vinaigre avec un zeste de Joël Dicker et d'autres amuse bouches de littérature de fille qui rêverait de voir sa jupe voler mais qui va se la prendre en pleine figure après un très bref envol.

Maria Christine Väätonen est l'héroïne que a ce goût de mélangé. Rien que le nom qui ne va pas avec le prénom. Elle est née d'un doublé exotique, un croisement entre le père (le nom), silencieux, analphabète et imprimeur ... la mère (le prénom), folle de religion et de principes hygiénistes et castrateurs. Mais cela on le saura après.

D'abord, on la découvre, auteure à succès encore jeune et belle mais si seule après un grand amour raté d'avec un grand écrivain raté, à Santa Monica. Il y fait chaud et plutôt bon vivre. C'est là que Maria Christina reçoit un appel de sa mère, après plus de dix ans d'un silence vengeur. Rien de moins qu'une demande urgente : sa soeur a un enfant et il faut qu'elle vienne le chercher, là maintenant tout de suite.

Retour donc vers les origines, à Laperouse, dans la maison rose-cul où personne ne parlait vraiment ; personne ne rentrait, personne ne s'aimait. A Laperouse, il n'y avait rien que la brume, le froid, que des obstacles, la mère en tête, rien de possible pour une fille qui veut écrire, rien que des péchés, selon la mère qui voit les péchés, comme les noirs, le chinois et les microbes pulluler grave. Maria Christina ne rêvait que d'en partir, ce qu'elle a fait, avec des déchirures quand même. C'est pour cela qu'elle ne meurt pas d'envie d'y retourner. C'est le moins que l'on puisse dire.

Elle pourrait se dire libérée. Libérée ? Elle l'a tenté depuis dix ans, y est presque arrivée. Elle est devenue ce qu'elle voulait être, une auteure à succès avec son roman autobiographique "La mauvaise soeur", en partie grâce-à-cause d'un mentor à double face, Claramont, dont le nom sonne comme Paramount, l'écrivain qu'elle admire et qui l'a embauchée comme bonne à tout faire, même un roman. Amoureuse du clinquant du talent, elle s'est donnée à lui, la jeunette, avant de s'en retourner vivre auprès de sa copine Jeanne, hippie de charmes plus aguerris (elle accouche seule d'un enfant sans père et revient à l'appartement avec des lunettes roses en forme de coeur sur le nez, j'adore ...).

C'est plein de trucs sordides et pas drôles du tout, voire de violences quelque peu inutiles ... et pourtant, une allégria du style truffé de clins d'oeil littéraires et d'attendus amusés de clichés de la maison bleue sur la colline m'a emporté dans les rêves de Maria. Presque primesautier, comme une ballade de Jimmy par Souchon, un Billy qui aurait fini par trouver son rêve d'infirmière avant de tomber dans la mer, tomber par terre ...

Philisine y a vu d'autres voix que la sienne.

Un petit régal, en passant.

Des vies d'oiseaux

La salle de bain du Titanic

Commentaires

Jamais été tentée par cette auteur sans que je m'explique bien pourquoi...Ça me semble un peu léger, un peu fille... bref, pas pour moi ;-)

Écrit par : Sandrine | 07/01/2014

C'est un peu fille, c'est vrai, sans que je ne sache non plus vraiment dire en quoi, car les personnages féminins n'ont pas vraiment de côté glamour !!! Notamment dans celui-ci ...

Écrit par : athalie | 10/01/2014

Acidulé.. avec des relents aigres, c'est exactement ce que j'ai ressenti en lisant, de cette auteure, "Les hommes en général me plaisent beaucoup", "Et mon cœur transparent", et "Déloger l'animal" (avec une préférence pour le 1 et le 3).

Vera Candida est dans ma PAL depuis un moment, ton article est l'occasion de le rapprocher du haut de la pile...

As-tu réfléchi à notre prochaine LC ?

Écrit par : Ingannmic | 08/01/2014

Je viens de penser à un truc, à propos de la LC : suite à ton billet sur Fernando Marias, je me suis facilement laissée convaincre et j'ai acheté Invasion (le père Noël m'a apporté des bons d'achat valables en librairie, quelle bonne idée !!)
Si tu ne l'as toujours pas lu, cela peut être l'occasion de faire d'une pierre deux coups ?

Écrit par : Ingannmic | 08/01/2014

Mouais, pas trop ma came quand même. Jamais lu Ovaldé... je vais déjà commencer par me pencher sur le cas de du Maurier^^

Écrit par : jerome | 08/01/2014

Du Maurier devrait avoir davantage tes faveurs, je pense. Le noir y est plus intense ....

Écrit par : athalie | 10/01/2014

Ben, comme le dis Jérôme que je rejoins pour la deuxième fois ce soir, mouais mouais... suis pas trop Ovaldé non plus. Après, faut voir, je n'ai jamais rien lu encore de cette écrivaine.

Écrit par : Margotte | 09/01/2014

En plus des conseils d'Ingannmic ci-dessus, je rajoute "ce que je sais de Véra Candida", un roman qui a de la force et du charme ... Sans être plombant, le destin de femmes qui se battent avec une malédiction "amoureuse" ... et la solitude ...

Écrit par : athalie | 10/01/2014

@ Ingannmic " Ce que je sais de Véra Candida" est celui que j'ai préféré de cette auteure pour l'instant, peut-être le plus profond, ou du moins, celui où le style m'a paru le plus "travaillé", avec une touche de réalisme magique qui m'a bien plu. Je n'avais pas vu que tu avais publié sur cette auteure, je vais aller voir ce que tu dis des titres que tu mentionnes, je n'en connais aucun et V. Ovaldé est une des auteures que j'aime bien retrouver de temps à autre, entre deux "pavés" bien noirs ...

Écrit par : athalie | 10/01/2014

@Ingannmic. J'ai lu "Invasion" (pas pu résister à mon propre comité de soutien virtuel !), c'est le prochain billet prévu ici, normalement. Ton Père Noël a eu une bonne idée et j'espère que ce titre ne te décevra pas ( en tout cas, il a, je pense des atouts pour te plaire ... des fois, il faut un peu s'accrocher au fauteuil, la spirale est assez infernale ...) Du coup, je me dis pourquoi pas Chirbes ? Je te laisse choisir le titre ?

Écrit par : athalie | 10/01/2014

Je me suis un peu renseignée sur la bibliographie de Chirbes, et "Tableau de chasse" me dit bien.
Pour quand veux-tu que nous programmions cette lecture ?
Est-ce que le 15 février te convient ?

Écrit par : Ingannmic | 11/01/2014

J'ai beaucoup aimé car j'y ai repéré comme toi les clins d'oeil littéraires (voulus à mon avis). Ce roman est plus riche qu'il n'y paraît. V O offre ainsi une double lecture de son œuvre. Bisous ma très chère et très belle année à toi et à ta famille.

Écrit par : Philisine Cave | 12/01/2014

C'est donc bien toi que j'avais un billet sur les références cachées ( à peine) qui font un des charmes de ce roman ! je l'avais cherché en publiant ma note mais je n'étais plus sûre de moi ... je vais du coup repasser chez toi pour ajouter le lien. J'avais beaucoup aimé ce que tu en disais, et coup de bol, on me l'a offert pour Noël. Oui, les allusions sont sûrement voulues, V. Ovaldé connaît trop bien sa littérature pour se fourvoyer dans un plagiat involontaire, je pense, vu son métier.
La meilleure des années à toi aussi, ta famille et nourris bien ton blog de belles lectures pour nous maintenir en appétit, toute l'année !

Écrit par : athalie | 12/01/2014

Le livre, je ne sais pas mais joli billet en tout cas...

Écrit par : manU | 14/01/2014

Merci pour le compliment ... C'est aussi un "joli" livre, avec paradoxalement un côté dramatique mais je trouve que l'écriture, qui ne semble pas se prendre vraiment au sérieux, le fait pencher vers la légèreté. Pas mal réussi donc, si ma lecture est bonne.

Écrit par : athalie | 15/01/2014

Les commentaires sont fermés.