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15/01/2014

Sauver Mozart Raphaël Jérusalmy

sauver mozart,raphaêl jérusalmy,romans,romans français,dans le chaos du mondeUn homme survit dans un mouroir à Salzbourg. Il se nomme Otto J. Steiner. Il tient son journal et y consigne les menus de sa vie quotidienne, lui, oublié là. Dans sa vie quotidienne où il ne se passe pas grand-chose, le vendredi, c’est cabillaud bouilli avec des pommes de terre. C’est dire.

Otto aurait pu être juif, mais son père en a décidé autrement, ce qui fait que en 1939, il est juste un homme malade, en fin de vie, et solitaire. Son fils est parti, sans doute en Palestine, sa sœur, son mari, ses enfants ont disparu. Sa femme, on ne sait pas. Morte, sûrement.

L’armée nazie n’a pas encore envahi la Pologne, l’Anchluss, c’est fait. Mais son grand truc à Otto, ce n’est pas la politique, c’est la musique. Reclus, méprisant l’engeance des autres malades, il dispose d’un revenu modeste et suffisant pour se terrer dans sa chambre, individuelle, et écouter sa musique, du moins tant qu’il lui restera des disques. Otto ne semble n’avoir vécu que cela, avant la maladie aussi, les concerts, et surtout l’apothéose, le moment sacré, le Festspiele, qu’il conçoit comme l’ode à Mozart, le pur, l’unique, l’éthéré Mozart.

Il lui reste quand même un ami,à Otto : un certain Hans, dont on comprend qu’il exerce certaines responsabilités dans l’organisation du festival qui arrive et les célébrations mozartiennes doivent prendre un tour plus martial, vu le public qui va y assister, public un tant soit peu plus rigide que musicien. Le danger rôde de faire une gaffe définitive, alors Hans délègue une partie de ses responsabilités à Otto, qui ne demande pas mieux.

Evidemment, rien n’est à la hauteur de Mozart vu par Otto, et l’homme rumine de la dégradation idéologique qu’infligent les vainqueurs à son festival sacré et méprise hautement leurs coups de cymbales tonitruantes ( on pourrait penser que les coups de cymbales relèvent d’une certaine futilité dans le contexte, mais, pas de mauvaise foi, Athalie, le journal d’un homme malade n’est pas le lieu d’un roman historique ...)

Petit grain de l’Histoire impuissant à n’y rien changer, même pas une note de musique, Otto tentera quand même de s’élever dans la gamme, et puisqu’il ne peut tuer Hitler ( dans un pied de nez narratif assez amusant et bien fait), il tentera malgré tout de sauver Mozart, ou plutôt de sauver l’honneur des hommes qui aime Mozart et sont impuissants.

Un petit volume plaisant dont les deux pirouettes qui se jouent de l’histoire font sourire, un moment vite passé avec un petit bonhomme dont, je l’avoue, les bornes affectives quelque peu centrées sur lui-même, et les bornes romanesques du journal intime m’ont un peu gênée, des limites formelles soit, mais pas que, un petit bout de lorgnette, un zoom sur un grain de sable ...

Humaniste, lit-on partout, soit encore, je suis sur ce coup là d’assez bon aloi, mais pas vraiment convaincue.

Commentaires

J'ai beaucoup aimé ce premier roman, pour ma part. Bisous

Écrit par : Philisine Cave | 16/01/2014

J'avais vu notamment chez toi, effectivement, beaucoup d'avis positifs sur ce livre. Je l'attendais donc comme une future pépite ... Ce fut une lecture agréable, sans plus. A vrai dire, le personnage d'Otto m'a quelque peu porté sur le système. Sans doute est-ce fait exprès, mais je n'ai vu pourquoi ...

Écrit par : athalie | 16/01/2014

Je l'avais repéré, tu me fais douter...

Écrit par : Hélène | 16/01/2014

Un roman très repéré, et très court. C'est un des avantages quand on hésite.... finalement ... Je serais curieuse de voir ton avis.

Écrit par : athalie | 16/01/2014

Je ne connais pas mais je ne suis pas plus tenté que cela à vrai dire.

Écrit par : jerome | 16/01/2014

Tu es sûr que tu ne connais pas, vu le nombre de blogs qui en parle de ce livre ? Quant à moi, je ne pousse pas à la tentation sur ce coup-là (même si j'ai le deuxième roman de cet auteur en attente sur mes étagères, car ce n'est quand même pas un niet définitif)

Écrit par : athalie | 16/01/2014

tu es difficile , moi j'ai adoré !
mais tu vois je vais régulièrement faire de la lecture dans une maison de retraite et l'ambiance je connais même si bien sur ça n'a rien à voir , rien ou presque..
Les vieilles s'entendent quand même menacer de l'hôpital à chaque fois que leur santé se dégrade un peu plus... et entre elles (il y a peu d'hommes!)beaucoup de mauvais coups sont permis!
et j'ai beaucoup aimé la fin et la façon dont le nazisme est traité
Luocine

Écrit par : luocine | 24/01/2014

De la lecture dans une maison de retraite, c'est vraiment de la générosité de ta part. J'ai du mal à lire à voix haute en ce qui me concerne, mais j'imagine que devant ce public, l'expérience est plus humaine que littéraire. Les coups bas, les menaces, ce confinement, brr ... et pourtant, lire là doit apporter beaucoup : chapeau bas Luocine !
En ce qui concerne ce roman, oui, j'avoue que je suis un peu difficile sur ce thème du nazisme, à la fois frileuse et exigeante. Je n'aime pas l'étalage des horreurs, ce que les historiens nomment "la pornographie du cadavre", mais j'ai aussi du mal avec une certaine légèreté. Et là, j'ai trouvé le traitement biaisé "léger", mais cela se lit bien quand même !

Écrit par : athalie | 25/01/2014

Je n'ai pas lu celui-ci mais ce qui ne m'a pas du tout convaincue c'est son second roman : la confrérie des...

Écrit par : claudialucia ma librairie | 25/01/2014

Mince, on me l'a prêté en me disant qu'il était mieux que le premier ... je vais prendre des échasses pour marcher sur des oeufs de diplomatie.

Écrit par : athalie | 25/01/2014

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