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08/02/2014

Kaboul disco tome 1, Nicolas Wild

Dont le sous titre est : "Comment je ne me suis kaboul disco,nicolas wild,romans graphiquespas fait kidnapper en Afghanistan"

Nicolas est un dessinateur de BD en perte de vitesse. Une petite annonce et une situation personnelle flageolante le poussent dans un avion à destination de Kaboul, embauché par une société de communication, la « Zendagui média et cie ». Une étape prolongée en Azerbaïdjan , lui vaudra avant même toute intégration, une image collante de looser, qu’il cultivera, plus ou moins d’ailleurs, involontairement.

A Kaboul, il découvre le projet qui lui vaut son contrat. Il doit réaliser les dessins pour une bande dessinée qui explique la nouvelle constitution afghane aux enfants. Il y a d’ailleurs quelques exemples du projet fini à la fin de la B.D, et c’est assez amusant de voir le décalage entre la naïveté voulue de la commande et le cynisme que montre Nicolas. Pas le sien mais celui du milieu dans lequel il doit graviter, celui des expats de la com ‘. Frime, bringues, cynisme à tous les étages de la Guest House où ce petit monde se confine. Ils sont payés pour pondre des projets culturels tous azimuts et qui semblent peu en phase avec la réalité politique du pays, dont ils n’ont guère cure. Le principal souci est de trouver de la bière et des contrats. C’est leur patron qui donne le la. Le boss, le sexy monsieur Spidault a une arrogante mèche blonde, le portable collé à l’oreille, ildébite sa success story devant la glace : «  Comment j’ai réussi les plus beaux coups en Afghanistan ».... Autre souci de taille : que le restaurant, « La joie de vivre » continue à servir du civet de biche aux airelles ... C’est dire la portée culturelle et humanitaire de ces gens-là ....

Nicolas est flanqué pour réaliser son projet de Tristan, le triste sire de la bande, vu que lui, il bosse. Vraiment. Du coup, il passe pour le rabat-joie, le missionnaire fanatique. Nicolas, lui, navigue entre ces deux extrêmes, il prend un peu de civet aux airelles, mais du bout des doigts, il tente des sorties vers l’autochtone, et même si il y roule mal sa bosse, il reste le sympathique éléphanteau qui tente de ne pas casser trop de porcelaine et de marcher droit, voire de continuer à se regarder dans la glace sans trop de honte.

Le tableau est cynique, l’humanitaire de la com’, c’est tout pourri et compagnie, et la réalité du pays, elle est encore plus pourrie. Et quand cette réalité rattrape le cynisme et bien, les expats, ils font moins les malins du portable ...

Ce roman graphique a quand même un défaut majeur ... Je l’ai lu après « Chroniques de Jérusalem » et « Chroniques birmanes » et comme le principe est un peu le même (un dessinateur de BD qui raconte son quotidien dans un pays tout pourri), forcément, il y a comparaison, et même si j’ai bien aimé « Kaboul disco », j’ai quand même une préférence pour les dessins de Delisle, plus poétiques, si dépouillés qu’il n’en reste presque rien, que l’humour de l’infra ordinaire.

N’empêche que je lirai la suite des aventures de Nicolas "Comment je ne suis pas devenu opiomane en Afghanistan".

 

Commentaires

c'est triste quand même d'imaginer qu'on soutient si mal des pays qui aurait besoin d'aide et qu'on envoie des gens aussi peu intéressants.
J'aurais bien aimé voir un exemple du dessin !
Luocine

Écrit par : luocine | 08/02/2014

Je n'ai pas mis de dessins en illustration parce que je ne sais pas trop si j'en ai le droit .. Il y a des planches disponibles sur le net, tu peux jeter un coup d'oeil. Ceci dit, je ne saurai trop quoi en dire, il est assez simple, me semble-t-il. Mais je suis nulle en dessin !

Écrit par : athalie | 12/02/2014

Je ne connais pas du tout mais je n'ai pas l'impression de rater grand chose.

Écrit par : jerome | 12/02/2014

Pourtant, tu t'y connais mieux que moi en BD ... je crois qu'on en avait parlé à sa sortie, mais il est moins connu que le travail de Delisle, je crois. En tout cas, sans cette fichue comparaison, il m'aurait plus davantage, je pense.

Écrit par : athalie | 12/02/2014

Les commentaires sont fermés.