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19/02/2014

Le roi n'a pas sommeil Cécile Coulon

Le roi n'a pas sommeil, Cécile Coulon, famille je vous hais, romans, romans françaisUne histoire dont le format est juste ce qu’il faut pour ne rien lâcher du fil tordu qui est celui qui conduit l’histoire de Thomas. Tordu mais tendu.

On commence par la fin : Puppa voit Mary hurler, en déchirant l’air d’une petite ville de sa douleur. Alors, c’est sûr Thomas est mort. Sauf que l’on ne sait qui est Puppa, Thomas, ni même Mary. Mais on sait la fin comme dans une tragédie, le temps est resserré aussi, le lieu quasi unique, celui d’une petite ville, et surtout le domaine de l’enfant roi, où tout mène et ramène, une véranda où l’on attend que le soleil se couche, il pourrait même y avoir des odeurs de confitures maison, mais c’est un faux paradis, avec un serpent dedans ; à côté, une scierie, un bar sordide, une école, un ami qui trahit, un père qui est parti avant même d’en être un, un médecin qui aime les enfants innocents, et l’enfant roi, Thomas et sa façade d’enfant sage, et sa courte histoire qui est déjà en marche.

L’histoire du fils de Mary commence avec celle de son père, dont le fils bouclera la boucle, comme une corde avec laquelle on se pend. Simple tâcheron, le père, William Hogan, n’a vraiment voulu qu’une chose, sa maison et ce qu’il appelle le domaine, une étendue boisée, la maison avec la véranda, rien de bien précis n’est dit. C’est le domaine qu’il défriche, la femme qu’il épouse, l’enfant qui naît. William suinte la violence, il frappe parfois Mary, boit comme en passant, serré sur sa peur. Il a peur des fiches vertes et des photos qu’il y voit. Ce sont celles des criminels recherchés par la police et qu’il doit classer. C’est son boulot subsidiaire.

Naît Thomas, un enfant qui ne lui parait pas à la hauteur. Thomas va à l’école, enfant docile et solitaire, mange les tartes de Mary, dort dans les draps qu’elle a tiré à quatre épingles ... Et Thomas a dérivé ... Des images le lézardes et les lézardes creusent une béance. C’est quoi sa peur ? Thomas en vit le flux, ne sait quoi en faire, elle prend le pas de l’intérieur, creuse sa haine, celle de soi, celle de l’autre, de l’ami, qui lui se relève pendant que l’enfant roi chute et se dilue.

Aucun discours clinique, aucun mot de trop, un texte aux ciseaux.

Un titre qui m'a beaucoup plus convaincue que le premier de cette auteure que j'ai lu "Méfiez- vous des enfants sages"

Commentaires

juste de passage devant mon ordi , je vois que mes blogs amis se remplissent de livres! bon celui-là me fait un peu peur tant mieux pour ma liste!
Luocine

Écrit par : luocine | 22/02/2014

Ce que j'en dis rend peut-être ce titre plus "noir" qu'il ne l'est en réalité. Il y a beaucoup d'autres avis sur beaucoup de blogs qui te feront peut-être plus envie. Je te le conseille quand même, car c'est rudement bien écrit et construit. Et il est sûrement dans ta médiathèque !

Écrit par : Athalie | 23/02/2014

Ben il est passé où mon commentaire de l'autre jour ? Je disais que j'avais beaucoup aimé et que l'esprit de Steinbeck planait très fort sur ce roman. Je te donnais même le lien vers mon billet : http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2012/07/le-roi-na-pas-sommeil.html.
Pas grave, je retente ma chance...

Écrit par : jerome | 23/02/2014

Mon blog est farceur des fois, il me cache des trucs, parfois les commentaires, parfois les liens ... ça m'énerve ! je n'avais pas vu la référence à Steinbeck, mais ce n'est pas étonnant, je crois que je n'ai lu que "Le viel homme et la mer", et ça date .... En tout cas, c'est sûr que l'auteure connait ses classiques, et la littérature américaine, efficace, droit dans le mille, sans trace de fioritures d'auto fiction. Du bon coup de poing là où ça blesse.

Écrit par : Athalie | 23/02/2014

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