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01/03/2014

Chute de vélo Etienne Davodeau

Chute de vélo, Etienne Davodeau, bandes dessinéesUn village immobile dans une torpeur de chaleur, quelque part dans une campagne dépeuplée, des champs, de légères montées, de légères descentes. Une rue immobile, deux maisons face à face ; l’une est vide, l’autre en travaux. La maison vide est de ces maisons un peu tristes qui ont été peuplées de cris d’enfants et de courses dans l’escalier et où le silence est devenu le seul propriétaire de la poussière. Les vieux planchers et les matelas sont en friche, le jardin est devenu ronces et broussailles.

Arrivent la lumineuse Jeanne, son tendre mari en short, leurs deux enfants presque sages et le cousin, un peu plus grand, fils d’un frère qui ne viendra pas, parce qu’il ne veut plus venir là depuis longtemps. Arrive ensuite l’oncle Simon, celui qui vend des voitures, sans vraiment aimer cela, mais surtout survivant d’un accident qu’il mime jusqu’à plus soif.

Il s’agit de leur dernier été dans cette maison. La mère de Jeanne et Simon est à l’hôpital où elle se croit chez elle. Elle a des trous dans la tête et il faut vendre, et pour vendre, il faut vider et nettoyer. C’est ce qu’ils sont venus faire, tous les trois. Trier, enlever meubles et poussières, débrouiller, pendant que les trois enfants lorgnent sur la maison d’en face où se joue une autre histoire entre le patron maçon un peu con, et son arpèt. Une histoire simple d’enfants qui jouent à se faire peur, d’une parole de trop et un mini drame à la hauteur de ces jours qui coulent, entre famille et mélancolie. Et puis, il y a aussi Toussaint, l’ami de toujours de Jeanne et de Simon. Toussaint qui aide et rôde pourtant autour d’eux comme autour d’une faute inavouable. Evidemment, à la fin, on saura ... même avant, pourquoi Toussaint a un souci avec le repentir ...

Mais, jusque là , le temps de cet été, la mère revient passer quelques temps avec eux, dans ce lieu qui n’est plus le sien, comme les siens ne le sont plus non plus. Les jours s’écoulent, plein du quotidien, on secoue, on dit trois mots, deux de tendresse et deux pour chambrer. Une blague, un geste anodin, on se connaît si bien ... On mange le soir sur des chaises en plastique, sous l’arbre, dans la cour où le jour, il fait trop chaud. On boit une bière. On cherche l’arpet, qui a disparu, puis la grand-mère qui a fait une fugue et qui regardait de trop près la rivière. Simon tombe de vélo, le petit arrive à en faire.

Un peu de la vie des autres, d’un moment qui soude et sépare, des secrets presque minuscules qui s’effritent, des dessins justes plein de trop de trucs qui touchent et font rire, des répliques d’une simplicité qui fait mouche. Je l’ai lu, je l’ai fini, et j’ai recommencé du début. Je l’ai refini. Et j’arrête là pour le moment, vu que c’est un prêt, qu’il falloir que je le rendre. Je n’ai plus qu’à aller l’acheter  ...

Commentaires

Je l'ai lu la semaine passée et je ne l'ai pas encore chroniqué ! on aurait pu en faire une LC (ou plutôt une BDC), tiens !!! Bisous

Écrit par : Philisine Cave | 01/03/2014

De toute façon, on ne peut qu'aimer, non ? Les dessins m'ont tué, rien n'est dit, tout est dit ... Je ne sais pas comment il fait, le Davodeau. Moi, l'image de la grand mère devant la rivière, elle est juste bouleversante ... J'attends ta note, bien sûr !

Écrit par : Athalie | 02/03/2014

Lu il y a longtemps, mais je le relirais bien, tiens.

Écrit par : keisha | 02/03/2014

Et voilà pourquoi je vais l'acheter, un coup de reviens'y indispensable ! Moi, c'est "De Gaulle à la plage", "Le retour à la terre", et les Calvin et Hobbes ... Rien à faire, ça me cause !

Écrit par : Athalie | 02/03/2014

je lis peu de BD il faut dire que c'est archi compliqué de mettre la main dessus en médiathéque mais je note le titre pour des cadeaux à venir

Écrit par : Dominique | 02/03/2014

Comme toi, je lis peu de BD, parce que question rentabilité de lecture, c'est zéro pointé ... Cher et lu trop vite ... Et comme j'ai un truc contre l'emprunt ... Mais celle-là, c'est comme un must ! Lis-là avant de l'offrir, c'est juste juste.

Écrit par : Athalie | 02/03/2014

C'est le Davodeau de Lulu femme nue plutôt que du Chien qui louche, j'aime aussi, c'est un très bon souvenir de lecture.

Écrit par : Kathel | 02/03/2014

Je ne connais pas assez Davodeau pour faire une distinction entre ses titres (à vrai dire je crois que c'est le premier que je lis)en tout cas il m'a convaincue, le bougre. Je retiens en tout cas plutôt "Lulu femme nue" que "Le chien qui louche", si j'ai bien compris tes conseils.

Écrit par : athalie | 03/03/2014

On vient de me l'offrir. Elle a raison Philisine, on aurait pu faire une BDC.

Écrit par : jerome | 03/03/2014

Comment cela, on te l'a offert ??? C'est trop beau comme cadeau ! Et comment cela, tu ne l'as pas encore lu ??? C'est trop tard pour une BDC, mais pour une prochaine, je ne suis pas contre, et pas à l'aveugle, hein ?

Écrit par : athalie | 03/03/2014

Mon premier Davodeau, inoubliable et que j'ai beaucoup apprécié.

Écrit par : Loo | 09/03/2014

Moi aussi mon premier de cet auteur, et sans rire, certains dessins m'ont marquée, elle est juste belle cette histoire, une histoire de rien, d'adieux,de retours, une histoire de famille qui n'a l'air de rien, la chaleur pèse, mais pas trop les souvenirs du temps d'avant. J'ai beaucoup ri quand à la mort de la grand mère, un des personnages dit un truc du style " En tout cas, le village perdra une de ses plus fidèles électrices de droite". Juste un trucc que l'on peut dire qui fait vrai. Merci de ton passage en ces pages.

Écrit par : Athalie | 09/03/2014

Les commentaires sont fermés.