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20/03/2014

Expo 58 Jonathan Coe

Jonatan Coe, expo 58, romans, romans angleterre, a cup of tea timeLa couverture du livre (qui n'est pas l'illustration que j'ai choisie, mais la vraie couverture, tout le monde peut la voir partout, et "les amants" de Magritte ça a quand même un rapport) dit tout, délicieusement acidulée, rétro et enjouée, couleurs vives de comédie en cinémascope, personnages aux dos tournés, qui vont s’animer dès que le bouton de la télé en noir et blanc va s’allumer, un scopitone plastique.

Comme dans certains films d’espionnage de cette guerre qui  se disait froide, l’auteur a fabriqué un anti héros, une caricature du petit fonctionnaire à la courte vue, et tiré, un peu aussi, à la courte paille, pour une mission inattendue. Thomas Foley, physiquement est un croisement entre Dirk Bogarde et Gary Cooper. Moralement, il est anglais, comme Coe sait faire les anglais, tout britannique et de retenue convenue et frais sorti de l’œuf, ou du moule.  Tout juste marié à une parfaite ménagère d’un fade pastel, et juste père, il est juste fabriqué aux petits oignons pour être mangé tout cru  dans cette comédie sentimentale qui se croise de roman d’espionnage en carton pâte.

Le décor choisi par l’auteur pour remonter la clef de son héros est dans la même tonalité du vrai faux, faux et vrai. Il ne s’agit de rien de moins que de la comédie que se jouent les nations à l’exposition universelle de Bruxelles en 1958. Officiellement,  l’expo a pour but de célébrer l’amitié entre les peuples, retrouvée après le chaos de haine de la deuxième guerre mondiale. En réalité,  la célébration est un brin surréaliste, comme il se doit au pays de Magritte. Et officieusement, il s’agit d’une autre histoire …

Notre héros, donc, se voit confier la mission de superviser la bonne marche du maillon fort du pavillon britannique, le Britannia, un faux vrai pub anglais, entre modernisme et respect de la tradition, comme il se doit. La bière est vraie, par contre, visiblement. Thomas doit donc quitter femme et enfant, mère et pas son père (il est mort mais a quand même avant donné un fort mauvais exemple), pavillon de banlieue et voisin qui a des cors aux pieds pour se retrouver immergé dans la comédie du bonheur et des illusions de la concorde, et pas seulement politique, mais aussi, à la Lubitsch, un poil sentimentale qui va le gratter aux entournures dès l’apparition de la fraîche Anneke, hôtesse sur l’exposition.  Le duo va devenir quatuor, une belle américaine et un autre missionné comme Thomas, mais estampillé séducteur patenté, puis un soviétique bellâtre, puis … rentrent à leur tour dans la danse des sentiments. Vrais ou faux ? Le bal des séductions joue la partition de la tentation dans le cadre du faux concert des nations … notre héros se laissera-t-il tourner la tête alors que Dupont et Dupond, déguisés en espions tout britanniques aussi, lui confieront une seconde mission, de charme patriotique vêtue ?

Entre comédie allègre, roman d’espionnage aux grosses ficelles qui se voient, le sérieux du propos va cependant en s’étoffant et des accents du superbe « La pluie avant qu’elle tombe » gagne Thomas, qui s’étoffe et s’affine. Le roman n’aurait pu être qu’un amusement de genres, et il aurait déjà été très bien, mais il gagne quelque chose en plus, une sourde mélancolie dans la valse des masques menée de main de maestro, britannique, évidemment.

Est-ce utile de dire que je me suis simplement délectée de cette comédie douce amère ?

 

Un roman que j'ai inscrit au "non challenge des pétites" de Galéa.

Du même auteur sur ce même blog :

"Testament à l'anglaise"

"La femme de hasard"

"La vie très privée de Mr Sim"

" Désacords imparfaits"

D'autres titres pas chroniqués ici mais juste excellents ( et chroniqués tellement par ailleurs ...) :

"Le cercle fermé"

"Bienvenu au club"

 

Commentaires

Hum, je sens une soeur, quelqu'un qui aime Coe, quoiqu'il propose... ^_^

Écrit par : keisha | 21/03/2014

Ben oui, Coe, je ne suis complètement, parfaitement, totalement subjective ( et accro ...) mais en toute subjectivité, celui-ci est vraiment, vraiment, vraiment, très très bien !

Écrit par : Athalie | 21/03/2014

Je viens d'acheter son roman jeunesse, "le miroir brisé". C'est pour les 9-12 ans on va dire, tu pourrais faire découvrir Coe à ta fille ;)

Écrit par : jerome | 21/03/2014

Faire découvrir Coe à ma fille ... Voilà une idée qui me paraît bonne ... je suppose que l'on verra bientôt ta chronique en tes pages, j'attendrai le verdict !

Écrit par : Athalie | 22/03/2014

C'est avec un grand plaisir que je le note pour le non-challenge, je ne connais Coe que de nom; et je sens que ça ne va pas durer après avoir lu un billet enthousiaste comme le tien.
Merci Athalie

Écrit par : sous les galets | 03/04/2014

Je suis enthousiaste pour ce titre, c'est vrai, je m'y suis drôlement bien amusée .... Mais pas que ... Comme tu l'auras compris, je ne suis pas objective sur cet auteur. Ceci dit, il ne sera sans doute pas considéré comme le meilleur, je te conseille l'excellentissime "La pluie avant qu'elle tombe" (très féminin et pas très drôle) et "Testament à l'anglaise" (très caustique, un régal de démontage de la société anglaise, avec des boulons qui volent dans tous les sens ...)

Écrit par : Athalie | 03/04/2014

Quand on jumelle "comédie" et "doux-amer", je me jette dessus! C'est donc ce que je fais faire! Thanks!

Écrit par : Karine:) | 06/04/2014

J'espère que tu te régaleras autant que moi .... Il y a d'ailleurs peut-être plus de doux amer que de comédie, à la réflexion ...

Écrit par : Athalie | 08/04/2014

Les commentaires sont fermés.