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02/04/2014

Un petit boulot Iain Levison

Iain levison, un petit boulot, roamans, romans américainsDepuis le temps que je voyais le nom de cet auteur encensé partout et quasi sans bémol, je me faisais un petit régal d’avance de cette aventure de la découverte. Un auteur super bien jamais lu, je me cale dans mon plaid. Et j'ai ressors un brin échaudée, pas complètement envahie d’admiration éperdue, un peu tiédiasse même.

C’est bien écrit, c’est tout ce que j’aime en général ; la saloperie de la société qui plante ses laissés pour compte en soldes sur le carreau du profit, la vengeance souterraine de ces anonymes, crasseux dans l’âme parce qu’on leur a piqué leur dignité à coup de rentabilité venue d’en haut ....

C’est cinglant, clairement cinglant, c’est carré, ce peut être drôle : sarcastique, iconoclaste, provocateur, radical ( non, je ne suis pas en train de recopier les adjectifs louangeurs de la quatrième de couverture ...), ça balance, ça casse, ça grince, et je coince quand même.

Jack habite une petite ville (USA) qui se délabre depuis que la fabrique a été fermée. Une fabrique qui faisait vivre quasi tout le coin, qui faisait peu de profits, m’enfin, qui en faisait quand même. Elle a été fermée quand même et Jack, qui trouvait sa dignité dans son travail bien fait,  a la rage au ventre, il est rempli d’une noire colère nourrie d’injustice : colère qu’il ne retourne contre rien, parce que dans la ville, il n’y a plus grand-chose encore debout : les gosses traînent, les hommes boivent, les maisons se barricadent, les commerces ferment après s’être vidés. Jack parie sur des équipes de foot, perd, reparie et reperd. De paris perdus en paris reperdus, il doit une sacrée somme au bookmaker du coin.

Jack n’a plus de petite amie, elle est partie avec le vendeur de voitures, dans l' ailleurs inaccessible où l’on achète encore des voitures. Il n’a plus d’abonnement au câble, plus de télévision, une vieille voiture pire que celle d’avant. Bref, plus rien de ce qui faisait son rêve de devenir un homme. L’aspiration suprême de Jack était d’être un homme moyen, une femme, des gosses, un boulot. Une dignité moyenne, mais une dignité, il pensait y avoir droit.

Comme la crise est profonde, dans tous les sens du terme, Jack perd aussi son âme, tant qu’il y est, tenté par son bookmaker qui lui propose un contrat : l’effacement de sa dette contre l’assassinat de sa femme. Pas plus gêné que cela, Jack accepte, tue aussi le chien, par hasard, et se sort de cette affaire quasi tout neuf. Il s’est (re)trouvé une âme, tueur à gage, et même sans gage, puisqu’il va prendre un certain goût, voire un goût certain, à liquider les quidams qui l’énervent, symbolisent les causes de sa rage, le gênent, tout simplement. Jack devient un tueur au sang froid, et toujours raisonnant de son bon droit à tuer, y (re)trouve une légitimité.

Toujours raisonnant, c’est peut-être ce qui m’a gêné, parce que c’est l’auteur qui raisonne derrière, pas possible autrement, c’est trop bien raisonné, trop bien légitimé, ce gars à la rage raisonnante, je n’y ai pas cru, voilà. Je me suis sentie téléguidée, et je n’aime pas qu’on me téléguide, qu’on me dise qu’une société sans scrupule engendre des êtres abjects, soit. Mais pas qu’on me le démontre en mode américain moyen. Jack ne veut que cela, être ce qu’il aurait dû être, un américain moyen, tenir bobonne par la main, gagner de quoi vivre dans le magasin du coin avec son bon copain, ranger les paquets de chips où il veut et nous pas où on lui dit de les mettre. Bon diou ! quelle révolte à la petite semaine ... Jack, on dirait un peu comme un poisson rouge torpilleur lâché dans un bocal d’autres poissons rouges et qui les flinguent au lieu de viser les piranhas.

Bon, en même temps, c’est de la littérature, pas un traité de sociologie, non plus.

Commentaires

Je l'ai lu, il y a quelques années, et pas commenté sur mon blog, parce que je ne savais pas trop qu'en dire. Une lecture pas désagréable, assez drôle, même, par moments, mais des ficelles en effet un peu épaisses..

Tiédasse, oui, je crois que c'est le mot juste pour exprimer l'effet que m'avait fait ce roman !!

Écrit par : Ingannmic | 02/04/2014

J'ai vu le moment en écrivant mon billet que j'allais le classer dans "les pas aimés du tout", tant finalement, le fait que l'auteur me dise quoi penser m'a agacé. Et puis, non, il a quand même raison dans le fond, le Levison, une société qui tue les âmes, tue les hommes et les rend sans âme. Trop didactique pour moi, c'est tout, je préfère le "brut de pomme", faut croire, genre "le diable tout le temps" de Pollock. Et puis, il écrit bien Levison.

Écrit par : Athalie | 03/04/2014

Oh j'ai lu presque tous ses romans, je m'amuse beaucoup en général. Allez, lis donc Arrêtez -moi, tu verras!Là on s'amuse moins, mais...

Écrit par : keisha | 03/04/2014

Bon alors, si tu le dis .... Mais je n'ai pas détesté non plus, hein ! c'est juste que Jack, il cause trop comme l'auteur et pas comme un Jack normal. En même temps, un Jack normal, ça m'existe pas. Bref, je note "Arrêtez-moi", parce quand même, il a un truc qui me plait, cet auteur là.

Écrit par : Athalie | 03/04/2014

Je suis dans le même état d'esprit que toi avant la lecture. Pour le coup, j'avais noté Arrêtez-moi là, que semble recommander Keisha, alors il y a peut-être un espoir...

Écrit par : monpetitchapitre | 03/04/2014

Il aurait peut-être fallu que je révise mieux mon keisha avant de lire ce titre .... Je note, comme toi, le titre qu'elle recommande, on verra !

Écrit par : Athalie | 03/04/2014

J'ai bien aimé ce bouquin : une bonne surprise en fait ! bisous

Écrit par : Philisine Cave | 03/04/2014

Ben ouiais, peut-être que si je n'avais pas été persuadée de la découverte du "super auteur de la mort", j'aurais été plus convaincue ! Mais le fait est qu'à force de lire des super bons américains qui démoncent sans dire et qui racontent des histoires de la société toute pourrie, je deviens difficile, moi. Peut-être qu'un coup de "Oui-oui au manège" me ferait du bien ? Un bouquin qui raconte la beauté du monde, tu aurais sous la main ? je suis preneuse.

Écrit par : Athalie | 03/04/2014

Malgré les bons billets sur cet auteur, je ne le sentais pas pour moi. Ton billet tombe bien pour moi, aucun effort à faire pour aller contre mon intuition donc.

Écrit par : Valérie | 03/04/2014

Il y a quand même Keisha qui aime bien ... Un avis d'une connaisseuse en littérature américaine ! Je vais attendre un peu et lire le titre qu'elle recommande. Mais l'intuition, ça marche aussi ...

Écrit par : Athalie | 04/04/2014

De lui je n'ai lu que "Trois hommes, deux chiens et une langouste" et j'avais vraiment beaucoup aimé.

Écrit par : jerome | 03/04/2014

Bon, un deuxième titre bien après celui proposé par Keisha ... Si cela se trouve, je suis tombé sur le seul "tiédasse" ! C'est bien ma veine, tiens !

Écrit par : Athalie | 04/04/2014

Bonjour Athalie, le constat est en effet amer quand on referme ce roman (le premier que je lisais de cet écrivain) http://dasola.canalblog.com/archives/2008/02/17/7776843.html Bonne journée.

Écrit par : dasola | 04/04/2014

Un constat amer mais pas convaincant du point de vue littéraire s'entend, et pas assez allusif pour moi. J'ai du mal avec la démonstration tirée au cordeau, même bien écrite.

Écrit par : Athalie | 04/04/2014

Bonjour Athalie, le constat est en effet amer quand on referme ce roman (le premier que je lisais de cet écrivain) http://dasola.canalblog.com/archives/2008/02/17/7776843.html Bonne journée.

Écrit par : dasola | 04/04/2014

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