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17/06/2014

L'emprise Marc Dugain

l'emprise,marc dugain,romans,romans français,déceptionsDirais-je déception ? ben oui, car c'en est quand même une, une petite, mais une quand même. J'aime beaucoup ce qu'écrit Dugain, mais là, le sujet ne me disait pas grand chose, tant pis, c'est Dugain, je me lance avec pas mal d'enthousiasme et je me coltine la présentation des personnages. Et des personnages, il y en a un certain nombre.

D'abord, Lorraine, elle a des soucis de communication avec son papa et un fils autiste ... Est-ce par clin d'oeil que l'auteur en a fait une spécialiste des écoutes et des filatures à garder discrètes ? Une espionne au service d'une nébuleuse organisation étatique ? Je ne sais.

Ensuite, arrive Launay, le candidat favori aux futures élections présidentielles et peut-être futures primaires avant, lui aussi a des problèmes de communication avec son papa. Est-ce un autre clin d'oeil ? je ne sais pas. Pour l'instant, son souci majeur est qu'il est favori et qu'il compte bien le rester. Ce n'est pas qu'il ait un programme à défendre ou des idées, voire des ambitions. Nenni, c'est juste qu'il veut être président, qu'il est fait pour tenir cette place, ou plutôt l'obtenir, parce qu'après, c'est le grand flou.  Il y en a deux autres qui ne veulent pas qu'il y arrive : son rival au sein du parti, pas plus politisé que lui, mais juste un peu plus cynique et corrompu, et sa femme, parce qu'elle l'en juge indigne vu que déjà, il n'a pas été un bon papa.

On croise aussi la route de Lars Sternfall, un syndicaliste genre poisson froid qui a le malheur de se prendre pour une torpille dans son entreprise, Aréna, qui vient de fusionner électricité et nucléaire et que du coup, ça a fait des étincelles entre un candidat au record du monde de la traversée en planche de surf en solitaire et un porte contenaire chinois qui se sont télescopés au dessus du sous marin de Saban, qui n'y était pour rien. Il pensait à sa femme, en fait.

Il y a aussi Corti, un corse qui aime la moto et assure la sécurité intérieure du pays entre deux bouchées d'aubergine à l'huile d'olive et deux trois entourloupes qu'il fait passer à coup de pots de vin (rouge, la plupart du temps ...), en la maquillant en pièges à journalistes véreux. Enfin, je crois que c'est ça, à peu près ...

Un couple croise la route de Lorraine, enfin, surtout la femme, Li, une artiste photographe chinoise, son gros patron d'amant, Delaire, a l'air d'y tenir (aux chinois, je veux dire).

Il y a d'autres personnages, mais j'arrête là parce que j'ai un peu le tourni, et que finalement, je me dis que je n'ai pas compris toutes les ficelles de ce roman-là. Fichtrement bien écrit, ceci dit et fichtrement désabusé, sans être lourdingue pour autant, mais tortueux. La course à la présentielle ne repose que sur la volonté de gagner, sans idéologie et sans illusions, vu que la mondialisation nous mange tout cru. La corruption est insidieuse et généralisée, les intérêts des uns et des autres sont de de juste continuer .... Soit, soit, soit, je me dis ... mais était-ce bien la peine que je me perde dans la ronde des personnages et que je me noie dans la mare d'un verre d'eau, pour qu'on me livre cette vision, dont je ne doute pas du réalisme, vu que du strapontin où je sieds, je le vois bien que le manège du grand pouvoir là-haut, il est grippé.

J'ai bien aimé Lorraine et son fils, enfin, surtout ce que Lorraine dit de son fils. Mais c'est annexe.

Commentaires

Je l'ai lu! (billet dans les brouillons, qui paraîtra un jour...) Bien des personnages, je m'y perdais, et puis j'ai lâché prise, et ça s'est très bien passé, alors. Quelques p'tits trucs un peu flous, oui, mais bah, peut-on tout savoir? J'ai trouvé une redondance avec le fils De Lorraine et celui de Sternfall (ou c'est une fille?), Li disparait vite?
Mais c'est fichtrement sympa à lire;

Écrit par : keisha | 17/06/2014

Pour l'enfant de Sternfall, je pencherai pour un garçon, mais je crois que ce n'est pas dit ... Sauf que des pères autistes et des parents qui n'écoutent rien, il y a en effet redondance dans ce roman ! Je pense évidemment, que c'est construit par l'auteur, mais pas bien vu le message qui voulait faire passer comme cela, un truc sur la communication ? Li, on se demande un peu à quoi elle sert, sauf à faire le lien avec les chinois ... Enfin, je crois ... pas un roman marquant, mais un roman un peu foutraque. pas grave, j'aime bien la plume du Dugain. Alors le prochain, ben, je le lirai ! Comme ton avis quand il sortira de tes brouillons !

Écrit par : Athalie | 18/06/2014

Oh, là, là moi aussi j'ai le tournis... m'a l'air bien compliquée, cette histoire.

A voir...

Écrit par : Ingannmic | 17/06/2014

C'est compliqué, et pourtant, les trucs compliqués on aime bien d'habitude et toi et moi ( d'ailleurs, une idée pour notre prochaine lecture commune ?), mais là c'est juste compliqué, et bien écrit, je crois que tu avais aimé "l'avenue des géants" ? Pour ce titre là, le parti pris narratif est moins dérangeant, peut-être déçue parce que j'aime bien être dérangée ?

Écrit par : Athalie | 18/06/2014

Je ne suis pas sûre que j'aimerais... pourtant, Marc Dugain écrit des romans qui me plaisent bien, habituellement.

Écrit par : Kathel | 18/06/2014

Ben oui, j'aime beaucoup aussi normalement, un auteur que je lis depuis la claque de "la chambre des officiers", et surtout "la malédiction d'Edgar" ! Là, je me doutais bien que le côté analyse politique en direct de la France franchouillarde allait me freiner, tant pis !

Écrit par : Athalie | 18/06/2014

Je crois que ce roman a du mal à convaincre.

Écrit par : Valérie | 18/06/2014

J'en ai aussi l'impression ! Même chez les fidèles et convaincues dont je fais partie. En même temps, il n'y a peut-être que les fidèles et convaincues qui puissent être déçues. Parce que cela reste de très bonne tenue !

Écrit par : Athalie | 18/06/2014

Je crois que ce roman a du mal à convaincre.

Écrit par : Valérie | 18/06/2014

Bof bof, voilà qui ne me tente pas (déjà cet auteur, je ne l'ai jamais lu, mais avec ce que tu dis de ce roman en plus...) en voilà au moins un que je n'ai pas à ajouter sur ma longue liste des livres à lire cet été ;-)

Écrit par : Margotte | 19/06/2014

Franchement, l'auteur écrit très bien, c'est juste ce bouquin là ... Tu serais peut-être plus sensible à "La chambre des officiers", son premier roman sur l'intime ressenti d'une gueule cassée de la guerre 14-18. Sinon "la malédiction d'Edgar" reste mon préféré, le règne de Hoover sur les services secrets américains, mais j'ai l'impression, en lisant régulièrement tes articles que ce serait moins ton truc. "L'avenue des géants" est généralement le plus apprécié, mais moi, j'ai un peu été gênée par le parti pris narratif (on est dans la tête d'un tueur psychopathe qui joue à l'innocence, c'est inconfortable, mais fort bien fait ...).
Tu publieras ta liste ? Moi oui, j'adore les listes !

Écrit par : Athalie | 19/06/2014

Sylvie Tannette en a parlé sur" france musique" et j'en avais très envie. Mais là du coup, j'ai moins envie ...

Écrit par : Une Comete | 22/06/2014

Laisse-toi tenter par Sylvie Tannette, si tu ne connais pas cet auteur, sans comparaison, c'est peut-être plus convainquant ?

Écrit par : Athalie | 22/06/2014

Si je connais. J'ai lu" avenue des géants" et j'ai aimé...

Écrit par : Une Comete | 23/06/2014

Mais oui, j'avais vu ta note en plus sur "L'avenue des géants", quelle idiote ! Avec la comparaison, du coup, je ne sais pas, c'est quand même toujours du Dugain, avec des trouvailles de style vraiment bien, j'ai peut-être plus aimé les à côtés que le gros de l'histoire, finalement ... Les rapports entre Lorraine et son fils, par exemple, ou même le poisson froid de Lars qui regarde la mer entre deux tours qui lui lui bouche la vue de son appartement ... Il y a des moments de vraiment bons.

Écrit par : Athalie | 23/06/2014

D'accord avec toi. Passionné de politique "politicienne", comme on dit, je m'attendais à un regard plus fort et plus incisif, mais on a seulement droit à une galerie de personnages peu convaincants et une intrigue tarabiscotée mais au final assez indigente. On est loin du vitriol, de la complexité et de l'humour vache de Jonathan Coe sur les années Thatcher et Blair. Les auteurs français auraient-ils du mal à passer de la réalité à la fiction dans le domaine politique?

Écrit par : Anonymous | 26/06/2014

Je reconnais bien là ton regard juste et incisif .... sur la littérature française ...

Écrit par : Athalie | 26/06/2014

Nous avons eu la même lecture !! J'aime beaucoup Dugain mais reconnaissons que ce n'est vraiment pas son meilleur !

Écrit par : Malika | 29/06/2014

J'ai bien aimé plein de trucs, sauf le sujet principal ... La corruption du pouvoir, ben oui, on sait ! Mais " what else" ? ceci dit, même si ce livre m'a un peu déçue, il reste parfois nécessaire que des évidences soient écrites, surtout sous la forme romanesque.

Écrit par : Athalie | 30/06/2014

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