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07/10/2014

Le bizarre incident du chien pendant la nuit Mark Haddon

J'ai parfois la fibre sociale, voire humaniste. Entre deux plongées dans les horreurs des noirceurs des âmes humaines, je tends le bras vers l'étagère où soufflent les murmures des naïvetés angéliques. Ce que ce roman n'est pas, en réalité, mais un souffle naïf, je le croyais, au moins.

Il met en scène un enfant autiste, atteint du syndrôme d'Azperger, pour être plus précise. Il a construit  son monde bulle où le nombre de voitures rouges croisées durant le trajet entre son domicile et son école détermine si son humeur du jour sera très bonne, bonne, mauvaise, ou très mauvaise, où la couleur des aliments détermine ce qui peut, ou non, rentrer dans son estomac, où qui le touche détermine l'ampleur de son dégoût et de sa violence. Christopher est tout entier dans son déterminisme dont il ne peut sortir et ses calculs incessants sont sa lecture du monde et sa carapace nécessaire. Dans un quartier tranquille, sa routine le protège, et son père fait de son mieux pour faire pareil, maintenant que sa mère est subitement morte.

C'est dans les limites de son territoire que le hasard va frapper, ce hasard qu'il ne peut supporter : il va retrouver le corps du chien de la voisine coupé en deux par une fourche et être accusé du crime, encore par hasard. L'enfant se décrète alors enquêteur et romancier, ce qui lui demande de faire pas mal d'entorses à sa carapace.

Le livre nous place dans la tête de l'enfant et ce choix implique les limites qui font que cette lecture ne m'a pas particulièrement passionnée ( euphémisme à relativiser). Je ne vais pas me lancer dans un "possible-pas possible", me mettre à juger du degré de crédibilité faisant qu'un enfant autiste puisse se lancer dans une fuite solitaire en train vers Londres avec uniquement son rat domestique en guise de panneau indicateur ... Après tout, la possibilité que Fabrice se retrouve pile à Waterloo ou que Rastignac tombe pile sur la pension Vauquer, si on y songe, ce n'est pas très crédible non plus. Et on s'en fiche. Donc aux spécialistes de jauger l'aspect médical et moi ma lecture.

Le point de vue d'un enfant n'est pas un choix facile, il faut que l'enfant reste enfant et c'est risqué. Si on le veut crédible, l'enfant a l'analyse à courte vue et le vocabulaire assez répétitif, surtout quand il raconte (je n'ai rien contre les récits des vrais enfants, dont les miens, mais d'abord, ce sont les miens, ce qui m'enlève de l'objectivité, et les récits des enfants des autres, je les laisse aux autres, vu que j'ai assez avec les miens, qui sont généralement assez longs. Je me demande d'où ils peuvent tenir, cet art, (par ailleurs fort bien maitrisé) de la digression et des parenthèses ...)

Par "courte vue", je veux dire que lorsque Christopher en arrive à une nouvelle révélation, ben, on l'avait vu venir depuis un petit moment déjà. Et, par répétitions, que lorsqu'il recommence à compter les voitures pour savoir si il va vivre un très mauvais jour, un mauvais jour, un bon jour, ou un très bon jour, j'avais juste envie de lui dire "Tais-toi". D'ailleurs, c'est aussi ce que lui sa mère dans le livre, donc, j'ai une super excuse.

Mais le roman a des qualités, dont celle d'éviter les trémolos de la bienpensance en ne faisant pas un ange d'un enfant handicapé, en ne montrant pas des parents sanctifiés , mais des "normaux" qui s'énervent, se découragent, se fatiguent, délèguent, tentent d'avoir une nouvelle chance. l'amour n'empêchant pas l'exaspération et les erreurs, sinon, on le saurait ...

Merci à C. pour le prêt !

Commentaires

RHo la la c'est toujours risqué les narrateurs-enfants. Souvent ça me gâche le récit parce que je trouve trop ou pas assez. Mais tu vois, pourtant l'idée me tente, il y a quelque chose de chouette dans ton pitch, j'aime l'idée de l'autiste qui digresse et qui se raconte, surtout si on évite les clichés. Mais bon je ne te sens vraiment pas très enthousiaste.

Écrit par : sous les galets | 08/10/2014

Oserai-je dire que j'ai été moyennement emballée parce que le narrateur, tout autiste qu'il soit, m'a agacée ... Ben oui. Bon, d'accord, ce n'est pas sa faute, cette histoire de voitures, de répétitions à n'en plus finir, je suppose que c'est pour donner une idée de l'univers clos dans lequel il vit. Mais à lire, c'est juste répétitif. Dans le genre narrateur enfant, il y "Spooner", qui, pour moi, évite l'écueil du trop ou pas assez. Mais c'est du hard.Excellent, mais hard, c'est Inganmmic qui m'avait tentée, si tu en a le temps fais un tour par chez elle, elle en parle très bien.

Écrit par : Athalie | 08/10/2014

On me l'a offert récemment et je n'étais pas franchement emballée. Finalement, d'après ce que tu en dis, je devrais quand même passer un bon moment.

Écrit par : monpetitchapitre | 08/10/2014

J'ai été un peu gentille dans la note, parce que je trouve que ce livre a des qualités, mais franchement, pas de quoi remporter mon adhésion pleine et entière quand même. J'espère que tu passeras un moment un peu plus intense que moi.

Écrit par : Athalie | 08/10/2014

pas attirée du tout malgré ton billet plutôt positif mais heureusement car j'ai une PAL d'enfer

Écrit par : Dominique | 08/10/2014

Franchement ? Tu peux passer sans souci de regrets, il ne me parait pas pour toi. Et vive ta PAL d'enfer, elle nourrit mes espoirs d'un jour avoir tout lu des titres que je note chez toi ( et franchement, ça commence à en faire un paquet !) Avec les vidéos que tu insères, c'est juste passionnant.

Écrit par : Athalie | 08/10/2014

J'en ai tellement entendu parler qu'il ne m'a jamais tenté. Oui, paradoxal je suis...

Écrit par : jerome | 08/10/2014

Et moi, je n'en avais jamais entendu parler ! Mais pourtant, il me paraît être dans tes cordes de lecture, c'est peut-être pour cela que tu devrais tenter quand même ... Dès fois, ça fonctionne, regarde, moi et "En finir avec Eddy bellegueule", c'était pas gagné d'avance.

Écrit par : Athalie | 08/10/2014

Je l'avais lu à sa sortie et l'avais trouvé original. Mais maintenant je n'en plus beaucoup de souvenir...:-(

Écrit par : cathe | 08/10/2014

Je ne suis pas certaine d'en garder beaucoup non plus ... Original, quand même et même assez courageux, parce que même si en gros, je m'y suis ennuyée, ce titre a le mérite de tenter une approche de l'intérieur d'un sujet pas évident, et il le fait sans pathos, et là, j'ai apprécié l'absence de discours moralisateur. c'est honnête et bien fait.

Écrit par : Athalie | 08/10/2014

Bof bof et rebof..

Écrit par : Une Comete | 10/10/2014

Mouais, bof, pas mal, mais bof quand même ....

Écrit par : Athalie | 12/10/2014

Les commentaires sont fermés.