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29/11/2014

L'espoir cette tragédie Shalom Auslander

l'espoir,cette tragédie,shalom auslander,romans,romans américains,dans le chaos du mondeComment être un adulte serein, calme, équilibré et responsable quand votre mère, américaine depuis la cinquième génération, née à Brooklyn en 1945, dans une classe moyenne plutôt aisée, se met, suite au départ du mari, à se métamorphoser en survivante obsédée d'une Shoah qu'elle n'a jamais vécue ? Quand elle vous flanque sous le nez, à six ans, l'album photo des atrocités de Buchenwald en même temps que l'abat jour de votre chambre à coucher, en affirmant que la garniture est tout ce qui reste de votre grand père ?  (que l'objet soit estampillé "Made in Taïwan" n'est qu'un subterfuge commercial qui ne gêne en rien le constat de la réalité cachée. Effectivement, un "Made in Buchenwald" serait du plus mauvais aloi, est bien obligé de concéder le pauvre narrateur, submergé d'un poids qui n'est pas le sien. )

Alors grandir, à l'aube de la quarantaine, c'est ce que Salomon Kruegel tente encore de faire, malmené malgré tout par le processus de culpabilisation qui est en quelque sorte, son seul moteur, avec aussi, l'espoir. Entre autre celui de trouver, avant sa mort (prochaine, vu les angoisses qu'il se trimbale) les bonnes dernières paroles à transmettre à son fils, Jonas, trois ans pour l'instant. Donc, Salomon passe une bonne partie de ses monologues intérieurs à ressasser les épitaphes d'hommes célèbres, dans l'espoir de ne pas les répéter, d'en trouver une pareille, une bien sentie sur l'humanité, la mort, voire la mort de l'humanité ...

On le voit, l'espoir de Salomon d'atteindre un jour, un degré de névrose supportable, reste un horizon chimérique.  Pourtant, il a tenté la fuite, loin de sa mère, avec sa  femme, Bree et son fils, vu qu'à trois ans, celui-ci a déjà failli mourir d'un simple microbe et que pour un père qui marche à la culpabilité, un microbe, c'est un de trop qu'il ne peut supporter.

Ils ont donc acquis, loin de la mère, une veille ferme au prix modeste, à cause d'une histoire d'anciens propriétaires allemands et d'une puanteur énigmatique et persistante, une histoire de tuyaux bouchés, de ventilation qui couine.... Flanqué d'un emploi de vendeur émérite de recyclage écologique en tout genre, Salomon pense qu'il pouvoir s'en sortir,enfin. 

Sauf que ça couine aussi au grenier, un truc de souris qui gratte la tête de Salomon, à cause des fermes qui sont incendiées dans le coin depuis quelques temps, ce pourquoi, Salomon se lève ( premier chapitre) et tombe sur Anne Franck (deuxième chapitre). Une vieille Anne Franck, sale et caractérielle, rosse et tyrannique, qui ne compte pas sortir du grenier avant d'avoir terminé son dernier chef d'oeuvre ...  Les choses se corsent encore quand la mère , déclarée mourante, rejoint ce qui aurait dû être un début de havre de paix et tente (entre autre) de transformer le jardin en espace funéraire pour légumes sous vide. Le maestrum va engloutir le héros, en un rythme qui le suffoque ...

Dire que ce livre est drôle, c'est vrai, drôle, caustique, brillant, érudit, puis sombre et inquiétant, car il triture les méninges et pointe sous une façade de doux délire culotté, le piège de la sacralisation de la mémoire et celui du ressassement de la "catastrophe".

Bien plus fort que l’écœurant (pour moi) "Il est de retour"  depuis, je me suis laissée tentée par "Mon holocauste" recommandé par Sandrine.

26/11/2014

L'attente de l'aube William Boyd

baiser250.jpgUn peu engoncée dans mes dernières lectures, très féminines, dirais-je (même si je ne pense pas pas que les femmes écrivent des "truc mous" et les hommes des "trucs durs"), j'ai eu envie de me tourner vers une histoire plus "virile", un truc qui fleure bon l'aventure historique, avec des espions, des femmes fatales à double tranchant, des pistolets qui font "bang-bang" en ratant de peu le héros, un peu super héros mais pas trop, au cœur tendre, mais un héros "qui en a", quoi. Et dans la quatrième de couverture de ce titre, ben on m'annonçait tout cela.

Sauf que le point de départ, c'est justement que le héros a un gros problème avec son zizi, ce qui est un problème pour un super héros au cœur tendre qui devrait "en avoir". En réalité, il n'est pas du tout super héros. Lysander Grief est un jeune acteur prometteur de la scène intellectuelle londonienne, il va épouser l'actrice et femme, qui lui convient, Blanche, la belle Blanche, la aussi prometteuse Blanche. Sauf que, comme il a ce problème au zizi qui le tourmente et qu'il se trouve qu'il se rend bien compte que la belle actrice est beaucoup débutante que lui sur le théâtre des sens, il craint que les scènes chaudes du mariage ne fassent un four, en somme ...

Ce pourquoi, il a ramassé ses économies et son courage pour se soigner, dans cette Vienne fin de siècle, auprès d'un éminent psychiatre, en cette veille de première guerre mondiale, dont il se chaut comme de sa première capote, vu que ...

Il attend donc son tour dans ce cabinet du docteur Bensimon, en en menant pas trop large quand même. Un client sort, une cliente rentre, et voilà le sort de notre héros tissé entre les liens d'une délicieuse artiste un peu décadente, mais d'une décadence " so charming" ... et le futur homme de l'ombre. Son anorgasmie diagnostiquée par le bon docteur ( elle s'avèrera d'ailleurs rapidement peu prononcée ...), le séjour de Lystander nous offre une réjouissante promenade dans le tourbillon de la Vienne artistique et cocaïnée, on y croise même Freud (mais pas Klimt). C'est bien enlevé et chaud en couleur (N'oublions pas que notre héros est venu pour guérir, et aussi, un peu se cultiver, mais nous restons dans le bon aloi, n'en déplaise à Jérôme...)

L'écheveau de l'intrigue se noue là, et tout ce qui s'en suivra n'en seront que les fils. Ce qui fait que de l'intrigue, je ne peux rien dire, sinon qu'elle rebondit sans cesse autour des trois premiers pions (Lysander, la belle artiste et l'homme de l'ombre), pour ne pas déflorer le sel des chausse-trappes à frou-frou qui attrapent et manipule le finalement rusé et matois Lysander. ( se méfier des veuves de bon aloi quand même)

Malgré quelques ralentissements dans le rythme, un roman "romanesque" à souhait, et qui "en a" bien l'air.

Merci J.P., un de mes complices de lecture de cet été, chaud aussi mais moins fin de siècle ...

 

22/11/2014

Noces de neige Gaëlle Josse

noces de neige,gaëlle josse,romans,romans français,lectures doudousUn jour, avec ma copine C. de Jardin buissonier, on s'est égarée dans les rayons d'une enseigne, qui, jadis, vendait des livres. j'étais en mission, je cherchais "Lady oracle". Il n'y avait pas la lady recherchée, mais, on  a beau boycotté depuis des mois, l'enseigne, qui avant, vendait des livres, il en reste quand même un peu. Ce qui fait que, de conseils en conseils, comme je cherchais des livres qui faisaient rire, je suis ressortie avec une petite pile quand même, dont je ne suis pas certaine, certaine, qu'ils fassent tous rire. Voici le premier de la petite pile, parce que C. adore Gaëlle Josse, et que moi, j'ai adoré "Les heures silencieuses"

Pour faire rire, soyons claire, c'est loupé. Sourire, un peu, à la fin, soit, mais c'est un sourire de rattrapage.
Deux histoires de femmes, de jeunes femmes se croisent, à tellement d'années d'intervalle que les deux héroïnes ne risquent pas de se retrouver dans le même wagon. Les deux histoires se confinent, pour l'essentiel, dans le temps d'un trajet inversé, Nice-Moscou pour la première, Moscou-Nice pour la seconde. Deux femmes, deux trains, deux trajets, un autre pont commun, le cheminement que l'on peut y faire, vers l'amour, ou la haine, dans des destinations aussi fébriles que immobiles et imprévues.

Anna est laide. Jeune aristocrate russe délaissée par sa mère, mondaine chic et charme qui s'épanouit au soleil des fêtes de la côte d'azur, elle, elle ne rêve que du retour au domaine familial. Ce n'est que là qu'elle connait quelques moments de légèreté, sur le dos des chevaux, en des cavacades viriles, qui parfois lui permettent d'attirer un moment les regards des jeunes beaux officiers amis de son grand frère. Parmi eux, Dimitri, qui, un jour, lui a fait un compliment. Alors Anna en est certaine, Dimitri sera à elle. Elle est laide, mais elle est riche. Dans le balancement du train et de son ennui, Anna se berce de son souvenir de lui et son espoir. Dans le roulis, d'autres surgissent, flottent, un puzzle de non-dits se révèlent sous la force d'une douche glacée de l'âme.

Irina, 2002, quitte Moscou pour aller, via un site de rencontres, vers l'aventure de l'amour avec un inconnu. Enzo lui convient, partir aussi, ne pas rester coincée, ne pas regretter. Elle n'est pas sans peurs, elle est raisonnable, raisonnée. Derrière elle, il n'y a pas grand chose, juste un amour fracassé par le retour de la guerre, d'une guerre sans nom, de celui qu'elle aurait pu aimer, Mickaël, perdu dans la rancœur. Son voyage à elle est plus court que celui d'Anna, trois jours et deux nuits. Trois jours et deux nuits à attendre avant le quai, le vide. Trois jours et deux nuits où l'âme, vacante, peut voir s'ouvrir un autre possible.

J'ai beaucoup apprécié de me laisser bercer dans ce roulis chaud et fluide, dans l'écriture fine de ces petits riens de l'âme, immobile dans le temps de l'espoir, dans ces deux temps de deux voyages en train, qui, paradoxalement, ne suivent pas les rails prévus.

18/11/2014

Cats Kang Hyun-Jun

Ce manga ( qui se lit à l'endroit, ce que je n'avais pas compris tout de suite ...) est la preuve incontestable que l'âme des chats est universelle ( ce dont j'étais déjà persuadée, du fait que mes chats successifs, mon chat actuel, et ceux que je peux observer par ailleurs, prennent ce postulat au pied de la lettre, comme les humains, d'ailleurs, sauf que pour les chats, c'est vrai) et aussi que le japonais (l'homme) est étrange (pour moi, mais ça aussi, je le savais déjà aussi vu mes échecs successifs et redondants face à la littérature nippone).

De courtes historiettes mettent en scène des aphorismes : "le chat ne voit pas l'homme qui balaie, mais seulement le balai" est par exemple indéniable (ça marche aussi avec la serpillière et la fragola, je sais de quoi je parle ...) , de même que "Le chat peut dormir comme un homme alors que l'homme ne peut pas dormir comme un chat", illustre, entre autres la supériorité évidente de l'animal pour qui se rouler en boule la patte derrière la tête n'engendre aucune courbature. ou encore, une autre évidence qui m'a fait vraiment rire "le chat pense qu'il est humain" ce qui conduit "l'homme à oublier qu'il est un chat", légitime que l'on se retrouve à expliquer à une bestiole faussement candide que vous commencez à en avoir franchement assez qu'il salisse les draps de ses pattes sales ( dans le manga), qu'il confonde le sèche linge avec un hamac (chez moi). Le chat japonais, comme tout chat normal fait les choses essentielles dans le même ordre, il dort, se lave, mange, dort, se lave, mange ... C'est rassurant et plutôt drôle.

Là où j'ai ouvert des yeux étonnés, c'est sur le propriétaire de chat japonais qui nourrit son chat avec une pêche à la ligne ou s'en sert comme moyen d'obtenir un baiser indirect de sa petite amie, les allusions scatologiques, l'immaculé carrelage des W.C qui semble servir de litière au félin ... C'est parfois un peu étrange, mais l'humour passe et l'on passe un moment d'identification plutôt amusant. 

Un manga qui m'a été offert par ManU (ben, je ne fais pas des SP¤ mais ceci est une SB¤). Merci beaucoup ! 

¤ Service de presse

¤Service de blogs

15/11/2014

Le livre d'un été Tove Janson

Comme ce qui pourrait être une ritournelle ou un manège magique : une petite fille, un papa, une grand-mère, une île dans le golfe de Finlande, une île dans un archipel d'îles, plates et grises et fleuries de petites fleurs éphémères, et en fait, pas un été, mais des étés, des myriades d'étés qui n'en font qu'un, l'été, l'été pur par excellence celui de l'enfance, un concentré d'été à lui tout seul, un moment arrêté et juste, juste par fait car ponctué de ces imperfections subtiles qui suspendent le temps.

Dans ce temps de l'été, petite fille, grand-mère, et papa à la pipe vient en quasi autarcie sur leur île, il ne s'y passe presque rien. la petite fille et le grand-mère s'aventurent dans une cueillette, une excursion en barque, une baignade. elles causent, et jouent, des jeux de rien : d'une boite d'allumettes, elles construisent Venise, d'une grosse vague, la grand mère sauve le palais de doges des eaux. Des dialogues, qui l'air de rien non plus chamboulent l'endroit des âges et font grandir.

Le livre est construit sur ces minuscules saynètes, des anecdotes dans le temps qui passe doucement, jusqu'au prochain été parfait et pareil au autres où l'on rangera dans la véranda les pots, dans la chambre d'amis, les cannes et les hameçons, et autres objets éparpillés,  et où seront laissées aux éventuels naufragés les consignes pour ouvrir la trappe de la cheminée. il y a les pétards mouillés des feux de la Saint Jean, la visite d'un voisin, un vieux bonhomme qui fuit sa famille, le jour de la grande tempête où Sophie (la petite fille)  s'est prise pour dieu par ennui et l'a bien regretté ensuite, les commandes du père sur les magasines de vente de fleurs par correspondance, des tulipes pour fleurir l'île, une véritable entreprise que la sécheresse manqua de faire capoter et qui seront sauvées avant le naufrage de la grande saucisse orange en plastique ...

Sophie s'ennuie parfois dans ce temps qui s'étire, colère, injuste, veut grandir, ne pas être là dans ce temps qui ne s'écoule pas alors que d'autres passent faire la fête sur la plage  ... La grand-mère regarde et tire de quelques mensonges consolateurs une leçon pour petite fille, apaise les peines d'amour : pourquoi son chat préféré ne l'aime pas ? Pourquoi plus on aime plus on souffre ? D'autres peines s'annoncent, en attendant elle protège, en fumant en cachette sa deuxième cigarette de la matinée, pose sa canne pour un bain de mer, arrose la pâquerette sauvage d'eau douce avant que la pluie ne tombe, au cas où ...

Un roman de pleine mer qui a la saveur, si douce des eaux calmes et tendres ... Merci à toutes celles qui m'ont tentée !

Une des tentatrices : luocine mais grace à elle j'en ai retrouvé une autre Hélène

14/11/2014

Tag positif saison deux (3)

Comme annoncé, dans le (1) je vais quand même tricher un peu et faire dans le facile ... 

Je n'ai pas terminé "La confrérie des moines volants", mais je n'ai pas de torticolis de la voûte plantaire. D'ailleurs, j'ai arrêté la lecture sur pieds alternés, le plaid étant plus haut que le tapis, ce n'était pas très avantageux comme pose ... "Tu fais quoi, là ?"- "Je lis" - Silence - "Ah".

Le jasmin dans son pot doré n'est pas (encore) mort. (et je triche encore, parce que je ne suis pas allée le voir, j'ai horreur des agonies lentes, et comme il a plu, je suis certaine qu'il s'est encore noyé, je préfère donc ne rien savoir et pot-sitiver !)

Hier, avec fifille, on est arrivé trop tôt à la bibliothèque, on a fait un détour par le parc, pour passer le temps. On a regardé avec fifille la couleur des arbres rouges et dorés. Le ciel derrière était gris noir, le soleil jouait pianissimo dans les branches. On a ramassé des feuilles pour son herbier. On a vu un buisson de roses à moitié fanées et toutes penchées bancales, pas belles, sauf qu'elles sentaient bon. On en a cueilli une.

13/11/2014

Tag positif saison deux (2)

Hier matin, j'ai levé les yeux, en marchant vers mon doux lieu de travail, et, j'ai regardé le ciel. Il était repeint en technicolor orange comme à la fin de la première partie d'"Autant en emporte le vent" ( vous savez, le moment où Scarlett retrouve la terre noire de Tara et que les violons fusent, trop beau ..), mais avec des nuages tout petits et blancs sur le dessus. On aurait dit des oeufs à la neige qui surnageant dans de la crème pâtissière fluo. Génial.

En fin d'après midi, j'ai, enfin, retrouvé la trace de mon exemplaire de "Notre-dame-du-Nil". La piste semble solide, je pense avoir trouvé le vrai ravisseur ... ce qui fait que je ne vais plus avoir au fond de l'oeil cette lueur torve qui me faisait douter, malgré ses dénégations répétées, de la qualité de la mémoire d'une d'une de mes bien-aimée collègue grande lectrice, qui était donc innocence du rapt prolongé (J'aime bien prêter mes bouquins, hein, sauf que la plupart du temps, j'oublie à qui). Toujours pas de nouvelles d'ailleurs de "Jésus et Tito", ni de "Là-haut vers le nord". Je dépose ici, un ci-git de recherche désespéré.

Le soir, j'ai mis un pied dans le plaid de lecture (il est tout doux), et l'autre sur le tapis super beau et super top (tellement super beau que je ne m'en suis pas encore remise ...) que je me suis offert dans un moment de folie consumériste (il est tout rêche), et j'ai commencé "La confrérie des moines volants" d'Arditi. Je ne sais pas du tout pourquoi, ce livre me paraissait nécessiter une dualité de sensations tactiles ( si cela se trouve, je me goure complet et je vais me taper un super torticolis de la voûte plantaire)

 

12/11/2014

Tag positif ( saison deux)

Fausse Athalie : Tu devrais moins faire ta maligne sur ton blog, ma pauvre fille....

Vraie Athalie : je ne fais pas ma maligne, j'enjolive, je trie, je me dédouble, je me prends pour Galéa, quand je procrastine grave, je me marre aux commentaires du bison chez ManU, je traîne ... je tague ...

Fausse Athalie : T'aime pas ça

Vraie Athalie : Ben si dès fois, la preuve.

fausse Athalie : T'as Une comète et Philisine qui se marrent, là ... Elles t'ont coincée les belles. T'es cap de trouver trois trucs sympas dans les trois derniers jours ?

Vraie Athalie : oui, mais je vais condenser, sans tricher quand même, hier pouvant être un autre jour ... ( et demain aussi comme le disait ma vénérée Scarlett).On peut même sauter un jour, il y en a qui l'ont fait ...

Aujourd'hui, j'ai fait une couette à fifille, une seule parce qu'elle a les cheveux plus courts d'un côté que je l'autre. Je jure que je n'y suis pour rien, et elle non plus. C'est juste que l'on a une coiffeuse qui est super top en coupes asymétriques et que cela va super bien à fifille. La couette unique aussi, sauf qu'on eu du mal à faire tenir avec ( dessus ?) le super gros élastique avec des super grosses fleurs super top qu'on avait acheté exprès. Pas grave, on était super contentes. L'élastique est parti vivre sa vie après.

J'ai planté des tulipes dans le jardin. Deux sacs de dix achetés depuis un mois. Je n'adore pas les tulipes comme fleurs (mais les capucines, si et moi aussi je les présente sur une salade clin d'oeil pour Philisinne...), mais ce n'est pas une raison pour les laisser dans les sacs. Elles sont censées pousser et être bicolores. On verra.

Je pense avoir sauvé de la noyade le pot de jasmin , jasmin minuscule à trois branches, et sans feuille qui survit de la sécheresse ( et de mon absence de cet été) sous forme de squelette rachitique. Je n'ai pas percé un trou dans un trou dans le pot doré super top dans lequel je l'avais planté (trop d'efforts,  il faudrait que je retrouve la perceuse, que je vide le pot, que j'en trouve un autre temporaire pour poser le squelette ...). J'ai donc juste vidé l'eau du pot, et je l'ai planqué derrière le mur, à l'ombre. Si ce jasmin survit, je m'offre une autre série de super pots dorés. Avec des trucs dedans qui magnifie le doré.

 

09/11/2014

Congo Eric Vuillard

Un titre jamais vu nul part, un auteur jamais lu, un bandeau rouge "Acte sud fait sa rentrée", vu que l'autre, la grande, la vraie me laisse sans curiosité aucune, je me suis laissée tenter par ce court texte, un récit est-il annoncé, parce que cette histoire-là du Congo colonial m’intéresse et que je culpabilise à mort (ou presque) de laisser poireauter, le parait-il excellentissime "Congo, une histoire" de David Van Reybrouck sur mes étagères depuis au moins deux ans et demi ... Mais celui-ci, il est petit ... Petit mais fichtrement bien écrit, avec pleins de mots riches et lourds qui sonnent comme des pavés dans la mare du libre échange du temps où il voilait encore sa face noire en des remugles diplomatiques. 

 La table est mise en ce 15 novembre 1884 au palais Radziwill, à Berlin pour que s'y assoient les puissances européennes colonialistes. Le monde est déjà bien partagé mais il en restait des bouts vierges en Afrique. C'est une grosse part qu'en veut Léopold II, roi des Belges, une grosse part de fleuves, de lianes et d'arbres à caoutchouc. Il veut un pays pour en être le pharaon et comme ce pays n'existe pas, les diplomates vont l'inventer, pour lui, et que tout le monde soit content de la part déjà attribuée et que les parts des uns commercent "librement" avec les parts des autres. 

L'auteur ne retrace pas chronologiquement cette affaire mégalomaniaque de gros sous, mais il croque d'une plume acérée quelques portraits des grands manitous : les diplomates, dont le français, Chodron de Courcel, aux sourires plantés de longues dents efficaces, les conseillers aux affaires, dont les les Goffinet, sorte de résurgences à plastrons, ventres et moustaches des monstres préhistoriques herbivores à larges mâchoires. Tous contribuent à la dévoration du pays "qui n'existait pas", un pays fantôme, construit pour être spolié par la machine de la diplomatie économique.

Ces grands décideurs vont lâcher la meute des exécutants ordinaires des basses œuvres sur le terrain. Charles Lemaire, chargé de défricher et de trouver assez d'hommes pour mettre les machines en route, brûler les villages lui semblera le moyen le plus efficace. Puis, Fievez, un homme qui aurait été le modèle du personnage de Kurtz dans le roman de Conrad, dont l'auteur dit qu'il était "un de ces meurtriers qu'on utilise, un de ces enfants fous employés dans la grande machine". Lui, il instaurera la loi des mains coupées en son "royaume de lianes". On les lui rapportera par paniers entiers.

L'intérêt de ce récit n'est pas vraiment historique, on n'y apprend finalement peu de faits nouveaux, les atrocités commises sont une terrible toile de fond, l'auteur s'attarde plutôt sur l'interrogation autour de ces quelques hommes, "les géographes en habits", les exécuteurs des basses besognes, aux motivations mercantiles et égocentriques. Pointe surtout la voix de la culpabilité et une dernière page de toute beauté où sonne la révolte humaniste.

05/11/2014

Lady oracle Margaret Atwood

Joan est écrivaine, héroïne et écrivaine d'héroïnes, Joan est en fuite, planquée sous des serviettes de toilette au-dessus d'un champ d’artichauts italiens, avec des lunettes noires sur un balcon miteux, et la chaise en plastique qui la retient ne va pas tarder à se casser la figure. Joan est là de son plein gré, ou presque, parce que son plein gré, elle ne sait pas trop où elle l'a planqué. En bref, Joan est censée être morte, noyée dans un lac, au Canada.

Que fiche sur ce balcon bancal, cette belle femme à la rousse chevelure flamboyante digne d'un roman gothico-victorien dans l' attitude éplorée d'une biche aux abois ? Ben voilà l'histoire d'une boule de mite qui se rêvait papillon-danseuse étoile ... l'histoire d'une fuite dans des fuites, des fuites d'identité qui prennent l'eau de toutes part, l'eau de rose, avec des piquants, beaucoup de piquants, des histoires de labyrinthe qui dévorent les petites filles avec les longues dents des rêves ....

Première étape du long retour arrière qui donnera (peut-être) la solution ... Le rêve de la maman de Joan était de tenir dans sa main de fer une petite fille selon son image : féminine, mince, surtout mince. Joan est ronde malgré elle, puis, elle deviendra obèse pour résister à la dictature du rêve de la mère. La mère est une figure obsédante, une harpie de l'apparence, celle qu'elle voudrait pour sa fille devrait se conformer à celle qu'elle crée dans les salons successifs, au fur et à mesure de l' ascension sociale de son mari ( un absent en pantoufles marron). Les salons, elle les aime avec des housses en plastique sur les chaises. On suppose qu'elle rêverait d'en mettre un à sa fille ... 

Par désamour, Joan se laisse déborder par les bourrelets, les larmes, les sales petites jeannettes qui lui jouent des sales tours de petites filles minces. Elle se love dans son poids comme dans une carapace, toujours poursuivie par son rêve de danser en tutu à paillettes. En réalité, ce n'est pas l'obésité le problème, mais le tutu ...

En réalité, ce n'est pas un livre triste et grave, c'est un roman drôlement échevelée, comme l'héroïne, qui devenue papillon, ne sait pas quel papillon elle est et donc change de rôles, poursuivie par le fantôme de la grosse femme en tutu et le corps astral de sa mère. C'est une héroïne en papier émeri qui se déguise comme elle imagine les hommes, il y a les plats, les vrais, un surtout, dont elle fera son mari, et les faux, ceux de papier qu'elle invente dans les romans à l'eau de rose qu'elle écrit. En mélangeant, là encore, un peu les deux ... comme elle se mélange avec les Charlottes de ses romans sentimentaux, belles, pauvres, vertueuses et pâles que traquent les  lords concupiscent mais subjugués par la beauté pure qui se refuse à lui.

Dans ses romans, Jane arrive à vivre, c'est dans la vraie vie qu'elle a du mal .... C'est ce qui explique le balcon, les serviettes de toilette et le champ d'artichauts....

Si vous avez un peu de mal à vous y retrouver, dans ma note, je veux dire, Margaret Atwood n'y est pour rien, son roman à elle n'est pas échevelé, mais drôle, très pince-sans rire, il m'a presque donné envie de me plonger dans un "Harlequin" (mais écrit par Margaret Atwood). Et puis, je compte sur Ingannmic pour être plus claire que moi.... Encore merci à elle, pour cette lecture commune et pour la découverte de cette auteur avec La servante écarlate.

02/11/2014

La princesse des glaces Camilla Läckberg

La liseuse a failli m'en tomber des mains. Vous saviez, vous, qu'il existait un modèle de soutien gorge avec gel incorporé dans les balconnets et qui, du coup, garantit un balancement élégant et naturel des seins placés dans les coussinets ? Moi non.  Je me demande comment une information aussi essentielle a pu échapper si longtemps à ma curiosité naturelle ... Pour la marque, je n'en sais rien pour l'instant, la porteuse de cette petite merveille, Erica, personnage principal et enquêtrice, en a gardé le secret, la sale égoïste ... et pour votre sagacité émoussée, ben non, je n'ai pas la page où elle l'enfile ( ni le pourcentage), je ne sais pas encore cocher les pages sur la liseuse de fiston.

Il n'y a pas que cette information ( primordiale pourtant) dans ce polar, mais rien que celle-ci valait bien une note, mes investigations suivront ... Mis à part cette histoire de soutien gorge, qui, vous l'aurez compris, a retenu toute mon attention, elle est pas mal ficelée l'autre histoire, la principale, l'enquête, puisque ce n'est pas un catalogue de vente par correspondance, mais un polar. 

La coquette Erica, celle qui enfile le fameux soutien gorge, est écrivaine de biographies romancées de romancières. Célibataire et charmante, serviable et un petit peu fouille partout sans le faire vraiment exprès, elle vient de perdre ses parents, et le temps du deuil, s'est réfugiée dans la maison de son enfance, douillettement placée dans un petit village côtier de l'ouest de la Suède, Fjällbacka, dont elle connait la communauté depuis toujours, et pour cause. Alexandra, une ex-amie d'enfance d'Erica est retrouvée dans sa maison d'enfance à elle, mais moins douillettement lovée puisque congelée dans l'eau de sa baignoire avec les poignets tranchés. Meurtre maquillé en suicide ? Mais oui, bien sûr ....  Erica va alors soulever les secrets, les lourds secrets, comme autant de petits dominos bien sagement alignés dans l'intrigue. Ils se succèdent dans un dévoilement un peu attendu, mais paradoxalement, plutôt reposant. Alexandra (la morte) était une princesse de son vivant (l'histoire ne dit pas si elle aussi portait un soutien gorge à gel, mais, à mon avis, c'est le genre de nana à ne même pas en avoir besoin). Cependant à l'adolescence, elle s'est murée dans une indifférence glaçante à l'amour d'autrui et a subitement disparu de l'horizon d'Erica, qui n'a jamais compris pourquoi, et en garde une certaine blessure. Belle, aimée, riche, Alex adulte tient une galerie d'art où elle expose des tableaux de la bête (un peintre talentueux et un ivrogne crasseux en même temps). Le fil conducteur est donc le meurtre de la belle et la découverte des lourds secrets, cependant, moi, j'ai bien aimé aussi les intrigues et personnages secondaires ( le fameux soutien gorge, quoique discret, y joue d'ailleurs un rôle décisif) : le tout mignon et tout pelucheux ( de "peluche") Patrick, le commissaire incompétent à la chevelure instable, le méchant Lucas et la pauvre Anna (la soeur d'Erica qui a bien des malheurs, et pas de soutien gorge à gel) et surtout, surtout, le vieux Eilert Berg et son évasion programmée de la tyrannie domestique de son affreuse bobonne ( celle là, c'est sûr, même le miraculeux soutien gorge ne peux rien pour elle)

Il s'agit du premier tome d'une série de cinq avec la même enquêtrice et dans le même cadre peinard. Le souci de ce type de série ( comme celle sur l'île de Lewis de Peter May) qui se terre en de minuscules communautés, est de trouver les crimes et les secrets suffisamment nourrissants et sans redondance. Ce qui fait que plutôt que de lire la suite, je me suis mise de côté de la même auteure "Cyanure", qui se déroulerait hors de cette bulle.