Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/01/2015

Comment les fourmis m'ont sauvé la vie Lucia Nevaï

comment les fourmis m'ont sauvé la vie,lucia nevaï,romans,romans américains,pépitesLes fourmis, au départ de cette histoire, ont des rôles fort secondaires ... C'est Crâne qui prend la parole. Foetus juste expulsé en ce monde, elle découvre son frère Little Duck, sa soeur, Jima, et vaguement l'odeur de sa mère, qui en tentant de s'en débarrasser avant de l'expulser, l'a, en plus, quelque peu déformée . En fait, Crâne a un peu trop de parents, sans en avoir aucun. Ils sont au nombre de trois, deux femmes et un homme, mais l'homme n'est pas son père, et pour son frère et sa soeur, c'est un peu pareil mais pas dans le même ordre ...

Tous les six vivent dans un cabane squattée, au milieu des champs de l'Iowa. Tit, une des mères, vit sa vie de vendeuse à la cuisse légère et fourgue des produits miracles macrobiotiques jusque dans la bouche des enfants. Ces pilules sont d'ailleurs  à peu près leur seule nourriture. Flat, l'autre mère, ne quitte pas son piano où elle tape les mélodies de cantiques hallucinés à la gloire du dieu de l'Apocalypse. Les enfants accomplissent en choeur cet autre pendant de l'amour maternel, bien obligés ... Et, pendant ce temps-là, le père, Big Duck, un ancien prédicateur déchu pour polygamie, tire le diable par la queue dans les salles de billard de la ville où les enfants n'ont jamais mis les pieds.

C'est dire si Crâne est mal barrée ... A moitié aveugle, considérée comme attardée, seule la chaleur crasseuse de la robe jaune de sa sœur l'a accueillie en ce monde. Les trois enfants grandissent, livrés à eux mêmes, le corps affamé, sans savoir ni lire, ni écrire. Ils survivent entre eux, se dorlotent d'un rien, se protègent d'un regard. Comme il n'y a personne autour d'eux, ils évitent même la compassion ... Leurs journées passent, dans la contemplation des champs de maïs voisins, dont ils connaissent toutes les saisons et les travaux, et dans l'attente du passage du train de 21.49, le recrachage des cantiques et l'avalage des miracles macriobiotiques.

Jusqu'au jour où, un drôle de personnage va attérir dans leur paysage immobile, transformant la carrière voisine en un lac artificiel pour pêcheurs. A défaut de baguette magique, cette ouverture vers la normalité va quand même constituer une certaine forme de porte de sortie pour les enfants, et Crâne trouvera une route cabossée à suivre. Poursuivie par la nostalgie de sa misère crasseuse, elle tentera de devenir princesse, sans grand soutien du prince charmant, il faut bien le reconnaître.

Un texte drôle, enfin, qui fait sourire au lieu de faire pleurer, comme il se devrait, vu le sujet, une spéciale dédicace aux fourmis qui sont drôlement bien en fées redresseuses de sorts tordus.

Et un grand merci à ma copine A. M. qui m'a fait découvrir cette petite pépite.

Commentaires

Ravie que ce romain t'ait plu ! La vie de Crâne m'a rappelé un autre roman... mais je n'arrive toujours pas à me souvenir lequel.

J'ai une autre perle à te proposer : "Le ravissement des innocents", de Tayie Selasi que m'a conseillé la même libraire qui m'avait recommandé "La belle écriture".

A très bientôt

Ta dealeuse A. M.

Écrit par : Anne M. | 18/01/2015

Ma dealeuse préférée, bonsoir (l'autre est un peu en berne ... quoique ...) Oui, je l'ai vraiment aimé ce texte, comme tu me l'avais dit, vite lu, deux heures à peine, sous le plaid, pas question de la lâcher la Crâne. Tu as d'excellentes libraires, ma grande, continue comme cela, ça m'arrange !
"La belle écriture", un régal aussi, un auteur à suivre. Tu as vu qu'un nouveau titre est sorti ?
Quant à l'autre roman, je ne vois pas ... Peut-être Pollock ? Mais je ne crois que tu l'ais lu. Et puis Pollock, ce n'est pas drôle, du tout.
J'attends ta prochaine perle avec intérêt, tu penses bien. Et ma prochaine te dois tout aussi !

Écrit par : Athalie | 19/01/2015

une incursion dans l'Amérique très profonde apparemment

Écrit par : Dominique | 19/01/2015

Oui une Amérique profonde, avec ses dérives, les robes de bal de promo et tout. Un certain folklore, peut-être, mais qui passe bien. Tu pourrais aimer, je crois.

Écrit par : Athalie | 19/01/2015

Tout, tout, tout pour me plaire. Il est sorti en poche en plus. Allez, zou, commandé ;)

Écrit par : jerome | 19/01/2015

Tu as la commande efficace. Et juste. Elle devrait te plaire cette histoire de Crâne, un arrière goût de Pollock ... En plus soft quand même.

Écrit par : Athalie | 19/01/2015

j'ai toujours un peu peur de l'Amérique profonde et attardée , cela me semble glauque à souhaits en quoi est ce drôle?

Écrit par : luocine | 19/01/2015

Ben oui, tu mets le doigt sur ce que je n'ai pas su expliquer.... C'est le ton qui rend l'histoire drôle (enfin, avec des bémols quand même ..) Crâne raconte une histoire pas drôle du tout mais avec détachement, et en même temps, complexité. Tu vois, la misère, elle la voit, elle l'a dit, et en même temps, elle passe dessus, pas de trémolos. Le rythme des saisons des travaux des champs de maïs, par exemple, prend le pas sur le désamour des mères. Et puis, il y a la suite du parcours cabossé, que je n'ai pas raconté. Un texte court mais j'aurais pu en écrire des pages ...

Écrit par : Athalie | 19/01/2015

Hummm, d'après ta réponse, je crois savoir qui fera l'objet de ta prochaine note : j'ai hâte !
Et je reviens sur mon impression de "déjà-vu". Crâne ne t'a pas rappelée une autre héroïne ?
Côté "lecture sous le plaid", j'ai dévoré le 2e Craig Johnson dans ma petite clède cévennole !

Écrit par : Anne M. | 19/01/2015

Pour la prochaine note, je pense que tu as juste !!! "qui" est la bonne question ?!
L'impression de déjà-lu pour Crâne, je ne vois pas, j'ai beau chercher ... Pas "la veuve noire" ? Quoique, pour le côté détermination, elles se ressemblent, mais on n'est pas du tout dans le même ton ...
Et le troisième Craig t'attend au chaud chez moi ( une légère baisse de régime, mais ça repart au quatrième, le cinquième, je ne sais pas encore, mais ça ne saurait tarder)
Bises chez toi

Écrit par : Athalie | 20/01/2015

Rien compris au billet, mais pas grave, ça a l'air bien, dis donc!
(ah oui tu aimes Craig? ^_^)

Écrit par : keisha | 22/01/2015

Ben mince, si tu n'as rien compris, c'est que j'ai tout écrit de travers ! je recommence, en gros, c'est l'histoire de Crane, née dans une famille de ploucs, fanatiques, décalés, dans une cabane sordide, qui est prise pour déficiente mentale (ce qu'elle n'est pas du tout, mais elle elle aura quand même des séquelles, plus tard, quand elle tentera de s'en sortir). Elle a un super don, elle fait des lettres avec son caca, ce qui ne lui servira pas à grand chose pour gravir les échelons sociaux. Elle est drôle, super attachante, super névrosée. Et le bouquin est drôlement bien !
PS : qui n'aimerait pas Craig ? Un coeur de pierre ?

Écrit par : Athalie | 22/01/2015

Les commentaires sont fermés.