Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/02/2015

Les poissons ne ferment pas les yeux Erri De Luca

les poissons ne ferment pas les yeux,romans,romans italieUn garçon de dix ans passe un été sur une île italienne. Autrement, il habite Naples, ses bruits, ses mouvements, qui parfois lui font monter les larmes aux yeux.  Sur l'île, tout est différent, à sa mesure, un peu décalée, de petit garçon qui aime la lecture et la pêche, ou même, seulement, regarder les pêcheurs et les poissons ramenés dans les filets, sur la plage. Dès fois, la nuit, il part avec l'un d'entre eux, un vieux, voir les lumières des étoiles.

Ce narrateur nous plonge dans le temps suspendu qui est celui de son île, dont on devine la familiarité, le temps des baignades et des rébus qu'il solutionne, assis près de sa mère, sur le sable. C'est l'île de ses vacances, sauf que cet été-là, il a dix ans. Sa sœur est chez des amis, le père est absent, lui aussi ; rêveur d'Amérique, il y est parti en reconnaissance, pour peut-être y établir la famille. De temps à autre, ses lettres ponctuent le rythme quasi immuable du fils et de la mère, les horaires de la plage, la lecture du roman d'aventure.

Dix ans et l'envie de grandir, sans le mode d'emploi de son corps, ni celui du verbe "aimer" ... une petite fille plus tard, le jeune garçon, un peu lunaire, un peu solaire, va se heurter aux poings jaloux de d'autres de son âge, pour qui le verbe "aimer" a plutôt le goût de la jalousie que celui des sucettes glacées léchées sur les marches en bois, à deux, au rythme des conversations animalières de la belle. La belle qui rétablira une sorte de justice, à sa juste mesure ...

Erri De lucca ne nous donne pas le parfum des sucettes, ni le nom du petit garçon, ne même celui de la petite fille dont le narrateur dit ne pas se souvenir. Mais ce n'est pas ce qui m'a gêné (quoique, pour écrire une note en évitant les répétitions, c'est plus pratique ...). Le texte est très beau, tout en nuances retenues et vaguelettes de l'âme enfantine et de l'enfance de l'amour.

Sauf que, le narrateur adulte s'en mêle sans cesse, avec la distance du vieux monsieur solitaire qu'il est devenu (un peu aigri et pontifiant, pour moi, hein, parce que je n'aime pas que l'on me dise comment lire les personnages), il m'a quelque gâché le récit ("Tiens, le revoilà, celui-là" ...). L'adulte met la tête sous l'eau à l'enfant qu'il était, il lui enlève ses ailes. Et, j''avoue, j'aurais préféré qu'il nous laisse en tête à tête avec ses dix ans, entre sable et soleil et son drame d'amour taillé à sa juste mesure à lui aussi.

Comme j'avais déjà eu un souci similaire avec du même auteur, "Le tort du soldat", je commence à me demander si Erri De Luca me cause vraiment, finalement, à moi ...

 

Commentaires

je crois que je l'ai lu mais il ne m'a pas marquée..

Écrit par : claraclara | 02/02/2015

Quand on croit avoir lu, mais que l'on ne se souvient plus, en général, ce n'est pas très bon signe ... C'est pourtant un auteur dit "majeur" que je me culpabilisais de ne pas avoir lu !

Écrit par : Athalie | 02/02/2015

Il ne fait pas partie de mes préférés de l'auteur...

Écrit par : Hélène | 02/02/2015

C'est lequel ton préféré ? Parce que je vais tenter un troisième essai, histoire de ne pas rester sur une demi teinte : c'est super bien écrit, c'est super beau et sensible, et je reste en dehors ... Comprends pas !

Écrit par : Athalie | 02/02/2015

Un auteur que je prévois toujours d'essayer de lire ou relire... puisque j'ai fait une ou deux tentatives peu concluantes. Moi non plus, je ne sais pas s'il est pour moi..

Écrit par : Kathel | 02/02/2015

C'est bizarre non ? Ces belles plumes à côté desquelles on passe ... dans le genre, je vais tenter un Modiano, bientôt.

Écrit par : Athalie | 02/02/2015

Pffff, je l'adore, moi De Luca... Si tu veux lui donner une toute dernière chance, essaie "Le poids du papillon", c'est mon texte préféré, court, puissant et profond !

Écrit par : jerome | 02/02/2015

ben oui, je vais tenter "Le poids du paillon" ... j'avais repéré que c'était ton texte préféré de cet auteur. Mais si il y a encore le vieux grincheux de narrateur qui me fait la morale, je lui balance une sucette glacée ( à l'anis ...) à la figure et je passe mon tour !

Écrit par : Athalie | 02/02/2015

ouille, ouille, ouille !!!!!! Ta dernière phrase m'interpelle beaucoup parce que je suis restée totalement hermétique au style de l'auteur avec Le poids du papillon. Je vais quand même tentée l'expérience du retour avec un autre titre que Les poissons. Bisous

Écrit par : Philisine Cave | 02/02/2015

flûte : Jérôme et moi nous contredisons ! Bon, ben, t'as plus qu'à le lire pour savoir dans quel camp tu te situes !

Écrit par : Philisine Cave | 02/02/2015

Je vais lire "Le poids du papillon", mais je crois que ce sera sa dernière chance à Erri de Lucca, en tout cas avec moi. Comme je ne recommande pas les seuls deux que j'ai lus, je propose "Trois chevaux" en outsider, il semblerait qu'il soit très bien.

Écrit par : Athalie | 02/02/2015

Je sais que je vais écrire un truc monstrueux mais je crois que cet auteur se regarde écrire et c'est son manque de simplicité qui m'a gênée lors du Papillon. J'ai bien conscience de m'attirer les foudres de ses fans mais c'est mon premier ressenti. Bisous

Écrit par : Philisine Cave | 03/02/2015

T'inquiètes pas, tu n'attireras pas mes foudres en tout cas ! Et tu mets le doigt juste là où cette écriture me dérange, le côté pontifiant, donneur de leçon et de belle écriture. Je pensais à la lecture du "Tort du soldat" que c'était juste pour une fois, mais cela se vérifie sur ce titre-ci ... Si c'est la même chose pour "Le poids du papillon", ce sera vraiment sa dernière chance ( désolée Jérôme)

Écrit par : Athalie | 03/02/2015

Bon, je boude, c'est officiel ! Laisse tomber le poids du papillon, tu en diras la même chose, c'est certain. Je n'aime pas tout de lui, loin s'en faut, il a notamment eu une période très mystique que j'ai détestée. Mais on s'est réconcilié avec le poids du papillon et depuis je le retrouve comme je l'aime. Pour toi ce n'est et ce ne sera jamais le cas je pense, tant pis (mais je doute quand même).

Écrit par : jerome | 05/02/2015

faut pas bouder Jérôme, ça fait des rides aux yeux ... Et je lirai "le poids du paillon" quand même ! Parce que je doute quand même moi aussi. Par contre, pour la période mystique, c'est clair, ce sera sans moi !

Écrit par : Athalie | 08/02/2015

Moi, je n'ai lu que "Trois chevaux".
J'ai beaucoup aimé mais au-delà de l'histoire, c'est son style que j'ai aimé, ses phrases que je prends plaisir à relire plusieurs fois...

Écrit par : manU | 06/02/2015

Le style est superbe, c'est sûr, rien à dire là-dessus. je ne sais pas si dans "Trois chevaux", il nous refait le coup de l'adulte qui sait tout ? Parce c'est cela qui m'a gêné ici. Et seulement cela.

Écrit par : Athalie | 08/02/2015

Les commentaires sont fermés.