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09/07/2015

Le coeur qui tourne, Donald Ryan

le coeur qui tourne,donald ryan,romans,romans irlande,dans le chaos du mondeLes premiers contacts avec ce titre furent rudes. J'ai d'abord retourné le volume pour lire le quatrième, ce que je n'avais pas fait devant le monsieur de chez Albin Michel qui était derrière le stand de cette maison d'édition lors du festival Etonnants Voyageurs et qui me disait le plus grand bien de ce livre en m'en racontant plus ou l'histoire, ce qui fait que je ne l'écoutais pas vraiment. J'avais retenu "Irlande, noir, misère", et c'est tout.

Et là sur le quatrième, je retrouve les mêmes mots, ce qui est déjà pas mal, mais aussi une info qui me fait me dresser les poils des bras "21 narrateurs".... Ce n'est plus un roman choral, c'est une fanfare, ça va faire cacophonie dans ta caboche ma pauvre Athalie, tu vas larsener à fond, soupirs ... et le final du futur casse tête, on m'annonce un roman qui serait à la hauteur de "Tandis que j'agonise", et là, je rends  l'âme avec la tête qui explose d'avance. Faulkner, je peux pas, comprends rien, y'a trop de mots, ça me saoule et me plombe. Malgré tout, je ne fuis pas ma responsabilité d'acheteuse compulsive de bouquins, et je me lance. 

Monsieur de chez Albin Michel, juste un mot, vous aviez raison, il est drôlement bien ce livre. Monsieur de chez Albin Michel qui rédige les quatrième, il faut changer de boulot. Si vous voulez, je le fais à votre place, je ne sais pas si je serais meilleure, mais en tout cas, je laisserais tomber Faulkner, c'est pas vendeur, et c'est faire que le livre veut se la péter intello, ce qui n'est pas juste. Pour corser le quatrième, vous auriez pu ajouter bien d'autres choses, en somme. Par exemple, que sur les 21 narrateurs, il y en a qui est mort ... et tous les autres qui sont plombés. Le héros est plombé, le pays est plombé, l'amour pas mieux et l'horizon pareil. D'ailleurs, y'a pas d'horizon, comme ça, c'est-y pas mieux ?

Quelques autres pistes pour donner envie de lire "Le coeur qui tourne" :

  • Un village dans une Irlande en pleine banqueroute, après le boom économique artificiel qui laisse la panade et la mélasse derrière lui,
  • L'entreprise de BTP qui construisait des logements à tour de bras pour futurs endettés a cessé son activité, le patron vérolé a mis la clef sur la porte et s'est envolé avec la caisse vers d'autres cieux,
  • Les hommes qui construisaient les lotissements se retrouvent devant la porte fermée, sans chômage, et sans futurs emplois vus qu'ils avaient les derniers.
  • Les pères sont de vrais salauds depuis un paquet de temps. Les mères n'y peuvent rien, quand elles tiennent encore debout.
  • Bobby est un super mec, il aime une super femme. Il est super beau, il a l'étoffe d'un super héros, tous l'admire. Sauf qu'il n'en sait rien, il se prend pour un gros nul. Son rêve, c'est de tuer son père. Et on le comprend.
  • Les lotissements sont vides, contrefaits, et quand Bobby tente de sauver quelques espoirs, ben, il n'aurait pas dû.
  • Les pubs sont remplis d'hommes désœuvrés, marqués par l'atavisme local, bornés, queutards et à courte vue, quand le poids de la déveine ne les a pas  rendu tarés, débiles, racistes, violents et profondément désespérés. 

Bobby est le cœur autour duquel tournent les récits de ces 21 narrateurs, le lien entre ces personnages qui, tour à tour, prennent la parole pour raconter un bout de son histoire, ce qu'ils pensent en savoir, parfois, ce que les autres en disent aussi ... Ils posent alors quelques petits bouts de la leur, des bouts racornis et coincés là, dans ce village qui porte la poisse. Des bras cassés, des humiliés, des meurtriers par omission, des impuissants.

Dans une autre langue que celle de l'auteur, cette humanité pourrait n'être que vile et terrible. Mais, au contraire, ce qui est terrible, c'est que tous sont un peu humains, touchant sous les couches de non-dits, des restes d'amours et d'humour ...

Et un beau personnage se profile là, Bobby, un homme à terre qui à une allure de héros de statue de héros grec. Fallait le faire ....

 

Commentaires

Si j'étais Albin Michel (ou autre éditeur, soyons fous) je t'engagerais pour les quatrièmes de couverture...

Écrit par : keisha | 09/07/2015

Il faudrait que l'éditeur accepte que des fois, je lui massacre le bouquin ! Ou que les lecteurs ne comprennent rien ! Et puis, faudrait agrandir le format du bouquin ! ça fait beaucoup .... Je retire ma candidature ... et te remercie du compliment ( car je le prends ainsi)

Écrit par : Athalie | 09/07/2015

Je voulais écrire quasi exactement ce que Keisha a écrit... Alors du coup j'ajoute que chez moi, les 4e de couv' sont des demoiselles (ou des dames), mais va savoir...

Écrit par : Sandrine | 09/07/2015

Tu sais quoi, je l'ai lu et je m'y suis perdu. Enfin, j'ai dû lire 80 pages avant d'abandonner. Une lecture par étapes, morcelée, où à chaque fois que je le reprenais, je ne savais plus qui était qui par rapport à qui. Je m'y suis lancé au pire moment, celui où j'étais le moins disponible pour lui accorder l'attention qu'il mérite et patatras !
Depuis je l'ai donné à une personne qui a adoré. J'espère qu'elle va bien vouloir me le prêter afin de remettre les compteurs à zéro.

Écrit par : jerome | 09/07/2015

"Chez moi" ? Tu es aussi éditrice ? en plus de blogueuse de choc et animatrice de débats ?

Écrit par : Athalie | 09/07/2015

Tu as raison, citer Faulkner, ce n'est pas vendeur, j'ai du mal aussi avec... enfin, j'ai eu du mal quand j'ai essayé, mais ça date de plusieurs décennies ! Alors que là, tu réussis presque à me le vendre, ce roman ! ;-)

Écrit par : Kathel | 10/07/2015

Faulkner et moi, c'est une longue histoire, enfin surtout pour moi, hein ... je me souviens avoir tenter de traduire un extrait (un truc obligé pour mes études) de, justement, " Tandis que j'agonise". Je pensais qu'il était question de lierre qui grimpait sur une pelouse ... en fait, c'était une jeune fille qui sortait d'une voiture ! Même traduit correctement, je ne comprends pas. J'ai arrêté.
Et pour ce roman, non, vraiment, rien à voir avec Faulkner, je te l'assure ! Et une pensée pour l'attaché de presse de la maison d'édition, qui me l'a drôlement bien vendu. Je le sens qui pourrait te plaire.

Écrit par : Athalie | 11/07/2015

après ta vocation pour écrire les titres des livres, en voici une autre celle de rédiger les quatrième de couverture... mais attention on est nombreuses et nombreux à ne jamais les lire alors que les titres on les lit tous et toutes.
Je mets ce livre dans ma liste , tu m'as donné très envie de le lire...
PS quand je suis en vadrouille j'ai souvent du mal à écrire des commentaires , j'ai peur que mon absence sur la blogosphère t'empêche de rédiger tes articles, donc je te le dis continue à écrire j'adore lire tes articles .... tu as vu moi aussi je peux faire la fière : "me la péter" sans faire référence à Faulkner!

Écrit par : luocine | 11/07/2015

Tu veux dire que si je suis embauchée pour rédiger des quatrièmes, je serais moins lue que sur ce petit blog ? Horreur ! Mais pas damnation, tant que tu me lis ça me va ... Bonnes vadrouilles ! sans Faulkner ....

Écrit par : Athalie | 11/07/2015

Tu as raison pour Faulkner... Considérant Tandis que j'agonise comme unique et génialissime, je me serais forcément méfiée d'une 4e de couv' le citant en référence...

Sinon, c'est malin, me voilà en train de noter ce titre alors que ... bref, tu m'as comprise !!

Écrit par : ingannmic | 11/07/2015

" Tandis que j'agonise" pour moi l'anti référence, désolée ! Pris, repris, laissé, relaissé, repris ... Alors que, étrangement "Sanctuaire", j'avais adoré ! pour ce titre, je te comprends, il est bien, voire très bien, mais en poche, quand tu auras refait tes étagères ? Moi, je te dis, on a bien fait pour Mauriac, au moins, on dépoussière.

Écrit par : Athalie | 11/07/2015

@ Jérome.
Pourtant, à mon avis, il était pour toi celui-là ! Il faut que tu le récupères. Après, tu le lis en une après-midi, tu raccroches les morceaux, et ça roule ...
Mais c'est vrai que l'auteur a pris un risque en morcelant ainsi son récit, en plus, dès fois certains personnages n'ont que peu de rapports avec l'intrigue principale (d'ailleurs quelle est telle ?). Il y a plein de trous et de non-dits au final. J'ai vraiment aimé quand même.

Écrit par : Athalie | 11/07/2015

J'ai vu ton nom sur les blogs de Keisha ou de Jérôme
Me voici à découvrir tes livres préférés, celui-ci m'intéresse beaucoup. Il sera dispo à la rentrée (il est emprunté) à ma bibli. Donc je le note !

Écrit par : Electra | 03/08/2015

Bonjour, et bienvenue dans mes préférés ... J'espère que tu en trouveras d'autres à te plaire !

Écrit par : Athalie | 04/08/2015

Les commentaires sont fermés.