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14/08/2015

Middlesex, Jeffrey Eugenides

middlesex,jeffrey eugenides,romans,pavés,pépites,romans américains"Middlesex" n'est pas seulement un pavé, c'est un excellent pavé, le genre qui s'avale s'en même s'en rendre compte. D'abord, et avant tout parce qu'il les mélange, les genres, et pas seulement les deux dont le héros/héroïne a hérité des filiations chromosomiques échangés entre ses ancêtres grecs depuis les nuits mythologiques, des agapes qui donnèrent lieu à la naissance du dieu hermaphrodite.

Dans ce livre somme, il y a ainsi des échos de saga familiale, de roman d'adolescence, de l'initiation sensuelle et amoureuse, de la satire sociale ... 

Et tout cela, comme le narrateur/trice, part d'un tout petit rien, d'une soeur et d'un frère Desdémona et Lefty Stephanides, perchés dans un village oublié sur les pentes du mont Olympe, en Asie Mineure, et qui vont devoir fuir leur pays suite à la défaite des Grecs contre les Turcs en 1922, l'incendie et la destruction de Smyrne par les flammes. Un massacre et une traversée plus tard, de ce point originel, ils s'exilent à détroit où ils débarquent chez une cousine incertaine, avec pour tout bagage un amour hors normes et des chromosomes à retardement. Calliope (la narratrice) est la bombe de l'héritage. Call est le narratrice devenu homme, quelques vingt ans après sa naissance. C'est elle/lui qui raconte cette étrange métamorphose.

On traverse l'histoire de deux générations, d'une réussite sociale bancale. Le récit alterne satire, fresque, et roman sentimental de bon aloi, de très bon aloi, même, lorsque se pointent les émois physiques de l'adolescente qui se mue en adolescent, sans le savoir,, le vouloir, et surtout vouloir le voir. Dans la relation de la mutation sexuelle, l'échelle prise est celle de l'intime : l'infime, le poil qui pousse et les seins qui ne poussent pas. Calliope se voudrait fille, se révèle autre à elle-même, c'est le récit d'une mue douloureuse, d'une souffrance inconnue, jamais pathétique, souvent drôle, d'ailleurs, dédoublée, en somme ...

Elle regarde les autres, sa mère, son père, son amour, celle qui est nommée comme "l'obscur objet du désir", ne pas découvrir une réalité qui offre en elle un gouffre indicible.

Une hermaphrodite, une époque androgyne, celle des années 60-70 aux USA, une famille à la fois grecque et américaine, les mues sont aussi idéologiques et sociales dans ce livre, étonnant, foisonnant aussi de références, un  hybride et une méduse littéraire.

Un pavé de choix pour le challenge de Brize.middlesex,jeffrey eugenides,romans,pavés,pépites,romans américains

Commentaires

j'ai lu et adoré ce roman c'était avant Luocine mais il faut que le relise pour le mettre sur mon blog , tu transcris très bien tout ce que j'ai aimé dans ce roman

Écrit par : luocine | 14/08/2015

Le temps d'avant blog ... Un temps que je maudis parfois tant j'aimerais retrouver l'émotion de certains titres. Je tenais un carnet de lecture, mais je n'y notais que quelques mots. Pour "Dalva", par exemple, j'ai écrit "sublime et sauvage" ... Pour celui-ci, j'aurais écrit "riche et intense", je pense ! ce qui aurait été bien bien réducteur !

Écrit par : Athalie | 16/08/2015

Il me semble l'avoir lu, mais avant blog...

Écrit par : keisha | 14/08/2015

Tu vois ! Toujours rien de nouveau en mes pages pour toi !!!! Je désespère !

Écrit par : Athalie | 16/08/2015

Celui ci, il me fait drôlement envie...! Sur le même thème, j'avais adoré Annabel de Kathleen Winter.

Écrit par : Noukette | 14/08/2015

Même si évidement, il est question de ce "middlesexe" dans les deux titres, Annabel se confine sur les émois et les troubles d'un personnage alors qu'ici, on brasse plus large. Les deux titres sont excellents, ceci dit. Mais, pour moi, pas vraiment comparables.

Écrit par : Athalie | 16/08/2015

Comme Luocine et Keisha je constate que mes lectures d'avant blog sont un peu floues... Mais je me souviens avoir beaucoup aimé de roman.

Écrit par : Kathel | 15/08/2015

Je l'ai tenté, l'été dernier (ou celui d'avant, je ne sais plus), mais malgré les qualités que je lui trouvais, je n'étais pas dans la disposition d'esprit ad hoc et n'ai pas insisté (en revanche, je n'ai eu aucun mal avec "Anabel"). Pas prévu de nouvelle tentative cet été ... et ton billet convaincu et convaincant ne me fait pas changer d'avis :).

Écrit par : Brize | 15/08/2015

Aucun rapport, mais je viens d'apprendre le décès, hier, de Raphaël Chirbes...

Écrit par : Ingannmic | 16/08/2015

« Quand je lis un livre, je n’aime pas qu’on me cajole comme un chat. Mais si on me prend à rebrousse poil, alors, là, ça commence à m’intéresser. »
C'est de lui. Je m'y retrouve complètement, et je pense que toi aussi. Petit hommage à un grand.

Écrit par : Athalie | 16/08/2015

Je l'ai lu, j'ai aimé certains passages, d'autres pas du tout.

Écrit par : Valérie | 20/08/2015

Il y a peut-être des moments où la narration fléchit, vu la longueur du pavé, mais franchement, je sais que je me le suis dit deux ou trois en le lisant, mais, maintenant, j'ai complètement oublié quand !

Écrit par : Athalie | 25/08/2015

J'avais aussi beaucoup aimé. Cette saga familiale offre plus qu'elle en a l'air au premier abord!

Écrit par : Karine:) | 07/09/2015

Les commentaires sont fermés.