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25/08/2015

Ederlezi, Vélibor Colic

ederlezi,velibor colic,romans,romans français,pépitesUn livre peut faire rire (rarement ceux que je lis, mais je sais que ça existe), un livre peut faire pleurer (mais j'ai le cœur dur), un livre peut faire peur (mais vu les horreurs que je suis capable d'avaler sans broncher, mon taux de résistance est assez élevé), rarement un livre donne envie de danser ... Ben celui-ci, si. Et pas seulement parce qu'il y en question d'un orchestre et d'un chanteur hors des temps, dont l'élégance tapageuse n'a d'égal que sa volatilité sentimentale, mais surtout grâce à la valse endiablée des personnages qui l’accompagnent, qui ont le diable des mots au corps.

A la manière d'un Emir Kusturica (la comparaison est inévitable et je pense, voulue par l'auteur, par ailleurs, fin connaisseur musical), Vélibor Colic les fait sortir de son chapeau, un village à trois noms " Baïramovitch, Baïrami et Baïramovski". Les trois noms donnent le ton, car ce village "tantôt en Macédoine, tantôt dans l'empire ottoman, souvent en Yougoslavie, mais aussi parfois dans le royaume serbe", est "rêvé, mais aussi réel". De ce lieu, surgit la valse tzigane, qui est aussi la valse de tous les possibles. On l'aura compris, c'est du pays de la fusion de ces cultures massacrées par les guerres et les totalitarismes, que Vélibor Colic veut nous faire rêver, du temps d'avant, glorieux de ses oripeaux.

Ils sont dépenaillés, encanaillés, peu recommandables, pendables, vulgaires et sublimes, les musiciens qui se succèdent dans ce récit fantasque, entre conte et sarabande. Ils sont menés par un mort qui a déjà été tué trois fois, sauf que cette fois-ci, c'est la dernière ... Celui qui s'est survécu tout au long de ses réincarnations, tout à tour Azlan Tchorelo, Azlan Bahtalo et Azlan Chavoro, a été rattrapé par par la réalité, dans le camp de Calais, dans nos jours qui tuent les rêves. Avant, il a tout vécu en grand seigneur de la misère. Eternel amant infidèle, buveur et soiffard, il a mené ses trois vies comme on se laisse emporter par la gouaille de la langue de l'auteur. Depuis les années 1900, il a porté de sa voix les violons de ses comparses de fêtes en drames. Figure du juif errant, du banni, du sauveur damné, il est un concentré de figures littéraires qui aurait croisé dans sa course le Mangeclous et le Solal de Cohen. 

Ce titre, qui est aussi celui d'une chanson bien connue grâce au "Temps des gitans", contient le même charme, celui qui incante la joie triste et folle de temps qui auraient pu être. Merci monsieur l'auteur d'avoir mis en mots cette "comédie pessimiste" aux accents de fanfare perdue.

Commentaires

joli billet qui donne envie de lire un livre dont je n'avais pas entendu parler

Écrit par : luocine | 25/08/2015

c'est vrai que l'auteur n'a pas beaucoup de presse, ce qui me laisse pantoise, vu la qualité de ses écrits. Je pensais vraiment que celui-là allait le faire décoller, mais il semble qu'une fois de plus, non. Il devrait te plaire ce titre, il est gai et noir à la fois, et il ne devrait pas tarder à sortir en poche (en fait je l'ai lu depuis presque six mois ... et il est sorti il y a un an et quelque, je crois.)

Écrit par : Athalie | 31/08/2015

Bah mince alors, il est dans ma PAL, on aurait pu faire une LC...
Du coup j'ai lu ton billet en diagonale, j'ai juste retenu que ça a l'air bien !!

Écrit par : ingannmic | 25/08/2015

Vu la suite des commentaires, je suis ravie, et me frotte les mains de joie à la chaleur d'un feu tzigane virtuel, que Jérôme et toi en fassiez une lecture commune.... Vélibor est un monsieur. j'ai très hâte de vous lire !

Écrit par : Athalie | 31/08/2015

Un livre qui semble atypique, il m'intéresse !

Écrit par : Hélène | 26/08/2015

Oui, il est atypique, il raconte une histoire vieille comme le monde avec l'énergie de celui qui le découvre, puis, après une belle farandole, se heurte au mur de la réalité.

Écrit par : Athalie | 31/08/2015

Colic, c'est forcément bien ! Il m'attende celui-là, il faut juste que je lui trouve une petite place dans mon planning surchargé.

Écrit par : jerome | 26/08/2015

@Jérôme : Que dirais-tu d'une lecture commune ? Ta date sera la mienne (sauf le dernier de chaque mois, réservé à Mauriac) !

Écrit par : ingannmic | 27/08/2015

Ce serait avec plaisir mais impossible pour moi avant mi-octobre. Si cela te convient, on peut dire le jeudi 15. Tu peux proposer une autre date sinon, pas de souci.

Écrit par : jerome | 31/08/2015

Cela me convient parfaitement !

Écrit par : Ingannmic | 31/08/2015

Merci Jérôme, pour ce "Colic, c'est forcément bien", je me sens moins seule !

Écrit par : Athalie | 31/08/2015

un livre qui donne envie de danser c'est suffisamment rare pour le noter

Écrit par : Dominique | 27/08/2015

Dans celui-là, oui, on danse, parfois sur des charbons ardents, mais on danse quand même !

Écrit par : Athalie | 31/08/2015

Bonjour Athalie, je ne sais pas si j'aurais envie de danser mais tu donnes envie de lire ce roman. Merci. Bonne après-midi.

Écrit par : dasola | 28/08/2015

Tant mieux si j'arrive à donner un peu envie, je trouve injuste que cet auteur ne soit pas mieux servi par la critique, peut-être que les blogs prendront le relais.... Après tout, si on sert à quelle chose, c'est peut-être à défendre les écritures qu'on aime. Et celle-là, je l'aime. Bonne soirée à toi.

Écrit par : Athalie | 31/08/2015

Il faut vraiment que je parte à la découverte de cet auteur, je me le dis depuis qu'il fut invité à Etonnants Voyageurs.

Écrit par : Valérie | 30/08/2015

Les commentaires sont fermés.