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24/09/2015

Constellation, Adrien Bosc

constellation,adrien bosc,romans,romans français,romans historiquesUn livre très court, recommandé par l'amie A., et lu en une demie soirée et une très agréable surprise ...Franchement, jamais de moi même je ne serais allée vers cette histoire sans trash de crash d'avion. Pas à cause du manque de trash, mais à cause de l'avion. D'abord, je suis déjà phobique, alors, ce n'est pas la peine d'en rajouter. Et puis, ce n'est pas n'importe quel avion, mais le constellation F-BAZN, celui qui emportait Marcel Cerdan vers sa future victoire contre Lamotta à New-York et accessoirement quelques autres passagers. Quarante huit en tout, alors cela fait à peu près quarante sept dont on ne parle jamais, et un que l'on connait par cœur. Inutile d'y revenir me semblait-il. 

Mais, non, ce petit livre est juste excellent et n'est pas un ixième hommage au "grand champion trop tôt disparu dans des circonstances tragiques", et un ixième "hymne à l'amour" qui s'en serait suivi. Bien sûr, il y est question de Cerdan, mais assez peu finalement, ce qui n'est pas frustrant, du tout, au contraire. L'auteur a creusé autour du mausolée pour en extraire les autres figures, jusqu’ici dans l'ombre : Ginette Neveu, par exemple, que la disparition du boxeur avait reléguée au rang de sous fifre, alors qu'elle était une virtuose du violon. Accompagnée par son frère Jean, elle aussi s'était envolée pour une tournée qui s'annonçait, elle aussi, triomphale.

D'autres laissés pour compte resurgissent de la carlingue people, en de courts chapitres, très finement documentés et écrits au cordeau sans trémolos. L'auteur y montre "le spectre des continents balayés par les passagers" livrant un petit "précipité du monde".  Le constellation était l'avion des stars et des nantis, mais ici on découvre, tapis en seconde classe, quatre bergers basques, candidats à l'exil financier, une ouvrière d'une filature du nord de la France à laquelle une tante d'Amérique, richissime et oubliée, avait offert un autre avenir de l'autre côté de l'Atlantique. On ouvre aussi le cockpit du capitaine de bord, ses faits d'armes, et d'autres qualités humaines à jamais embrasées sur les flancs de l'île des Canaries.

 Entre ces silhouettes et d'autres encore, redessinées en quelques lignes bien informées, l'auteur ne s'attarde pas sur les destins brisés, mais intercale les différentes étapes du drame ; le vol, puis les recherches, le rapatriement des corps et les vicissitudes de leur reconnaissance et destinés post-mortem, la suite de la carlingue et ses aléas.

Mis à part à la toute fin quelques minuscules digressions autobiographiques dont je n'ai pas vraiment saisi les subtilités, il n'y a rien à jeter dans cette constellation des hasards objectifs.

Encore merci Agnès ! et lu avec la même surprise que moi par Karine

 

Et comme Mior me fait me culpabiliser sur mon inculture musicale, voici un aperçu du talent de la petite mère Gervaise, Germaine, Ginette ... Je n'y connais rien et c'est un peu court pour se faire une idée mais émouvant de mettre un visage et une musique sur les mots de Bosc...

Commentaires

C'est pas Germaine, c'est Ginette, non mais ,pfff... ( et je te conseille de l'écouter toutes affaires cessantes , dans le Poème de Chausson , par exemple, qui était un de ses chevaux de bataille)
Tu n'auras pas perdu ta soirée, là non plus ;-)
Bien aimé , moi aussi, je l'avais chroniqué d'ailleurs

Écrit par : Mior | 24/09/2015

Voilà, l'étendue de mon inculture musicale est révélée au monde entier ^-^ ! Je me suis rattrapée, un petit peu, en écoutant quelques vidéos de Ginette ... Merci du conseil Mior.

Écrit par : Athalie | 26/09/2015

Je l'ai aperçu avant hier dans ma librairie indépendante préférée.
Ce que tu en dis me laisse penser qu'il pourrait bien me plaire...

Écrit par : manU | 24/09/2015

Je pense, oui. Pour un avis similaire et aussi surpris que le mien, tu peux lire celui de Karine ...

Écrit par : Athalie | 26/09/2015

Je vois de bons avis sur ce roman, je vais finir par craquer...

Écrit par : Hélène | 24/09/2015

Pas de souci ... Il passe tout seul, court et très plaisant, surprenant, tout ce que l'on aime ....

Écrit par : Athalie | 26/09/2015

je l'ai tellement vu partout que j'ai un peu perdu le goût de le lire

Écrit par : Dominique | 27/09/2015

Et dire que moi, je n'en avais jamais entendu parlé !!! Mais, je te comprends, cela m'arrive sur certains titres ... Et puis, des fois une nouvelle note, un piqûre de rappel, longtemps après la vogue, et l'envie revient. On ne sait jamais, ce sera peut-être ton cas !

Écrit par : Athalie | 27/09/2015

C'est quand même rare que je ne soit pas d'accord avec toi, mais j'ai trouvé ce livre vraiment très moyen, sans âme, et m'a davantage fait penser à un documentaire qu'à un roman, sans compter qu'avec la digression finale, il a fini par me perdre complètement ;-)
Mais tu n'es pas la seule à l'avoir aimé donc je dois avoir manqué quelque chose ;-)

Écrit par : sous les galets | 27/09/2015

Ben, en fait, on est presque d'accord... Je pense aussi que c'est sans âme et documentaire, plus que romanesque, et à ma grande surprise, c'est ce qui m'a plu, alors que moi, normalement, le pas romanesque, je fuis ... mais là, j'ai trouvé que le romanesque, il était dans le non-dit, dans les possibles des vies qui se sont arrêtées là. Après, c'est peut-être moi qui batifole de l'imagination, mais je pense que c'est voulu, ce côté rapport, un peu sec. Mais la digression finale, je ne l'ai pas comprise non plus, ce qui n'est pas très grave vu qu'elle arrive à la fin et que j'étais conquise.

Écrit par : Athalie | 27/09/2015

J'en reste au ressenti de Galéa (et au tien donc !) pour me dire qu'il n'est pas pour moi.

Écrit par : jerome | 28/09/2015

Pas sûre, pas sûre ... Quelque chose me dit qu'il y a du Marcel Cerdan en toi !

Écrit par : Athalie | 29/09/2015

J'ai lu pas mal d'articles sur ce livre et je l'ai gardé en mémoire . Mais bon , pas encore franchi le pas. Comme toi , j'ai peur de l'avion , je n'ai pas trop envie d'en rajouter. Mon dieu que Ginette Neveu est laide! Et mon dieu qu'elle joue bien !

Écrit par : luocine | 28/09/2015

Je n'en avais lu aucun ! (mais sur quelle planète blogosphérique je vis ?!) heureusement mes amies lisent ... et me ramènent sur terre. Pour l'avion, en fait, je crois que je suis tellement phobique qu'aucun roman ne pourrait en rajouter.... Et là, pour Ginette que dire ? que les critères de beauté n'ont rien à voir avec le talent musical ? Un bon roman en tout cas, j'espère qu'il passera de ta mémoire à la réalité.

Écrit par : Athalie | 29/09/2015

L'avion s'est crashé aux Açores me semble-t-il !

Je l'ai lu l'année passée et je n'ai pas vraiment aimé: trop documentaire, trop distancié. J'aurais justement voulu plus de romanesque. Je ne me souviens plus trop de quoi s'agissait mais dans la chronique sur mon blog je parlais de figures de styles qui m'ont déplu aussi.

Écrit par : Sunalee | 02/10/2015

Entre Ginette et les Canaries, décidément, je ferais bien de mieux lire mon texte, moi ! je n'ai pas souvenir de figures de style par contre, le style, très distancié, effectivement, collait bien avec le côté documentaire (mais comme tu n'as pas aimé, justement ...). Je vais aller voir chez toi ce que tu disais.

Écrit par : Athalie | 03/10/2015

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