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03/10/2015

Millénium 4, Ce qui ne me tue pas, David Lagercrantz

millenium,ce qui ne nous tue pas,david lagercrantz,romans,romans policiers,série policières,romans suédoisJe n'avais aucunement l'intention de lire cette suite hautement médiatisée de la fameuse trilogie de feu Steig Larsson. Aucunement. Et encore moins l'intention de l'acheter. Aucune suite, ne pouvait selon moi, reproduire les mêmes effets d'addiction aux aventures spidées de la déjantée Lisbeth Salander et du sagace idéaliste Mickaël Blombkvist au cœur pas de pierre. Aventures pourtant écrites avec autant de subtilités qu'un lance flamme narratif.

La lecture du tome I m'avait valu quelques (peu) nuits d'insomnie hiératiques, me donnant une allure de zombie échevelée le lendemain matin où je croisais quelques collègues dans le même état que moi, vu qu'on lisait le même livre. Silence sur la suite oblige, nous nous adressions des "chuts" énamourés et anxieux de ne pas trop en dévoiler. Pas question que l'un d'entre nous ne fuite.

Le deuxième tome, me valut une sortie fébrile sous la pluie d'un soir d'hiver venteux, titubante vers la première librairie venue ( carte de fidélité ou pas) dans un état de manque éprouvant à voir. J'allais finir le premier, l'angoisse du vide m'avait fait sortir de ma couette de lecture avant que ne sonne la glas de la fermeture des commerces. J'étais arrivée à temps, trempée, mais à temps. Au retour, j'ai réintégré la couette, j'ai lu, j'ai vaincu.

Le troisième ... je ne sais plus bien, une impression de foutraque pas fini, je crois. Mais toujours ce sentiment d'urgence, impossible à vaincre, par contre.

Et pourtant, donc, cette suite, je l'ai achetée, je l'ai lue, ou plutôt, je l'ai dévorée, presque aussi rapidement que les trois premiers tomes, parce que, et oui, tout y est tout comme il doit être. C'est toujours aussi mal écrit mais drôlement bien ficelé. Le nouvel auteur, en viager définitif, s'est coulé dans le moule et j'ai couru après Lisbeth. Toujours aussi mal embouchée et rancunière, elle a gardé son tee-shirt et ses tatouages, ses subtilités de langage qui réduisent le boulot de l'auteur à des interjections péremptoires pour les dialogues, et sa pointe de vitesse supersonique pour la partie récit. Surtout qu'ici, elle même court au secours d'un petit garçon aussi autiste que surdoué, qui se trouve être également le seul témoin d'une scène de crime. Elle ne s'essouffle jamais, Lisbeth, même trouée par quelques balles, même devant un ex-tueur à gage soviétique, elle balance le tibia genre Kill Bill pour la sauvegarde du presque orphelin.

Le père, Frauss Bolder a récupéré son fils de la garde de sa mère en perte d'image d'elle même, et de l'affreux beau-père qui se saoule avec la pension alimentaire, avant de se planquer découvrir son fils d'amour tendre, et cacher son secret informatique qui pourrait bien rendre le monde virtuel tout puissant. Geek en fuite de son entreprise, il se découvre à son tour traqué par une organisation imparable et obscure ... Et là, ce n'est que le début ( en gros, les deux premiers chapitres), pendant que, en alternance, on découvre les activités de nos deux héros cultes qui restent fidèles à eux mêmes et à leur obsession. La pureté pour les deux, même si ce n'est pas la même, l'éradication des méchants, et c'est pour cela qu'on les aime.

Lisbeth fait sauter les verrous de la défense ultra sophistiquée de l'agence de renseignements made in USA, en artiste hackeuse qu'elle demeure for ever and for the devil, ce qui fait sauter en l'air quelles puces galeuses qui faisait leur beurre du crime ...Une Milady du bien aux allures de punkette qui aurait revêtu son armure de guerrière (par contre, elle mange toujours n'importe quoi ...).

Michaël est attaqué de toute part par ses confrères qui le prennent pour un "has been" et par un actionnaire jaloux de sa rigueur intellectuelle et notre héros  a bien besoin d'un nouveau scoop qui attaquerait le grand capital au scalpel.

Entre lui, l'incorruptible, et la hackeuse qui n'oublie jamais un coup donné, c'est le chat et la souris lancés à grande vitesse dans les méandres de l'internet souterrain, contre les injustices du mal ... Sans compter que Camilla repointe son dard.

Bref, si David Lagercrantz n'invente pas  d'autres ficelles que celles mises en place par Larsson, il les utilise drôlement bien et franchement, j'ai jubilé en retrouvant les fondamentaux, sans compter qu'il ménage une porte de sortie vers une autre suite. Bon filon ne saurait se tarir ?

 

 

 

 

Commentaires

Je résiste depuis sa sortie pour les mêmes raisons que tu évoques en début de ton billet mais je ne me fais pas trop d'illusions, je sais que je vais finir par craquer... Au pire, j'ai vu que ma bibliothèque en avait une copie. En tous cas, ton billet donne plutôt envie...

Écrit par : zarline | 03/10/2015

En ces temps d'hiver qui s'annoncent, faut pas trop résister, quand on aime le truc, une couette et une tasse de thé, et c'est bon ... mais j'ai vu que tu étais plutôt Afrique ... J'en profite pour te dire que j'ai bien parcouru ton blog, mais je n'ai pas encore trouvé l'occasion d'y laisser un commentaire, tu lis beaucoup en anglais ! et moi, là, je suis une quiche !

Écrit par : Athalie | 04/10/2015

Bah, je n'ai pas l'intention de craquer, le 1 m'a à moitié plu, et le deuxième, abandonné (le coup de Fermat, voir la fin que j'ai feuilletée, ça m'a achevée)

Écrit par : keisha | 04/10/2015

A conseiller aux inconditionnelles addictives, sinon ce n'est pas la peine ! "le coup de Fermat", je ne m'en souviens même plus, tellement ça m'a filé entre les doigts. Maintenant, je comprends bien que le style et les incohérences puissent rebuter !

Écrit par : Athalie | 04/10/2015

Et aussi dans le 1, assez poussif au début (que de descriptions des villas!), le serial killerisme de père en fils (spoiler?) ça m'a laissée sur le flanc. Bon, je sais que l'auteur voulait peindre la société, mais côté polar, il y a sans doute meilleur.

Écrit par : keisha | 05/10/2015

Décidément, tu as un souvenir bien plus précis que moi de ces livres que j'ai pourtant adorés ... le premier a un air de polar poussif, en effet, et pourtant, j'avais accroché, surtout quand Lisbeth arrive, en fait. Quant à la description des villas, pour moi, un régal d'atmosphère, un truc à la Simenon, une station balnéaire à l'abandon l'hiver. J'adore ! M'étaient venues en tête quelques images des "Valseuses"! Pas certaine du tout que l'auteur y ait pensé ...

Écrit par : Athalie | 07/10/2015

J'ai trop aimé la trilogie pour craquer. Et puis, dans une époque où les points finaux deviennent rares, je n'ai pas envie de me replonger dans cet univers.

Écrit par : Theoma | 05/10/2015

Méfie-toi, je pensais cela aussi, et puis hop, un moment d'espace temps autre, et tu plonges ... ce qui me retenait surtout, c'était l'aspect commercial, je me disais que les personnages allaient être caricaturés, l'intrigue mise au goût d'une norme acceptable, et puis non. C'est tout pareil.

Écrit par : Athalie | 07/10/2015

Bonjour Athalie, merci pour ce billet sur un roman que j'ai lu vite, j'avoue que j'ai aussi aimé, j'ai été "accro" même si ce n'est pas forcément la suite à laquelle j'aurai pensé. Tant pis pour les critiques comme ceux du Masque et la Plume qui font la fine bouche et un dédain certain. Bon dimanche.

Écrit par : dasola | 11/10/2015

J'avais aussi entendu une critique dédaigneuse sur les mêmes ondes de radio, mais pas dans la même émission, que je n'écoute plus tellement le parisianisme hautain m'agace. Paradoxalement, du coup, j'ai eu envie de la lire, cette fameuse suite.... Et je n'ai vraiment pas été déçue, même si elle est sans surprise ( et justement peut-être pour cela ...)

Écrit par : Athalie | 11/10/2015

Les commentaires sont fermés.