Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11/10/2015

L'homme du verger, Amanda Coplin

l'homme du verger,amanda coplin,romans,romans américains,pépitesL'homme du verger n'est pas sans douleur. Avant de couler des jours solitaires mais plutôt paisibles dans le vallon, vallon qui a tout d'un cocon hors du monde, et presque des allures de jardin d'Eden pour vieil homme et abricotiers, Talmadge a perdu son unique soeur. Fantôme qu'il a tant cherché, elle a disparu un jour comme les autres, entre les arbres de cette vallée du nord ouest des USA, elle est passée pour ne plus jamais revenir.

Et puis, le temps de la douleur s'est atténué, les abricotiers, cléments, ont mûri, se sont multipliés et ont croissés, généreux, comme lui, de leur temps. Il est resté solitaire, les fruitiers et une vieille sage femme lui tiennent lieu de famille. Le vallon aux courbes tendres est accueillant au silence et parfois viennent le rompre les voleurs de chevaux sauvages. Le temps d'une semaine, ils se font cueilleurs et élagueurs. Une amitié silencieuse lie Talmadge à leur chef, indien d'origine, aussi taciturne dresseur de chevaux que l'autre l'est de ses arbres.

C'est dans ce décor quasi immobile, et qui n'a rien du far-west en technicolor, que surgissent deux jeunes filles, farouches et en fuite, affamées, deux sœurs qui s'incrustent sur le paysage jusque là serein. Elles font du relief, d'un coup, enceintes l'une et l'autre. Elles viennent d'un cauchemar dont le vieil homme ne peut supposer la profondeur prise dans leur âme. Elles apparaissent, prennent et repartent dans leur bulle, dans un coin du verger.

Un lent travail d'approche se dessine alors entre les personnages. Il pourrait faire croire que les heurts seraient transitoires, et que, la paix retrouvée, le verger va se transformer en petite maison dans la prairie avec coiffe et tablier en toile vichy, avec les deux filles dévalant la pente les bras ouverts sans même se casser la margoulette ... Ben non, pas vraiment ... Parce que le passé des deux jeunes filles, Della et Jane, a un nom, un cheval, et que la haine ne s'éteint pas à coup de crêpes au sirop d'érable, même quand les abricotiers donnent du leur.

Le chemin que Talmadge aurait voulu tracer à ses deux protégées, se prendra des traverses dans les ailes et le royaume entrevu, des coups de pieds rageurs. On ne fait pas ce que l'on veut, avec les meilleures intentions du monde ...

Un roman à l'humanisme non convenu, qui s'étend sur la longueur d'un foyer bancal à construire, et d'un savoir à transmettre, et des récoltes d'abricots à faire. Non sirupeux, les abricots, mais d'une douceur âpre et sensible au temps qui passe, aux filles qui fuient, aux voleurs de chevaux qui ne font plus halte, aux os de Tal qui grincent de plus en plus dans la charrette. Mais, toujours, obstinément, à tort ou pas, le vieil homme tendra la main vers ce qui aurait voulu être ; un frère qui aurait retrouvé sa sœur, un père qui aurait su protéger sa fille du démon qui l'éloigne d'elle même.

Merci à la librairie Vents d'Ouest de Nantes, d'en avoir fait un coup de cœur qui a tenté ma main !

Commentaires

Oui, je l'ai beaucoup aimé aussi , ce roman ... Preuve que je n'aime pas que les édentés egocentrés !

Écrit par : Agnès | 11/10/2015

Tal est un peu édenté, quand même, mais si tu arrives à lui trouver des points communs avec MH, je mange mon chapeau !

Écrit par : Athalie | 12/10/2015

Très beau billet pour ce très beau livre (qui avait aussi été rejoindre mes préférés) !

Écrit par : Brize | 12/10/2015

Merci du compliment pour le billet, mais le livre est inspirant, j'aurais voulu faire mieux. Ce qui m'étonne un peu est que visiblement il a souvent été un "préféré" et pourtant son succès reste très discret (mais j'ai pu louper des "buz" livresques.

Écrit par : Athalie | 12/10/2015

Beau billet... mais la lenteur du roman m'a conduite à laisser tomber... (désolée!)

Écrit par : keisha | 12/10/2015

Merci keisha pour le compliment. Tu vois, moi, la lenteur du récit, car tu as raison, il est lent, ne m'a pas dérangée. Il avance à la mesure du pas de Tal.

Écrit par : Athalie | 12/10/2015

J'ai beaucoup aimé ce roman également !

Écrit par : Hélène | 12/10/2015

Je me souviens avoir survolé ta note car j'étais en train de le lire (comment ça, je suis super lente pour écrire des notes ?). je vais maintenant pouvoir la relire tranquillou ...

Écrit par : Athalie | 12/10/2015

lu à sa sortie j'ai beaucoup beaucoup aimé ce roman

Écrit par : Dominique | 12/10/2015

Ben là je ne l'avais pas vu passer chez toi .... je vais retourner voir ce pas tranquille .... Le personnage de Tal est particulièrement fichu comme je l'aime. Moi, si il avait voulu me recueillir, je lui aurais sauté dans les bras !

Écrit par : Athalie | 12/10/2015

Mais ça m'a l'air très bien tout ça ! Une auteure totalement inconnue au bataillon en plus, ça attise ma curiosité.

Écrit par : jerome | 13/10/2015

Totalement inconnue pour moi aussi, donc des fois, les coups de cœur des vrais libraires font battre aussi les nôtres ....

Écrit par : Athalie | 14/10/2015

Je l'avais repéré sur un blog mais il n'y a pas eu de buzz livresque, je te le confirme.

Écrit par : Brize | 13/10/2015

En lisant ton billet, je me disais tiens c'est un livre pour Dominique... et? ça n'a pas raté , elle a beaucoup beaucoup aimé , moi j'ai toujours peur des retour à la nature , pourtant j'ai quelques livres que j'ai adorés et qui sont sur ce thème là : des contradictions luocinesques!

Écrit par : luocine | 15/10/2015

Ce n'est pas vraiment un livre sur le retour à la nature, plutôt quelque chose autour de la paternité, qui s'écoule sur fond de transmission, au rythme des vergers ...

Écrit par : Athalie | 19/10/2015

Les commentaires sont fermés.