Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/11/2015

Le fils, Philipp Meyer

texas_longhorn_with_rose_1.jpgLes critiques sur ce titre ont été dithyrambiques, dythyrambissimes même, oserai-je. Rien que sur la couverture. Même pas besoin de retourner le livre pour apprendre que "Ce grand roman américain" est "d'une envergure et d'une ambition exceptionnelle" (pour l'envergure du poids, je suis d'accord, pour l'ambition aussi, d'ailleurs), et si vous retournez quand même le bouquin, pour être sûre ( pas du poids, mais de la qualité du poids), il vous est annoncé "une exploration fascinante de la part d'ombre du rêve américain". Moi, j'aime bien les parts d'ombre, sauf que là franchement, c'est beaucoup de poids pour une ombre, surtout une ombre de rêve.

D'abord, point de surprise, la part des ombres se divise en un roman choral (je sais pas ce qu'il y a avec les romans chorals (choraux?) en ce moment, mais je sens qu'une lassitude me guette). Et en plus, là, je n'en ai pas vu l'utilité. Le romancier aurait mis son histoire dans l'ordre que cela ne lui en aurait point nuit, me semble-t-il. Normalement, toujours me semble-t-il, le croisement des points de vue a pour but que les dits points de vue soient divergents, du moins, un temps soit peu, et que du coup, nous, le lecteur privilégié qui a les trois, se retrouve à découvrir des trucs que l'un ou l'autre n'aurait point vu ou dit. Sauf que là, les trois sont convergents et juste chronologiques.

On commence par le premier, le plus ancien. Le colonel Eli MacCullough, est le fondateur de la dynastie d'où sortiront les points de vue suivants. il retrace sa propre épopée (le vieux n'est pas modeste ...). Fils de fermier, il a été enlevé par une tribu de Comanches. Pour survivre et quasiment devenir le meilleur d'entre eux, il a fait corps avec leurs valeurs et leurs coutumes. Est fort celui qui le plus de scalps. Et quand il sera rendu quasi de force à la vie blanche, épris de liberté et de revanche, il fera fortune en ayant le plus de vaches, le plus de terres pour les faire paître, et le moins de scrupules aussi. Je ne veux pas dire, mais c'est plutôt une rêve américain qui a réussi. J'ai pas vu l'ombre d'un doute chez l'ancêtre.

Le deuxième point de vue est celui de son fils, Peter, c'est celui dont Eli est le moins fier. Il n'a pas le goût de la gagne. par contre, il a celui des vaches, et celui des remords. Hanté par le meurtre de la famille Garcia, trucidée par la famille MacCullough, en une nuit de règlement de compte, il prend racine dans un nostalgique passé texan, celui, justement, que son père méprise.

Peter apparaît donc comme une figure intermédiaire, un moment de faiblesse, avant le troisième point de vue, celui de la dernière rejetonne d'une dynastie qui s'étiole, Jeannie. Quand on la découvre, elle est allongée, vieillissante, sur le tapis de la grande demeure familiale qui s'étiole aussi. Et il faudrait attendre un petit moment pour comprendre ce qu'elle fait là. (en général attendre, ne me chaut pas trop, mais, j'ai trouvé le temps un poil longuet ...). Jeannie, fut à l'égal d'Eli, une self made woman qui a reconstruit l'héritage en multipliant les champs de pétrole au lieu de multiplier les vaches (je résume, hein ...). Qui a pu lui faire mordre la poussière finale ? Le suspens est quasi languissant.

Donc, je résume toujours, le fils est indigne de son père, les texans avaient des vaches et ont eu beaucoup de pétrole. Être une femme chez les pétroliers, ce n'est pas qu'une seule paire de manche, et d'ailleurs la richesse ne fait pas le bonheur. C'est peu dur comme jugement, je le concède fort volontiers, mais j'avais pas ma part d'ombre, pas ma part de teinte crépusculaire, un peu trop de Dallas et de son univers impitoyable.

 

 

 

Commentaires

Ma c'est po possible, c'est quoi cette chronique ? On n'est pas le 1er avril !!
Et la violence qui ancre toute l'histoire américaine, hein, elle est où ? Et l'éternel vol de la terre (les Mexicains aux Indiens puis les Blancs aux Mexicains) ? Bien sur qu'il n'a pas de doutes Eli, c'est ça qui est inquiétant : il incarne la bonne conscience américaine, la réussite sans regarder derrière... et la femme, à part être un homme, elle peut quoi ?
Ce bouquin-là je l'ai lu en deux jours palpitants, c'est du vraiment grand.
Ah non là Athalie, je suis fâchée :-)

Écrit par : Sandrine | 19/11/2015

Pas tapé, M'am Sandrine, j'ai pas fait exprès ! J'ai pas trouvé le grand bouquin ... Sans vraiment m'ennuyer non plus, juste l'impression d'avoir déjà lu sur ces thèmes, en mieux. ça manque de recul, les personnages sont droits dans leurs bottes, linéaires ... Bon, je sais, j'aggrave mon cas !

Écrit par : Athalie | 21/11/2015

Ça a le mérite d'être franc! Et j'apprécie la franchise!
Je ne l'ai pas encore lu. J'ai toutefois eu un coup de coeur pour son premier roman, "Un arrière-goût de rouille". L'histoire n'a rien à voir avec "Le fils"!

Écrit par : Marie-Claude | 20/11/2015

Je ne connais pas son premier roman, en fait, je pensais que c'était un premier roman à cause de l'effet un peu loupé, je trouve, du croisement des points de vue .... Mais pourquoi pas tenter un autre titre, en effet. A l'occasion ...

Écrit par : Athalie | 21/11/2015

Comme Marie-Claude, je n'ai lu que "Un arrière-goût de rouille" que j'ai beaucoup aimé...
Cette construction à la mode, roman choral avec points de vue alternés, me rappelle les séries télé, les meilleures qui marchent sur ce principe. Quand c'est bien fait, je n'ai rien contre.
En tout cas, je révise un peu mes attentes à la baisse ! ;-)

Écrit par : Kathel | 20/11/2015

Le plus souvent, j'aime bien cette alternance, mais comme tout effet de mode, on s'en lasse. Et vraiment ici, je n'en ai pas vu l'utilité. Et le premier titre de cet auteur semble devoir retenir l'attention. Comme il doit être sorti en poche, pourquoi pas (mais je vérifierai avant qu'il n'est pas en choral !)

Écrit par : Athalie | 21/11/2015

Euh, si justement, Un arrière-goût de rouille est un roman choral aussi... ;-)

Écrit par : Kathel | 21/11/2015

Bon ben alors, je vais attendre un peu ... J'ai fait un passage en librairie cet après-midi, j'en ai ramené quelques futures proies, mais pas pas chorales et pas américaines ! merci de ta précision,en tout cas, car comme je sature un peu de cette construction, je pourrais passer à côté d'un bon bouquin !

Écrit par : Athalie | 21/11/2015

Je l'ai lu sans lassitude, mais bon, j'aime aussi ton billet... Et puis il y a une petite découverte à la fin sur le fils peter, non?

Écrit par : keisha | 20/11/2015

Oui, une petite découverte .... à la fin .... Elle n'a pas suffit à me faire bondir non plus, j'avoue ... J'attendais un rebondissement depuis un un peu trop longtemps, je pense ! L'exposé biographique m'avait quelque peu endormie.

Écrit par : Athalie | 21/11/2015

mais tu viens mettre du doute là où j'étais sûre et certaine de lire ce roman
les critiques sur les blogs on n'en parle même pas ! et ma fille en a rajouté une couche
ouh là là je crois que je vais me décider à le lire pour trancher

Écrit par : Dominique | 20/11/2015

C'est juste un avis de rien du tout, hein ! T'as raison, faut trancher par soi même !

Écrit par : Athalie | 21/11/2015

Acheté depuis sa sortie, je n'ai pas encore mis le nez dedans. Et ce n'est pas après la lecture de ton avis que je vais me précipiter !

Écrit par : jerome | 20/11/2015

y'a du viril dedans, tu sais , Peut-être un poil trop "Dallas" et chapeau texan pour moi, mais y'a de l'espace pour une autre vision, de sacrés grands espaces même !

Écrit par : Athalie | 21/11/2015

je l'avais noté... et puis moi aussi j'en ai un peu assez des romans "choraux" mais pas les américains visiblement ils adorent ça parfois ça marche, mais visiblement pas toujours.

Écrit par : luocine | 20/11/2015

C'est vrai que maintenant que tu le dis, je me rends compte que cette construction, je l'ai surtout trouvée chez les américains .... Pour certains titres, elle donne de la puissance. Un des derniers romans "choraux" que j'ai trouvé remarquable était "un coeur qui tourne" ( un auteur irlandais, d'ailleurs !), une sorte de puzzle narratif qui fonctionnait bien.

Écrit par : Athalie | 21/11/2015

Mdr !! Ça fait du bien de te lire ... J avoue , je n ai pas compris pourquoi tout le monde s était pâmé , j ai lâché la lecture au bout d' une centaine de pages , la violence complaisante du début m a vraiment débectée . J avais l impression d être coincée dans un film plutôt que dans un livre , quelque part entre "little big man" et "Dallas" que je sentais poindre en effet , or j aime pas ça du tout ( quand j ai envie de codes cinématographiques, je vais au cinéma , cqfd)

Écrit par : Mior | 21/11/2015

Je n'ai pas lu tous les avis, vu qu'en général, quand j'ai acheté le livre, je les survole ... Mais en tout cas, au festival étonnants voyageurs, c'était la pamoison généralisée, effectivement. Tu me fais penser d'ailleurs que cela fait un moment que je n'ai pas revu "Little big man", un de ces films que je suis capable de me passer en boucle ! "Dallas", moins ^-^ !

Écrit par : Athalie | 21/11/2015

Bonjour Athalie tu me coupes la chique. Je voulais le lire, et j'ai plus envie d'un seul coup. Trop de roman choral tue le roman choral...

Écrit par : Une Comète | 22/11/2015

Bonjour une comète, je n'avais pas vu que tu étais de retour ! Ce qui est une bonne nouvelle évidemment ! j'espère que tu reprendras les petits bonheurs, et promis, pour une fois, je me tiendrai à l'écoute et aux directives ^-^.
Pour ce roman, surtout ne te laisse pas influencer par moi, si tu me connaissais en vrai, tu saurais que je suis d'une totale mauvaise foi ! C'est un bon livre. c'est juste que j'en ai un peu trop lu dans le genre, et que Lonesome Dove me manquait !

Écrit par : Athalie | 25/11/2015

Ah mince, moi je l'ai adoré, enfin surtout la partie indienne.

Écrit par : Valérie | 24/11/2015

En fait, je crois que c'est la seule partie que j'ai vraiment aimée ! je croyais qu'après on allait vraiment décoller vers un truc comme un point de vue critique, une remise en cause de l'adhésion sans distance d'Elie. Ben non. ceci dit, ce qui est passionnant justement dans ce début, est que les indiens sont montrés sans pathos. cela m'a fait penser à Boyden. Et Boyden, c'est drôlement bien ! Je ne sais pas si tu connais ?
PS: Sandrine, si tu repasses par ici, mille et mille pardons !

Écrit par : Athalie | 25/11/2015

La critique principale que je ferai sur ce livre est sa longueur; j'ai soufflé lorsque je l'ai terminé. Pour le reste, que beau style; c'est merveilleusement écrit. On sent les différents destins suivant les personnages et le contexte de chaque période.

Écrit par : Harry | 09/12/2015

C'est pas mal écrit, c'est vrai, mais que c'est long ....

Écrit par : Athalie | 13/12/2015

Les commentaires sont fermés.