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31/01/2016

Le sagouin, Mauriac

4412968_Fotor.jpgGuillou est un petit garçon qui a la lèvre pendante et la morve facile. Il est né de l' unique étreinte d'une femme qui avait voulu devenir baronne et du fils attardé de la vieille baronne, qui est toujours là, des années après, elle aura même loupé le titre, la Paule, née Meulière. Elle surnomme son fils le sagouin, il la dégoûte, tout la dégoûte d'ailleurs, à commencer par son pauvre sort. Elle boit seule, le soir, enfermée là, dans la rancœur. Un jour, un jeune prêtre a posé la tête sur son épaule et la rumeur fut dite et son sort un peu plus scellé.

Paule distille sa haine, gifle Guillaume qui ne peut pas apprendre, lire, écrire, un peu compter ... On ne sait qu'en faire, d'un fils de bonne famille qui renifle et ne sait pas se tenir propre, ni se défendre, ni se battre contre sa propre mère ... La vieille domestique le débarbouille et son père se tait. On tente l'instituteur du village. Rétif, il ne veut rien avec à faire avec le château. Puis, cette femme, hystérique mais habile, le flatte. C'est que ses désirs à elle le travaille, si lui, ne voit rien, elle y projette son fantasme, c'est sourd et tout pourri de l'intérieur les adultes, pourrait se dire le Guillou ... sauf qu'il ne se dit rien.

Juste un soir, l'instituteur va le garder deux heures, chez lui, dans la chambre de son propre fils, si doué, Jean Pierre. Un moment, le sagouin va se sentir un peu regardé, le temps de quelques pages de Jules Verne, un rien de compassion, une gentille parole, un livre à lire. Mais les adultes ont des convictions, l'instituteur est un rouge, alors Guillou passe à la trappe. Cela aurait pu ne rien lui faire, si il avait été un vrai sagouin, un attardé du sentiment. Le refus sonne comme un glas et les eaux se referment sur le secret d'un père et d'un fils.

Une vague silhouette insignifiante et débile se faufile dans un horizon plombé d'égoïsmes même pas grandioses. Un titre qui clôture très justement notre aventure de relectures avec Ingannmic. Vous trouverez son avis ici.

Commentaires

j'ai peu de goût pour la noirceur de Mauriac , j'ai lu le sagouin mais je ne le relirai jamais trop triste pour moi et sans aucun espoir .

Écrit par : luocine | 31/01/2016

Je confirme, aucun espoir !

Écrit par : Athalie | 31/01/2016

C'est vrai qu'avec ce titre, Mauriac fait dans une noirceur qu'il n'a je crois jamais atteinte... qui lui a inspiré ce malheureux Guillou ?

Écrit par : ingannmic | 02/02/2016

On le saura peut-être en lisant la bio de sa mère ? ( la mère de Mauriac, je veux dire !)

Écrit par : Athalie | 02/02/2016

Je viens de relire ce livre de Mauriac. La dernière fois, c'était au lycée. Je m'en souvenais pas du tout, ni l'histoire ni le style épuré ( un peu too much parfois à mon goût pour certaines scènes ). C'est sans espoir, comme tu le dis si bien ...
De ton top 100, j'avais noté Junot Diaz, McLiam Wilson, McMurtry, Nabokov, O'Connor, Carole Martinez, Harper Lee. A part le dernier que j'ai acheté, donc je vais le lire sans tarder mais bon pour le reste c'est pas fait.

Écrit par : villaseurat | 18/02/2016

Tu avais noté beaucoup de titres dis donc ! J'espère vraiment qu'ils te plairont ! Bon, pour "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", je suis loin d'être la seule à le considérer comme un indispensable des indispensables !
La plupart des titres que j'ai relus pour cette aventure avec Ingannmic dormaient sur mes étagères depuis mon lycée à moi. J'avoue que je ne pensais pas les trouver aussi riches et denses et autant les aimer, même les un peu plus "faibles", comme "Destin". Ce qui fait que même si notre entreprise n'a pas eu vraiment de succès, je me suis régalée, je te souhaite une belle redécouverte si tu as aimé ce titre et te conseille de la poursuivre avec "Thérèse Desquéroux".
Le style est très épuré, c'est certain, on sent une écriture parfois timorée et qui peine à mettre des mots crus sur une réalité qui l'est pourtant, et bien plus que dans certains romans contemporains qui regorgent de mots sans contours, mais c'est cela que j'ai bien aimé chez mauriac, les contours !

Écrit par : Athalie | 19/02/2016

Les commentaires sont fermés.