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03/03/2016

Va et poste une sentinelle, Harper Lee

va et poste une sentinelle,harper lee,romans,romans américains,déceptionsIl ne faut pas secouer le bocal aux souvenirs, ni accrocher les ailes des salopettes aux plaques commémoratives. Pour qui, comme moi, a lu "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" et a gardé chaud dans le coeur la petite et grande histoire de Scout, Jem, Dill et Atticus (Henry, je m'en souvenais moins, mais visiblement, il était aussi dans la bande des enfants que Capurnia régentait sous son aile ...), il vaut mieux passer le chemin qui ramène à Maycomb Scout, devenue une jeune fille quasi responsable.

Scout a fait des études, elle vit à New-York et revient pour quinze jours de vacances chez son père Atticus, veillé à présent par la tante Alexandra, fidèle à elle même. Jem a eu le temps de devenir un jeune homme bien normé, étudiant et footballeur émérite. Il aurait sans doute fini par épouser une bécasse quelconque et pris la succession de son père, si il n'était mort d'une crise cardiaque subite en pleine rue. Il s'est donc figé en une vague silhouette dans la mémoire de son ex-petite sœur.

La maison et sa véranda, ses voisins et ses arbres, ses champs, le domaine de l'enfance, n'est plus non plus. Après la mort de Jem, Atticus l'a vendue. Maintenant, on y vend des glaces qui fondent sur une terrasse asphaltée.

Finis les jours heureux, l'insouciance de la fameuse salopette, Scout joue encore sa rebelle, pour la forme. Elle est bien près d'épouser Henry, fade chevalier servant pourtant, rangé en fidèle bras droit d'Atticus, qui en a bien besoin car son corps le rattrape et la maladie le diminue, même si pour Scout, il reste le modèle moral, la droiture incarnée, la justice sans préjugés.

Enfin, presque, car coup de tonnerre, Scout découvre que son père et Henry sont passés du côté de l’ennemi. Ils assistent aux côtés des pires ségrégationnistes de la petite ville à des réunions préventives face aux revendications égalitaires qui montent de toutes parts et menacent l'équilibre racial séculaire. Etre dans la gueule du loup blanc, disent-ils, pour éviter aux noirs de tomber dans les griffes de la NAACP ( en français, l'association nationale pour la promotion des gens de couleur), qui, si on laissait faire, pourrait faire croire aux nègres qu'ils pourraient être autre chose que les bons nègres qui servent les blancs.

Capurnia, d'ailleurs, se charge d'un regard, sans nostalgie aucune, de remiser aux oubliettes l'angélisme des souvenirs de Scout. La gentille servante noire, la mère de substitution, fige ses illusions. Et Scout se débat avec ce qu'elle croyait être, une gentille blanche aux idées libérales, avec un père formidable. Si le roman préserve quelques retours arrière qui ont le goût de "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", les yeux de Scout se décillent.

Mais ce n'est pas ce qui est décevant, ce qui l'est, c'est que les grands discours de Scout tombent à plat, elle devient moralisatrice, d'une morale didactique et plaquée sur le personnage qui semble alors réciter une bienpensance anti ségrégationniste, ça sent le fabriqué. Et l'entourloupe finale est juste à pleurer ... Une sorte de gloubi boulga : comment respecter son papa devenu raciste, mais pour la bonne cause = poster une sentinelle avec des oreillettes ?

Commentaires

Personnellement, je préfère rester sur mes bons souvenirs du premier...

Écrit par : manU | 03/03/2016

Cette lecture, heureusement ne gâche pas les souvenirs du premier, mais elle est juste parfaitement inutile !

Écrit par : Athalie | 04/03/2016

Son éditrice lui avait bien dit à l'époque : Harper ma jolie, il faut revoir ta copie ! Alors qu'a-t-on besoin de nous resservir ce livre aujourd'hui en nous le présentant comme un chef d'oeuvre ? Les éditeurs américains, à l'époque en tout cas, n'étaient pas de simples marchands de papier. Il n'y a qu'à voir le travail qu'a fait Gordon Lish sur les écrits de Carver : sans la réécriture de Lish, pas de style Carver qu'on admire tant aujourd'hui.
Mais aujourd'hui justement, le plus important est de vendre. Si besoin en nous faisant prendre des vessies pour des lanternes.

Écrit par : Sandrine | 03/03/2016

Je n'en attendais pas trop de ce livre, heureusement, mais juste un peu mieux quand même ... On comprend au moins pourquoi il n'avait jamais été édité avant.

Écrit par : Athalie | 04/03/2016

Je partage tes mots!
Quelle déception, ce roman. J'ai peiné pour le terminer. J'aurais préféré ne pas l'avoir lu et demeurer avec mon doux souvenir de Scout...

Écrit par : Marie-Claude | 04/03/2016

Oui, au début, il y a quelques cènes qui ont le goût de "l'oiseau", mais la fin, quelle horreur ! On s'ennuie ferme et en plus comment elle se prend les pieds dans le tapis Harver !!!!

Écrit par : Athalie | 04/03/2016

je te crois , et le commentaire de Sandrine est parfait!

Écrit par : keisha | 04/03/2016

Tout à fait d'accord avec Sandrine également !

Écrit par : Athalie | 04/03/2016

je suis certaine que je ne le lirai jamais, j'ai trop aimé "ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" mais malgré cela , le bruit autour de ce second texte gâche un peu mon souvenir.

Écrit par : luocine | 04/03/2016

En plus, il est pontifiant cul cul grave !

Écrit par : Athalie | 04/03/2016

Je vais me contenter sans regret de l'oiseau moqueur, qui prend la poussière sur mes étagères depuis trop longtemps maintenant.

Écrit par : jerome | 04/03/2016

Comment cela tu n'as lu "Ne tirez pas ..." ? mais là, c'est grave, tu sais ^-^

Écrit par : Athalie | 04/03/2016

J'hésitais à le lire mais je sais quel est mon choix maintenant !

Écrit par : maggie | 04/03/2016

Mince, on me l'a prêté la semaine dernière... je crois que je vais le rendre sans le lire, pour le coup !!

Écrit par : ingannmic | 05/03/2016

J'étais dans un festival du livre en fin d'après-midi (et oui, je commence à sortir un peu la tête de l'eau du boulot). Il y avait un truc sympa, un mur où tu mettais un post-it avec un de tes coups de cœurs, en échange, tu en prenais un l'autre. J'ai trouvé l'idée super sympa et le premier titre qui m'est venu à l'idée est "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur". La dame qui donnait les post-it avait aussi lu celui-ci et les critiques "officielles". Même verdict, très peu de pages à garder, et un coup éditorial, plus qu'un vrai livre. La dame méritait mieux !

Écrit par : Athalie | 12/03/2016

Je n'ai fait que parcourir ton article. Bon, assez pour saisir ton point de vue. Je reviendrais quand j'aurai fini "L'oiseau moqueur".

Écrit par : villaseurat | 08/03/2016

Quand tu auras fini "L'oiseau moqueur ...", tu seras tellement bien, que franchement ne relis pas cet article ^-^, tu ne trouveras que regrets ... ^-^. Mais n'hésite pas revenir dire ce que tu en as pensé !

Écrit par : Athalie | 12/03/2016

Et bien, cela me conforte dans ma décision de ne pas le lire ! Je reste avec mon joli souvenir de "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur"...

Écrit par : BlueGrey | 09/03/2016

Un très très joli souvenir !

Écrit par : Athalie | 12/03/2016

je te rejoins, découvert en livre audio, cette "suite" m'a déçue, terriblement déçue! J'ai même trouvé ça ennuyeux et sans intérêt !

Écrit par : Violette | 13/03/2016

En audio, cela doit être encore pire, déjà que j'avais du mal à résister à la tentation de plier le bouquin pour passer à autre chose, alors, là, j'aurais appuyé sur le bouton stop !

Écrit par : Athalie | 26/03/2016

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est effectivement un super livre. Très fort. L'intrigue principale vue par les enfants et l'auteur n'use pas de grosses ficelles pour la raconter. J'aime beaucoup la relation Jem / Scout et son évolution. Le style est simple et profond pourtant. Directement dans mon top 100.

Écrit par : villaseurat | 22/03/2016

Oui, c'est du très bon, très juste et très touchant. Contente de voir qu'il plait, encore et toujours ! Franchement, cette suite ne vaut pas ripette, juste un coup d'une maison d'édition.

Écrit par : Athalie | 26/03/2016

Les commentaires sont fermés.