Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/02/2016

Envoyée spéciale, Jean Echenoz

echenoz,envoyée spéciale,romans,romans français,pépites"Constante étant oisive, on va lui trouver de quoi s'occuper", annonce le quatrième de couverture. Constance, c'est l'envoyée spéciale qu'Echenoz fait kidnapper à Paris, captée par le regard d'un bel inconnu, et qu'il envoie dans la Creuse pour un traitement spécial en compagnie de deux gardes du corps peu efficaces, deux Laurel ou deux Hardy ... Fin fond de la Creuse où l'on apprend, d'ailleurs, que les éléphants ont un rapport particulier avec les attroupements de papillons en Corée du nord. La dite Corée du nord, où notre auteur, manipulateur en grande forme, envoie la dite Constance, consentante, cette fois, manipuler à son corps pas défendant, un play boy futur ex ministre, dans une dictature clinquante de jet set absurde  ...

De l'intrigue, voilà tout ce que je peux dire ... Parce qu'après tout, l'intrigue, il en fait ce qu'il veut, le marabout de ficelle échenozien, porté ici à un de ses plus haut degré d'excellence (on est dans l'Echenoz des "Grandes blondes" de "Lac" ou du "Au piano", c'est dire ...). Un marabout ciselé, attention, un rubis cube indécricotable ... Vous pensiez roman d'espionnage, oui, peut-être, mais vous enclenchez l'éolienne à l'envers, et vous voilà justement, à l'endroit, vous pariez sur une nouvelle facette  du  syndrome de Stockholm et il vous file entre les doigts comme un pétard mouillé. C'est en looping que vous atterrissez au Corée du nord, ayant récupéré au passage les deux Laurel, toujours parfaitement inutiles, ( mais, c'est comme les éléphants et les papillons de la Creuse, on ne sait jamais à quel moment le puzzle retrouvera sa pièce manquante, inutile et parfaitement nécessaire, par conséquent)

Rien ne ralentit la machine, ni les clins d'oeil, ni les vraies fausses digressions, ni les commentaires, mi ironiques, mi désabusés du narrateur omniscient qui s'en donne à cœur joie, le seul qui tienne les rênes. Les personnages, eux, n'en mènent pas large, malmenés par les tribulations dans lesquelles l'auteur les laisse se dépatouiller avant de les rattraper du coin du crayon, pour les sortir (ou pas), d'une zone interdite truffée d'oiseaux moqueurs ...

Le lecteur, lui, jubile toujours.

Un lecture commune avec Philisine Cave et Bernhard

Commentaires

Un echenoz me tenterait bien mais je n'apprécie pas particulièrement les romans d'espionnage, peut-être que je vais éviter ce titre en particulier

Écrit par : maggie | 27/02/2016

Je n'aime pas non plus les romans d'espionnage, mais ce n'est pas un roman d'espionnage, l'auteur en utilise les codes (enfin, je suppose, puisque je ne lis pas de romans d'espionnage ...) et puis, il fait autre chose, mais quoi ? Sûrement pas ce que a quoi on s'attendre ! Echenoz, faut tenter une espèce d'aventure d'écriture.

Écrit par : Athalie | 01/03/2016

J'aime beaucoup Echenoz, et je lirai celui-ci avec grand plaisir !

Écrit par : Miss Léo | 27/02/2016

Quand mini lionceau te donnera un peu de répit, quand on aime Echenoz, celui là, c'est un concentré. Je rigolais toute seule en me relisant des passages à voix haute. Un peu gravement échenozienne for ever !

Écrit par : Athalie | 01/03/2016

alors, là tu m'en bouches un coin.... je pensais être le seul à apprécier ....(tzzzz), très belle incitation au voyage !

Écrit par : Bernhard | 27/02/2016

Le seul ? mais point du tout mon cher Bernhard ... Même si Echenoz est moins présent que certains auteurs sur la fameuse "blogo", tu viens de rencontrer virtuellement une adepte de la première heure ! Je suis tombée dans la marmite dès le premier roman, j'ai tout lu, je le maudis d'écrire aussi peu, aussi court aussi, je râle parce que 18 euros vont me faire une heure de lecture, parce que je ne vais rien lire de lui pendant deux, trois, ans. Bref, encore son écriture et moins, c'est une longue, très longue, histoire, entre moi et lui, il me déçoit parfois ("14"), me surprend ( "Courir"), mais j'avoue que dans ce roman ci, quand Echenoz fait du Echenoz, je jubile !

Écrit par : Athalie | 01/03/2016

Le masque et la plume, pour une fois, m'a donné envie, alors je l'ai demandé à la bibli.

Écrit par : keisha | 27/02/2016

Je n'ai pas écouté l'émission (comme d'hab) juste un passage dans la cuisine où mon homme m'a dit (il connait mon addiction à Echenoz, évidemment) : "Ils disent qu'il est bien". Moi : "je m'en fiche, comment cela se fait que tu me l'ai pas encore offert ? Normalement, tu m'offres le dernier Echenoz dès qu'il est sorti ..." On a frôlé la rupture !

Écrit par : Athalie | 01/03/2016

Bonjour Athalie, j'ai adoré ce roman assez amusant mais parfois grinçant et la plume d'Echenoz est un bonheur. Bon dimanche.

Écrit par : dasola | 28/02/2016

Grinçant, drôle, atypique, du Echenoz pur jus !

Écrit par : Athalie | 03/03/2016

Je dois mettre un livre de cet auteur sur luocine, je l'ai lu souvent avec plaisir mais je n'ai pas encore fait de chroniques , pourquoi ne pas commencer par celui-ci que je n'ai pas encore lu.

Écrit par : luocine | 28/02/2016

c'est vrai que je n'ai jamais vu de notes sur cet auteur chez toi ... mais j'ai pu en louper (quoique ...). Faut que tu te rattrapes et celui-ci est l'occasion de nous régaler en échangeant !

Écrit par : Athalie | 03/03/2016

Encore jamais lu Echenoz et on dirait bien que j'ai tort...

Écrit par : manU | 28/02/2016

Jamais lu ? Il faut que tu tentes le coup ! "Courir" est une bonne entrée en matière, je pense. C'est du très bon, sans le côté un peu parodique des premiers qui peuvent déstabiliser au début de la découverte de cet auteur.

Écrit par : Athalie | 03/03/2016

j'ai tout aimé !

Écrit par : claraclara | 29/02/2016

Il est tout bon, et mieux encore ! Quand Echenoz fait du Echenoz, les mordus en redemandent !

Écrit par : Athalie | 03/03/2016

Les commentaires sont fermés.