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05/04/2016

Je n'ai pas peur, Niccolo Ammaniti

je n'ai pas peur,niccolo ammaniti,romans,romans italiensSous la chaleur d'un été dans les Pouilles, Michele, le narrateur, sa petite sœur et les quelques enfants du village, passent le temps comme ils le peuvent. A peine une dizaine de maisons, des champs, une mare d'eau boueuse, un caroubier, cet univers confiné et asséché offre peu d'échappatoire à l'ennui des gamins. Rackam est le chef, et aussi le plus stupidement violent, un autre, Salvatore, est un peu plus à part. Il est le meilleur ami de Michele. Son père est l'homme le plus riche du village, tous les autres pères ont, un moment ou un autre, travaillé pour lui. Tout le monde se connait, depuis toujours et même depuis trop longtemps. C'est un lieu dont on voudrait partir, pour aller à la mer, manger une glace ... Personne n'en a vraiment les moyens.

Pendant que les parents vivotent, les enfants courent les champs et les chemins, à vélo, en se jetant des gages dont la victime sort toujours humiliée. Rien de bien neuf sous le soleil de l'enfance. Et puis, un jour, une ferme où les cochons ont un appétit féroce mène les enfants vers une maison abandonnée, et un gage conduit Michele vers un prisonnier qui y croupit et le prend pour un ange ...

L'atmosphère est lourde et pesante, comme le secret du village que le petit narrateur de neuf ans va peu à peu découvrir, et sans le vouloir vraiment, mettre le pied dans l'engrenage des grands, qui n'est pas plus beau que ses jeux d'enfants et bien plus inquiétants que ses cauchemars. Au moins dans les cauchemars, on sait que les monstres n'existent pas et que l'on peut les garder dans son ventre. Mais ici, c'est la réalité qui est peuplée de ces monstres aux visages familiers.

Je pense que j'aurais pu adorer ce livre, mais finalement, l'invraisemblance de la situation dans ce cadre, justement, si réaliste, m'a peu à peu gênée, sans doute aussi, parce qu'à la taille de l'enfant, les motivations des grands restent dans l'ombre, inquiétante à souhait, soit, mais aussi quelque peu nébuleuse.

 

 

Commentaires

Oh zut! Dommage... Moi, j'ai été bon public et je me suis laissée prendre au jeu.

Écrit par : Marie-Claude | 05/04/2016

J'ai marché pendant la première moitié du livre, très facilement, mais au fur et à mesure que le secret se révélait, la voix enfantine du narrateur ne me paraissait plus juste. Il reste de beaux moments sur l'ennui, le personnage de la mère ... C'est déjà pas mal !

Écrit par : Athalie | 06/04/2016

C'est le titre de l'auteur que j'ai noté, je crois qu'il a emballé pas mal de lecteurs.

Écrit par : Sandrine | 06/04/2016

Je ne l'avais pas noté sur un blog, pour une fois ! Je ne pense pas avoir lu de billet sur ce titre non plus, mais je ne suis pas étonnée que titre plaise. Emballée, pour moi, c'est fichu, mais tu prendras peut-être plus le relais des enthousiastes. J'avais hésité aussi avec "Comme dieu le veut" sur le même rayonnage, il semble aussi à retenir, pourquoi pas ?

Écrit par : Athalie | 06/04/2016

j'en garde un souvenir très fort, mais aussi très glauque...

Écrit par : Hélène | 06/04/2016

Ce qui m'a peu laissée de côté dans cette lecture, ce serait plutôt l'obscurité sur les motivations des grands, le personnage de la mère reste intact, par exemple, alors que moi, c'est sans doute celui qui m'a le plus interrogée, l'enfant narrateur n'y touche pas, ce qui est un choix de l'auteur, j'imagine bien, pour garder son point de vue et rester, logiquement, incomplet. Sauf que je me suis fixée sur ce côté incomplet ....

Écrit par : Athalie | 06/04/2016

Je lisais ton billet en me disant , zut encore un à ne pas rater, (Zut car je dois toujours me forcer pour lire de la violence) et puis la fin je me dis "ouf" je peux laisser passer cette lecture sans me culpabiliser pour mon manque de courage.

Écrit par : luocine | 07/04/2016

Franchement, je n'ai pas décroché à cause de la violence, mais surtout à cause du décalage entre la parole de l'enfant, la situation hyper réaliste, et l'invraisemblance de l'histoire sordide de ce prisonnier et de ses ravisseurs. mais comme je n'ai pas voulu trop en dire dans la note, me voici coite ...

Écrit par : Athalie | 07/04/2016

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