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17/04/2016

La part de l'autre, Eric Emmanuel Schmitt

star.jpgIl est rare que je fasse une note sur un abandon de lecture, d'abord parce qu'il est très rare que j'abandonne un livre en cours de lecture, et ensuite parce que je n'ai pas abandonné une lecture depuis des années. ce qui fait deux très bonnes raisons. Quand je m'ennuie, je m'ennuie jusqu'au bout, consciencieusement, la main devant la bouche, parce que je suis polie, et les yeux parcourant en diagonale les mots que je ne lis plus. Mais ils ne s'en rendent pas compte, donc, ce n'est pas grave, et je peux en toute bonne foi, dire que, si, je l'ai terminé, ce livre. Et comme j'ai assez peu l'occasion de faire preuve de vraie bonne foi, alors j'en profite.

Mais en ce qui concerne cet abandon ci, il est tellement remarquable que je peux l'argumenter, par conséquent, je ne vais pas m'en priver. Un abandon lâche, puisque sans combat, un abandon exprès, le temps d'un aller retour en bus de chez moi vers une terrasse et de la terrasse à chez moi, quinze pages à l'aller, et quinze pages au retour, ce qui fait que j'ai abandonné à la page trente, et encore j'ai lu les trente parce qu'au milieu de l'aller de retour, lorsque j'ai décidé d'arrêter, je n'avais pas d'autres livres dans mon sac.

A vrai dire, j'avais quasiment décidé d'abandonner avant de le lire, en l'achetant, mais je voulais voir si j'avais raison. Ce qui fait aussi de cette note la plus chère de mon blog. Huit euros 10 pour le livre,  plus le prix des deux tickets, j'ai explosé mon budget de l'abandon. La prochaine fois, j'accepterai de ne pas savoir si j'avais tort ou raison.

Et tout cela parce que je ne peux pas me mettre dans la tête d'Hitler, ni celui qui a été refusé aux Beaux Arts, ni l'autre, celui qui a été accepté, le livre alterne les deux, alors que déjà un, cela fait beaucoup, mais alors deux, cela fait deux de trop. J'ai un barrage anti-fiction qui explose la lecture, ça m'avait déjà fait le même coup avec "Il est de retour" . Ce pourquoi, je me doutais bien que je n'y arriverai pas. J'ai quand même demandé à mon amie A., mon mentor en terme de littérature, (il faudra quand même que j'arrive à faire une note sur "Les gens dans l'enveloppe") entre la page quinze et la page trente, c'est-à-dire sur la terrasse, en gros, "tu l'as lu ?". Elle m'a juste dit "non".

Et vient mon argumentation, sommaire, parce qu'en trente pages, c'est vite torché : voilà un livre où l'on me présente un Hitler trop aimé de sa maman pour pouvoir supporter la vision d'une femme nue et qui s'évanouit quand il doit en dessiner une, le pauvre ...,  un frustré sexuel qui nourrit son complexe de supériorité du rêve inassouvi de tuer son père, qui a fait tant de mal à maman, un malade que Freud se mêle de guérir, la maman étant morte d'un cancer du sein, le pauvre garçon ne peut pas en supporter la vue, ni même dire le mot, "sein" ... Je me suis arrêtée là.

Je ne saurai jamais ce qui est arrivé à l'Hitler admis aux Beaux Arts, mais je sais ce qui est arrivé par l'autre. Ce savoir fictif est rendu non valide par celui de la réalité. Alors peu importe le Hitler et sa maman, son papa, son saint frusquin et sa quéquette molle. Je m'en tape le coquillard de la quéquette d'Hitler et de son complexe d’œdipe. Face à l'histoire, c'est un postulat qui me parait accablant, et je me dis que lire et relire la banalité du mal d’Hanna Harendt est le seul vrai devoir de celui qui mêle la réalité et la fiction à la sauce psy à deux balles.

 

 

Commentaires

J'ai lu ce livre et il fait partie des rares romans de cet auteur qui trouve grâce à mes yeux. Je ne l'ai pas adoré mais j'ai admiré la prouesse, la justesse et l'idée originale même si je n'ai jamais, jamais jamais été touchée ni par la dictateur-artiste déçu, ni par le peintre qui excelle. Parce que pour incarner à ce point le Mal absolu, un échec dans une école prestigieux ne justifie aucunement une telle barbarie et un esprit complètement perverti et pervers. Bises

Écrit par : Philisine Cave | 18/04/2016

ben, tu vois, c'était le premier, enfin peut-on vraiment parler de lecture d'un auteur, quand en lit trente pages ? Ce pourquoi je me garderais bien de porter un quelconque jugement sur la qualité du roman. c'est juste que je ne peux pas lire "Hitler chez le psy", le postulat m'irrite trop le poil ! Le vrai problème me parait-être que justement, il n'y a pas que la perversion d'un homme, d'un seul, qui puisque expliquer une réalité historique d'une telle ampleur, et le mot est faible. La réduction de la Shoah aux problèmes psy du gars responsable du fait, je ne peux pas.

Écrit par : Athalie | 18/04/2016

Jamais fini ! Je n'aime pas vraiment cet auteur...

Écrit par : Hélène | 18/04/2016

Tu vois, on ne peut pas dire que j'ai vraiment insisté !

Écrit par : Athalie | 18/04/2016

Un de ceux de cet auteur que je n'ai absolument pas envie de lire. Et puis, j'ai du mal avec ce genre de livre. Je ne lirai pas "Il est de retour" par exemple...

Écrit par : manU | 18/04/2016

et tu as bien raison de ne pas lire "Il est de retour", je me demande ce qui m'a pris moi !

Écrit par : Athalie | 18/04/2016

Beaucoup de gens ont aimé ce roman, mais très peu font partie de ma blogosphère , c'est pourquoi je lis attentivement les billets des blogs.

Écrit par : luocine | 18/04/2016

Et l'avantage avec le mien, c'est que je n'ai même pas le livre, donc aucun risque de spoilage ^-^

Écrit par : Athalie | 20/04/2016

Alors tu vois c'est drôle parce que j'ai le souvenir d'avoir beaucoup aimé ce livre il y a très très longtemps. Et les autres essais de livres que j'ai tenté de lire de cet auteur se sont soldés par un échec. Donc je me demande si je n'aurais pas un autre ressenti aujourd'hui. Après tout, qu'importe, je préfère rester sur ce bon souvenir. Même si à aucun moment je n'ai eu la moindre empathie pour Hitler, j'avais trouvé l'exercice intéressant.

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Écrit par : monpetitchapitre | 18/04/2016

N'empêche que même si la démarche, je peux la comprendre intellectuellement, je ne peux pas y adhérer en lecture !

Écrit par : Athalie | 20/04/2016

Punaise, quelle chronique! C'est réfléchi et bien argumenté. J'adore!
Entre Eric Emmanuel Schmitt et moi, le courant ne passe plus. J'ai dû lire dernièrement, pour le boulot, "La nuit de feu". Son extase mythique m'a laissée de glace...

Écrit par : Marie-Claude | 18/04/2016

Moi qui pensais que cet auteur était un "must" à découvrir ( ce pourquoi j'ai acheté ce livre ...), ben, faut croire que c'est moins unanime que je ne le croyais alors ? Merci pour le compliment, en tout cas, la psy à deux balles, ça m'inspire faut croire ...

Écrit par : Athalie | 20/04/2016

"Il est de retour" est passé récemment à la tv. Je n'ai pas eu envie de le regarder ( Hitler dans une comédie, pas envie de voir cette idiotie) et ce roman-ci ne me tente pas.

Écrit par : maggie | 20/04/2016

Ah, tiens, il y a une adaptation du roman ? ben non merci aussi, j'ai déjà eu assez de mal avec le livre (qui ne m'a absolument pas fait rire, mais alors, pas du tout !)

Écrit par : Athalie | 20/04/2016

J'avais beaucoup aimé ce livre mais je n'ai pas pu finir " il est de retour" ce genre de sujets ne passe plus chez moi...

Écrit par : Une Comète | 02/05/2016

Chez moi non plus, et je ne m'y frotterai plus !

Écrit par : Athalie | 04/05/2016

Oh, comme j'aime votre liberté de ton ! Bravo pour ce billet. Je partage, d'ailleurs, votre avis et vous remercie de m'éviter même d'avoir l'idée de l'emprunter à la bibliothèque.
Bonne journée.

Écrit par : Bonheur du Jour | 03/05/2016

Merci pour la liberté de ton ... Je tente de dire ce que je pense effectivement ! Pour ce titre, avec seulement trente pages lues, je ne pouvais en parler, c'est juste donc ma démarche de lectrice que je juge ... Et elle n'est pas adaptée au postulat de l'auteur. D'ailleurs, ce livre a rejoint "la boite à lire", qui est prêt de chez moi, l'empruntera donc qui veut !

Écrit par : Athalie | 04/05/2016

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