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26/05/2016

Le jour de la cavalerie, Hubert Mingarelli

la-cavalerie.jpgEt bien, la cavalerie n'est jamais arrivée, on est pas dans Rio Bravo, on est dans "l'art de l'ellipse" (dixit la citation qui est sur le quatrième), y'a même tellement d'ellipses que je me suis mise à chercher l'histoire, je ne l'ai pas vraiment trouvée, mais je pense que l'auteur l'a bien cachée, trop pour moi, en tout cas.

Il y a une vieille, muette et paralysée dans un fauteuil qui communique de la main avec le gars Samuel, qui fait donc toute la conversation à lui tout seul en tentant d'animer le dialogue avec des tours de passe passe à l'aide d’œufs. Il rumine des projets, tuer un serpent, tuer le vieux, réparer un moteur, une ampoule, faire un élevage, combler un fossé, dévier une rivière (non, là, j'en rajoute, ça fait trop ...), projets dont on comprend très vite qu'ils sont tellement ressassés que la vieille passera de vie à trépas avant que le moindre clou ne soit planté dans la poussière de la vieille ferme qui tombe en ruine.

On est quelque part au nord du sud des Etats Unis, ce qui ne change à la paumitude des lieux et de ceux qui y passent un temps qui semble infini, tant il ne s'y passe rien, et tant on y pense à ce rien. (Un rien voulu par l'auteur, c'est l'ellipse)

Un homme passe, Chester, il marmonne une histoire de stand de tir et de trophées qui ne valent pas un vrai tir à la chasse. Un autre arrive, Homer. Il vient du sud et dit la mer, enfin, surtout le chantier de démolition des bateaux qui ne voguent plus. Il pourrait peut-être redonner vie aux projets. Peut-être que d'ailleurs la vieille n'existe pas, peut-être que Sam a déjà tué le vieux, peut-être qu'il n'a pas tué de serpent, peut-être que Chester et Homer ne sont que des ombres de lui-même, égarés dans ce nul part que rien ne vient agiter, sauf la valse des oeufs entre les doigts du personnage.

De beaux tableaux de solitude, mais très très très, on l'aura compris, elliptiques .... Bêtement, j'en suis arrivée à palpiter à l'idée de la chute d'un oeuf ...

Commentaires

Pas tentée, mais ton billet m'a fait beaucoup rire !

Écrit par : maggie | 26/05/2016

Tant mieux si je t'ai fait rire, le livre n'est pas drôle du tout, j'ai laissé aller mon esprit de contradiction ...

Écrit par : Athalie | 29/05/2016

Oui, ton billet se lit très bien! ^_^

Écrit par : keisha | 27/05/2016

Merci Keisha ! ^-^, et en plus, pour une fois, j'ai fait court ! (bon, le livre l'est aussi, il faut bien le dire, ça aide !)

Écrit par : Athalie | 29/05/2016

Allez, je te mets le lien vers ma critique, minimaliste elle aussi...

http://www.babelio.com/livres/Mingarelli-Le-Jour-de-la-cavalerie/2604/critiques/878180

Écrit par : cathe | 27/05/2016

Oui, une critique "très ténue", elle aussi ... Mais tu as plus apprécié que moi, visiblement.

Écrit par : Athalie | 29/05/2016

Rhaaa, je l'aime bien Mingarelli. Faut dire que c'est mon truc l'ellipse (et puis la chute d'un œuf est toujours un événement pour moi !)

Écrit par : jerome | 27/05/2016

Moi aussi, je l'aime bien, faut pas croire ... Et j'aime les ellipses, mais là, je n'ai juste pas réussi à les remplir de sens ... Et au risque de te décevoir, sache qu'aucun oeuf ne tombe (ou alors je n'ai pas vu l'ellipse de la chute ...)

Écrit par : Athalie | 29/05/2016

J'aime bien la plume de cet auteur moi, ces silences, ces non-dits... Question d'atmosphère ;-)
Cela dit je n'ai pas lu celui là !

Écrit par : Noukette | 27/05/2016

Oui j'aime bien aussi, en général, j'avais adoré l'atmosphère de "Un repas en hiver" !

Écrit par : Athalie | 29/05/2016

Je viens de finir La route de Beit Zera, de cet auteur. Je ne sais pas encore si j'ai aimé tant de minimalisme, j'ai besoin de réfléchir.

Écrit par : Valérie | 02/06/2016

Les commentaires sont fermés.