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29/04/2016

Deadwood, Peter Dexter

deadwood,peter dexter,romans,romans américains,pavés,western et cieAu départ, c'est l'histoire de Bill, la légende vivante du far-west qui arrive en 1876 dans la ville de Deadwood. La légende vivante, encore vivante, bien que salement rongée par une syphilis galopante, est accompagnée de Charley, son complice et son double, en moins légendaire, un dandy de l'ouest plus discret du colt, et Charley est accompagné du petit. Et le petit n'est pas encore bien rompu à l'Ouest, il commence par tuer le cheval de Bill, sans le faire exprès, parce que dans le convoi qui mène les trois vers les Blacks Hill, il a fait copain-copain avec le proxète. Al Swearinguen charie avec lui dans les chariots ses nouvelles putains, destinées à ravitailler son bordel à Deadwood. La bouche de Al s'est quelque peu égarée vers la flute de Malcom, le petit ....

De flutes, il en sera souvent question dans ce roman où les mythes du western pataugent dans la boue du quartier bas de Deadwood. Elles sont souvent à l'air, à cheval, prêtes à dégainer, comme les colts ou autres armes contondantes le sont dans les mains des dits propriétaires des flutes. Les putains, à Deadwood, fleurissent aussi. Elles peuvent être au grand coeurs, mordantes, chinoises, elles accueillent dans leur lit aussi bien les psychopathes patentés que ceux qui sont encore en cours de formation.

Deadwood est une ville où peu d'hommes sont encore vraiment entiers, fous, boiteux, sales, les plus souvent saouls ou en passe de le devenir, où les tueurs sont assermentés par les proxénètes, où un homme balade avec dans la besace une tête en décomposition, où le crime paye, la plupart du temps, où une putain peut être découpée en morceaux par trop grand amour de pureté, où le corps d'un chinois, même oublié dans un four, ne sera quand même pas sans conséquence, où un chien de combat gobe des oeufs fermentés par amour de Bill, où ceux qui sont venus faire fortune se sont fatigués de chercher les rares pépites dans le ruisseau ...

La nature est devenue gadoue, la ville n'est pas encore construite mais déjà, il faut déménager le cimetière ....

Trois grands chapitres retracent les parcours plus ou moins longs de Bill, le petit et Charley et des autres énergumènes plus ou moins sympathiques qui peuplent Deadwood, en rappant de leurs bottes les planchers mal dégrossis des bordels et des saloons. On y rêve de gloire, de celle que donne les balles, on y croise aussi d'autres, dont Calamity Jane en poissarde malodorante et amoureuse, qui se voit en femme de Bill, et s'y coltine avec la vraie, l'acrobate aux cuisses musclées, parfois l'ombre de Custer plane ...

Et le plus balèze de ce livre, mis à part les quelques épisodes que je viens d'évoquer de manière fort elliptique, c'est que l'on y prend goût à la fade odeur de décomposition qui règne à chaque ruelle et coin de pages, on ouvre grand les mirettes, en se pinçant quand même le nez ... pour suivre la fidélité presque humaniste de Charley, son attachement aux quelques éclopés de la route qui mènera Deadwood à un début de respectabilité, enfin, presque ....

 

Commentaires

Je n'ai jamais lu de western mais j'ai vu beaucoup de films, je note celui-là même si cela n'a pas l'air follement gai...

Écrit par : maggie | 29/04/2016

Ce titre a tout d'un western un peu glauque, avec un humour très noir ! D'après la couverture de mon bouquin, il a été adapté en série. En qui me concerne, je n'en ai vu aucun épisode ...

Écrit par : Athalie | 30/04/2016

J'adore tout ce qu'écrit Peter Dexter. Étonnamment, je n'ai pas lu "Deadwood", mais après avoir lu ton billet, tu donnes franchement envie de remédier à cette faute. Je me mets en quête!

Écrit par : Marie-Claude | 01/05/2016

J'ai pourtant eu du mal à adhérer à cet univers au départ ... je découvrais l'auteur, je ne savais pas trop où j'allais, et puis c'est quand même très viril basique, sans recul ... un côté brut de pomme, et puis, finalement, mes réticences se sont estompées. C'est juste épais comme truc :

Écrit par : Athalie | 06/05/2016

proxète ou proxénète?
dans ce long billet on te sens prise par cette histoire même si tu patoges un peu dans la gadoue, le sang et la maladie..

Écrit par : luocine | 01/05/2016

J'ai pataugé, et finalement adhéré ! Tu as tout compris !

Écrit par : Athalie | 06/05/2016

tu as compris que tu patauges et pas patoges?

Écrit par : luocine | 01/05/2016

J'ai compris que c'est "patauger" et "proxénète" ... Je vais rectifier !

Écrit par : Athalie | 06/05/2016

Un auteur que j'aime beaucoup (Pete et non Peter). Je te conseille Train qui est selon moi son meilleur roman.

Écrit par : jerome | 02/05/2016

Décidément, j'accumule les fautes de frappes moi ! Même sur le nom de l'auteur !
Pas étonnée que tu aimes, c'est viril à souhait, rude et coupant. l'humanité se tient à peu de fils. J'aime aussi.

Écrit par : Athalie | 06/05/2016

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