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04/05/2016

Le rire du grand blessé, Cécile Coulon

printemps-poetes-2012-7-L-QBRckV-175x130.jpegL'auteure se glisse ici dans le dystopique. Le hic, c'est que dans le genre, il y a quand de grands ancêtres, et que pour le thème choisi ; le pouvoir libérateur de la lecture face à une société qui le nie, le réprouve ou le combat, on est quand même dans du classique de chez classique, normé, encadré, calibré de topoï que l'on retrouve ici, sans surprise aucune.

Un individu solitaire, issu de la classe sociale de la plus méprisée d'une société futuriste quelconque, fait preuve de qualités exceptionnelles, sang-froid, rigueur, forces physiques et mentales pour se hisser dans le corps d'élite des Agents. Il porte évidemment un numéro de robot, 1075.

Les agents sont une sorte de police-milice affectée à l'encadrement des grandes manifestations de lectures publiques. Lesquelles manifestations sont organisées dans de gigantesques stades, par le pouvoir, comme des exutoires pour une population dressée à ne pas lire en dehors. Ce sont des "manifestations à haut risque". Un lecteur balance à la foule électrisée les mots écrits dans un moule par un écriveur, autre corps d'élite pris en charge par le programme du service national. Il se produit alors l'heure de grâce, un moment de transe et de folie collective, l'hystérie des sentiments que les histoires formatées pour libèrent en vrac. Parce que les mots et les histoires sont calibrés, ils font adhésion et catharsis.

Le pouvoir a pris les mots et a lissé les histoires, la paix sociale est garantie par les déchainements réguliers, encadrés par des Agents parfaitement insensibles, eux, aux pouvoirs des mots dévidés en boucle. 1075 est l'Agent parfait, analphabète et ambitieux, fier des avantages de sa position.

Croyant se maitriser et maitriser les rouages de la machine, 1075 va pourtant tomber dans le piège des livres, des vrais, ceux qui entrainent réflexions et profondeurs intimes, et non une stupide identification, et le numéro deviendra âme sensible à l'aide d'une femme et d'un double jeu.

Le propos est louable, et court, les cibles évidentes : la manipulation des masses par l'émotion, la littérature fabriquée. L'écriture, très classique et linéaire, ne sauve pas l'intérêt ... Un exercice de style sur lequel l'auteure a voulu faire ses griffes personnelles comme on fait ses gammes ?

Je ne sais, mais ce livre n'a rien a voir en tout cas avec les qualités de "Méfiez vous des enfants sages" ou "Le roi n'a pas sommeil".

Commentaires

donc on va laisser ce roman là où il est! merci pour le mot dystopique que je ne connaissais pas

Écrit par : luocine | 04/05/2016

On dit aussi contre utopie, mais je crois que dystopie est de plus en plus fréquent. Pour ce roman, je ne crois pas qu'il ajoute grand chose au genre, effectivement.

Écrit par : Athalie | 06/05/2016

Je viens de lire tes chroniques sur ces deux autres romans. De fil en aiguille, j'ai très envie de me faire les dents sur «Méfiez vous des enfants sages».

Écrit par : Marie-Claude | 04/05/2016

Je crois que entre les deux, j'ai encore un léger faible pour "Le roi n'a pas sommeil", mais les deux valent pour leur originalité et leur singularité, ce qui pas la cas de celui-ci !

Écrit par : Athalie | 06/05/2016

J'aime beaucoup la plume de Cécile Coulon, d'ailleurs je ne trouve pas son écriture classique et linéaire ici. J'ai aimé ce roman là, peut-être pas son meilleur mais elle en a sous le pied c'est certain. Talent brut à suivre de près !

Écrit par : Noukette | 05/05/2016

Tu es sympa pour l'auteur, finalement, en recommandant deux titres d'elle!

Écrit par : keisha | 05/05/2016

Je m'attendais à ce qu'elle renouvelle un peu le genre, justement parce qu'elle de la ressource, cette auteure. Et puis, non, finalement. Cela n'empêchera pas que je lirai d'autres titres, un peu plus tard ....

Écrit par : Athalie | 06/05/2016

Ce que ce roman Le rire du grand blessé m'a inspiré : le désir relire de toute urgence Farhenheit 451 et de suivre à nouveau les tribulations de son pompier Monday !! La littérature ne nuisant pas à la santé quoique.... On n'étaient pas très fraîches encore hier soir , surtout elles !

Écrit par : A au carré | 05/05/2016

Ben oui, un peu "au carré" quoi ... Mais je ne relirai pas pour autant les tribulations de Monday, j'ai l'impression que le message ne passerait plus aussi bien ( je crois bien que je l'ai lu ado .... ça date trop !)

Écrit par : Athalie | 06/05/2016

Même ses romans précédents ne me tentent pas...

Écrit par : maggie | 05/05/2016

Pourtant, il y a vraiment quelque chose, un peu à part, un peu décalé, et c'est très court !

Écrit par : Athalie | 06/05/2016

Mince, je n'i haais lu cet auteur et je voulais commencer apr celui-ci !

Écrit par : Hélène | 06/05/2016

Il y a sans doute des critiques plus positives que la mienne ? Surement même, c'est une auteure bien représentée dans la blogo littéraire. Tout ce que je peux te dire, c'est que c'est le troisième titre que je lis de cette auteure, et le seul qui m'ai déçu. Ce qui n'est pas si mal !

Écrit par : Athalie | 06/05/2016

J'avais beaucoup aimé le roi n'a pas sommeil, mais l'aspect dystopique de celui-là ne m'a pas du tout attiré.

Écrit par : jerome | 06/05/2016

En fait, je voulais surtout voir comment elle s'en tirait de la dystopie, mais comme le genre est super codé, ce ne doit pas être facile de trouver un nouvel angle. Sans doute ce titre peut-il passer quand on n'en pas trop lu encore ?

Écrit par : Athalie | 06/05/2016

Ce n'est pas mon préféré de cette jeune romancière plus que prometteuse ! Son dernier roman, "Le Coeur du Pélican" est vraiment très bien...

Écrit par : Margotte | 08/05/2016

Je n'en doute pas, je continuerai à suivre cette plume. Elle a beaucoup de qualités, je me demande ce qui l'a poussée à endosser ce carcan ?

Écrit par : Athalie | 09/05/2016

C'est mon préféré de cette auteure, comme quoi, les goûts et les couleurs...

Écrit par : Valérie | 10/05/2016

Les commentaires sont fermés.