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03/06/2016

Blés de Dougga, Alia Mabrouk

les blés de dougga,alia mabrouk,romans,romans tunisie,romans historiques,déceptions.Dougga dépend de Carthage et Cathage dépend de Rome. le peuple de Rome a faim et les terres de Dougga ont du blé à foison. L'empire commence à s'effriter, les Barbares ont remporté quelques victoires, et Dougga commence à le savoir. La protection accordée par l'Empire baisse la garde, alors que les impôts imposés aux provinces en échange, augmente. En ce début d'été antique, Rome pour apaiser son peuple exige de ses possessions lointaines le double de la moisson habituelle.

C'est la mission que le jeune et beau procurateur Caecilius Metellus s'est vu confié et qu'il compte mener à bien en arrivant dans la ville assoupie, pour le moment dans la torpeur des terres africaines. Il y retrouve un ami, Marcillius, représentant officiel de Rome en cette terre anciennement numide, riche et fertile, que Rome a asservi, du temps de sa puissance. Si Caecilius se veut fidèle à l'Empire et à son bon droit, Marcillius, lui, a commencé à douter. Un peu, seulement.
Ce qui ne l'empêche d'offrir fraîcheur de la demeure et cénas pléthoriques. Caecilus arpente la ville, découvrant thermes, marchés, temples et richesses. Il se laisse séduire, lui, l'homme des étendues de mer bleue, par les charmes des vagues blondes des blés et autres odeurs du vent qui passe. Une séduction qui reste inconstante, pas suffisante en tout cas pour comprendre que la misère guette les populations, si ses exigences demeurent aussi élevées. Les seigneurs locaux ont préparé une coalition, qui tente de lui faire raison revenir. Mais fidèle à un idéal qui l'a élevé, Caecilus n'en retire que la gloire de les vaincre et l'énervement de les entendre.

Qui n'a qu'une oreille n'a point de raison, aurait pu être le fil conducteur de cette histoire, qui en fait n'en a guère, de fil. Le charme exotique du cadre et de cette antiquité carthaginoise est rapidement rompu par le trop plein d'érudition. L'auteure connait si bien son arrière plan historique qu'elle en met partout, ça déborde de l'histoire. Les personnages restent plats, sans liens, on les croise et ils disparaissent du noeud de l'histoire, n'ayant plus rien à faire, support d'un morceau d'exotisme , d'une odeur, d'une pratique, d'un dialogue ... Un ou deux chrétiens, deux prostituées, une beauté fatale, un prêtre taciturne, des courses de chevaux, on a l'impression d'un passage en revue.

Et si on garde l'envie de plonger dans des thermes à mosaïques avec le beau ( mais quand même pas fun) Caecilius, et de se faire au passage masser les petons par le gros balèze des bains, l'ancrage social, politique et le dilemme intime sont tellement esquissés qu'on les perd complétement de vue.

Et c'est quand même dommage.

 

 

Commentaires

Delenda est carthago (en gros, quoi)

Écrit par : keisha | 04/06/2016

Et errare humanum est (en gros aussi)

Écrit par : Athalie | 05/06/2016

Je suis ravie que ce livre peu médiatisé au moment de sa parution voit une chronique chez toi. Je l'ai beaucoup aimé contrairement à ton ressenti. Il m'a plongée dans un autre univers que le contemporain et cela m'a bien plu. J'ai un tendresse particulière pour cette intrigue.

Écrit par : Philisine Cave | 04/06/2016

Et j'espère aussi que malgré mon peu d'adhésion, au final, ton commentaire plus positif vaudra à ce titre quelques lecteurs supplémentaires ... Il est vrai fort peu médiatisé, je n'ai avais jamais entendu parler en tout cas. J'ai découvert cette maison d'édition dans une librairie si atypique, perdue aux fonds des bois bretons, que je n'ai pas voulu en repartir sans y faire un achat ( plusieurs en réalité ...)

Écrit par : Athalie | 05/06/2016

Les romanciers historiques qui étalent leurs savoirs et oublient intrigue et personnages, il y en a malheureusement beaucoup (et plus encore dans le roman policier historique). Dommage car bien souvent, ils sont passionnés par leur sujet...

Écrit par : Sandrine | 05/06/2016

C'est d'autant plus dommage que l'on sent une connaissance profonde et affective de l'auteure pour l'époque décrite, il y a des pages vraiment convaincantes, dans les descriptions des paysages, dans le ressenti des odeurs et des sensations ... On se laisse porter et puis flop !

Écrit par : Athalie | 05/06/2016

Tout le monde ne peut pas être Flaubert !

Écrit par : maggie | 05/06/2016

La référence est de taille ! Salammbô est pour moi un lointain souvenir de lecture mais auquel je ne toucherais jamais plus, tant il fut ébloui !

Écrit par : Athalie | 05/06/2016

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