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20/06/2016

Scipion, Pablo Casacuberta

Hannibal-Crossing-Alps-War-Elephants.jpgScipion, dit Anibal de son vrai prénom, n'a rien d'un conquérant. Le poids de son père, historien émérite des âges antiques, l'a fait looser, et son prénom sonne plutôt le glas que l’oliphant des éléphants. De même, en terme de stratégie amoureuse et de carrière, le héros narrateur navigue à vue depuis des années. Le moins que l'on puisse dire est qu'en terme d'héritages, il n'est pas verni.

Le père est mort depuis déjà un temps certain, et même avant cette disparition, Anibal était écarté (s'était écarté, aussi ...) de toute forme de reconnaissance ou de communication d'avec le grand homme. C'est cet héritage que le héros découvre ( en partie ...) au début du roman, quand, enfin autorisé à pénétrer dans la maison qui fut celle de sa bien triste enfance ( la mère l'ayant désertée assez tôt et la sœur s'étant révélée aussi indéboulonnable qu'une statue de César stalinien), et c'est ainsi qu'il récupère trois boites à Pandore. Qui se révèleront à double fond. Persuadé qu'il ne fut pour son père qu'un objet de mépris, Anibal a dans ce sens là, toujours tout fait pour le satisfaire. Face aux boites, on s'attend donc à des révélations, mais que nenni, les premières découvertes ne sont que déceptives et cruelles réminiscences de leurs profondes divergences. Et même Alicia, la fraîche assistante de l'agence immobilière qui l'accompagne est une des admiratrices ferventes du lyrisme historique paternel. Anibal reste prisonnier de ses larmes, de déconvenues. Mais le ton est donné, et enfermé dans le point de vue du piteux narrateur, le lecteur se met à sourire et à douter, non, nous ne partirons pas à la quête du père ou du grand secret sans quelques tribulations burlesques.

En effet, le testament en cache un autre, un testament à épreuves. Pour accéder au confort que les richesses paternelles pourraient enfin assurer à notre héros malmené, ne serait-ce que lui permettre de sortir de la sordide pension où il cohabite avec un vieux fou déféqueur, voire de lui éviter de continuer à entretenir un alcoolisme latent et un défaitisme certain, Anibal va devoir écrire un livre. Et pas n'importe lequel, un livre d'histoire moderne, qui, de plus, devra être cautionné par les fourches caudines de l'institut paternel, gouverné par le fantasque avocat Manzini. Le testament est piègeux ...

De tribulations en faux espoirs, Anibal mènera son odyssée burlesque, et dans un naufrage surréaliste, retrouvera un sens à l'histoire, porté par sa seule rancœur dont on ne sait finalement, si elle est réalité ou fantasme, une justification à postériori de la suite de ses échecs.

Une quête des origines à tiroirs, qui semble aller à veau l'eau, puis, qui reprend pieds ... Comme le narrateur, j'ai failli m'égarer en route, puis comme lui, j'ai finalement compris que la route à suivre était de ne pas résister et ne pas céder à l'envie de tout savoir. Une très belle fin de roman, en tout cas, tout en douceur et délicatesse.

 Lire aussi l'avis de Keisha

Commentaires

Ah cette crue! Vraiment un roman que j'ai dû classer en coup de coeur, je crois...

Écrit par : keisha | 20/06/2016

En tout cas, tu m'avais bien tentée, et tu avais raison ! Des crues comme cela, on n'en lit pas tous les jours !

Écrit par : Athalie | 21/06/2016

Lu dans le cadre du Prix Points, une belle découverte !

Écrit par : Noukette | 20/06/2016

La fin m'a laissée pantoise .... Un livre entre rires et larmes !

Écrit par : Athalie | 21/06/2016

il est là, dans ma PAL, tout au-dessus et je ne fais que retarder cette lecture qui, je crois, n'est pas facile. Tu enfonces le clou, tant mieux!

Écrit par : Violette | 21/06/2016

Ce n'est pas spécialement une lecture difficile, tu verras, il faut juste accepter de se laisser prendre par le courant, et il va vite, alors ...

Écrit par : Athalie | 21/06/2016

Un excellent souvenir de lecture, il me tarde d'attaquer son nouveau roman, arrivé il y a peu à la maison.

Écrit par : Jerome | 21/06/2016

Quelle célérité ! je viens de le découvrir et tu en es déjà à la suite ... J'espère qu'il sera aussi déjanté et d'aussi bonne facture ! Tu nous en donneras des nouvelles.

Écrit par : Athalie | 21/06/2016

un petit rien me retient de sauter le pas, ton avis est très intéressant mais je retiens aussi le passage où tu t'es un peu perdu , j'avais déjà eu des réserves chez Keisha et Jérôme , je vais quand même le mettre dans ma liste ... on ne sait jamais .

Écrit par : luocine | 21/06/2016

Coucou Luocine, je tape doucement, car j'ai réussi à me fouler des doigts en cueillant des cerises ... Je ne me souviens pas de réticences chez keisha, c'est bien chez elle que j'avais noté ce titre. Vu les commentaires contrastés, je m'insiste pas non plus !

Écrit par : Athalie | 27/06/2016

Je me suis tellement perdue que je ne suis pas arrivée au bout.

Écrit par : Valérie | 24/06/2016

C'est l'effet déluge, je pense ?

Écrit par : Athalie | 27/06/2016

Ton billet est très drôle mais je ne suis pas tentée...

Écrit par : maggie | 25/06/2016

Pourtant, le livre est plutôt drôle ...

Écrit par : Athalie | 27/06/2016

Comme Valérie, je n'ai pas réussi à rester dedans...

Écrit par : Kathel | 27/06/2016

Il a en côté un peu délirant et les autres personnages s'agitent tellement autour du narrateur, et comme chez lui, les pensées se bousculent, il peut avoir un côté tourbillon, ce titre ...

Écrit par : Athalie | 27/06/2016

Les commentaires sont fermés.