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26/07/2016

Auprès de l'assassin, Louis Sanders

auprès de l'assassin,louis sander,romans,romans policiers,romans français,romans angleterreUn couple d'anglais s'installe pour une nouvelle vie dans le Périgord, pas le coin le plus touristique, celui de Sarlat, mais dans un autre, du côté de Périgueux, un peu plus rural, avec même un côté encore brut, et pour eux, même, brutal. Des clichés de l'authenticité, ils en sont l'archétype, mais cette authenticité qu'ils recherchaient, ne va pas se révéler pour eux sous son meilleur jour.

Mark et Jenny ont acheté une vieille bâtisse "à rafraichir", ils ont un petit pécule pour voir venir et un projet, le kit vieille maison de caractère, jardin, pierres, cheminée, rivière, tout en main, ou presque pour transformer la grange en de délicieuses chambres d'hôtes avec enduit chaulé et décoration champêtre. D'ailleurs, Jenny hésite, faudra-t-il leur donner des noms de contrées anglaises ou s'inspirer de la botanique locale ? Pourtant, si Mark est enthousiaste, dès le premier jour, elle renâcle un peu à tout voir en rose ... Il y a des odeurs, des présences, une réalité que les magasines de décoration ne laissent pas pénétrer dans leurs pages. Jimmy, leur petit garçon, lui, a du mal à lâcher sa DS pour s’extasier aux charmes du champêtre.

Mark y croit dur, il prend sa petite famille par les sentiments pour aller faire connaissance avec leurs voisins, un drôle de couple que Martin et Georgette, du moins aux yeux des anglais. Les échanges tournent rapidement à l'angoisse de l'incompréhension entre le monde pasteurisé des nouveaux arrivants et la rusticité costaude de la ferme où l'on trait des vaches pour de vrai et où l'on composte le fumier. L'animosité se construit sur des échanges anodins ; un lapin offert, du lait que l'on ne boit pas. Mark, Jenny et leur fantasme s'écroule et leur déception se focalise sur la personne de Martin.

Alors que Jenny s'enfonce, Mark se lance dans l'intégration à tout prix et tente de faire couleur locale et copain copain avec Jean Louis, grande gueule, grand buveur et grand chasseur, bien illusoire rempart contre la paranoïa qui envahit le rêve anglais. D'un autre côté, les anglais locaux ne sont guère plus fiables, snobs, alcoolisés, ils forment un autre monde, à part, lui aussi.

Le tableau est acide et grinçant, de l'Eden à l'enfer, le récit franchit très (trop ?) vite le pas. L'atmosphère est oppressante à souhait, l’obsession de Mark est prégnante, et l'intérêt de l'intrigue est que l'on ne sait qui, des voisins, ou des anglais, dérapent, ni si il y a vraiment dérapage d'ailleurs, et quelle est la place du fantasme et de la sur interprétation entre les deux univers. En tout cas, un retour à la terre complétement loupé !

 

 

 

      

Commentaires

Excellente l'illustration de Larcenet !

Écrit par : Sandrine | 26/07/2016

C'est un peu le roman à l'envers ! j'adore "Retour à la terre", mais sans aucune volonté de le faire, je ne voudrais pas "Grossir le ciel" !

Écrit par : Athalie | 26/07/2016

pour avoir (dans une autre vie) bien connu le monde rural breton, je sais que c'est un monde rude et sans pitié, un monde où tout se sait et où on juge très vite l'autre sur ses capacités à travailler la terre est forcément implacable.

Écrit par : luocine | 27/07/2016

Visiblement, c'est la même dureté en Bretagne que dans le Périgord ! L'intérêt du livre réside quand même dans le fait que le couple d'anglais a autant de préjugés que les natifs du cru, et c'est là où ça coince ...

Écrit par : Athalie | 28/07/2016

Visiblement, c'est la même dureté en Bretagne que dans le Périgord ! L'intérêt du livre réside quand même dans le fait que le couple d'anglais a autant de préjugés que les natifs du cru, et c'est là où ça coince ...

Écrit par : Athalie | 28/07/2016

Punaise, mon commentaire de 20 lignes vient de sauter !!

Je résume, donc : où vas-tu avec cette belle bibliothèque ambulante ??

Je pars aussi demain, cap au nord, pour un périple au Danemark (pour la 1ère fois, on part sans les enfants devenus grands, donc pas de risque d'entendre le sempiternel et fameux "c'est quand qu'on arrive ?")..

Du coup, je me suis préparée une pile scandinave (j'ai dû élargir, les auteurs danois traduits en français n'étant pas légion) : Grondhal, mais aussi et surtout d'illustres inconnus en ce qui me concerne (je ne me souviens même plus de leurs noms, juste que la plupart terminent par "sson" et qu'ils ont des drôles de voyelles barrées..).

Je te souhaite d'excellentes vacances, et rendez-vous pour ma part en septembre (ma chef m'a collé un déplacement à mon retour, je ne suis donc pas prête de rapprocher mon blog....)

Écrit par : Ingannmic | 29/07/2016

Ai-je eu une hallucination : j'étais en train de poster le commentaire ci-dessous sur un billet évoquant ton départ en vacances... qui a brutalement disparu !!

Écrit par : Ingannmic | 29/07/2016

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