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24/09/2016

L'authentique Pearline Portious, Kei Miller

l'authentique pearline portious,kei miller,romans,romans jamaïquePearline Portious est une crieuse de vérité jamaïcaine échouée en Angleterre. Monsieur Gratte Payé écrit son histoire, à sa façon, qui ne plait pas toujours à la vieille femme. Parce que si monsieur Gratte Payé l'écoute, il transforme, arrange, à sa manière d'écrivain qui n'y connait rien à la Jamaïque, deux journées en une, deux lieux en un. Il veut que Pearline Portious retrouve son histoire perdue dans une mémoire que l'Angleterre a prise pour celle d'une simple folle. Seulement, monsieur Gratte Payé ne le lui a pas dit.

D'ailleurs, à commencer par son nom, depuis le temps qu'elle le dit, qu'elle ne s'appelle pas Pearline Portious mais Adaminte. Pearline Portious, c'était sa mère, celle qui lui a donné naissance dans une léproserie parce qu'elle n'arrivait pas à vendre ses napperons violets. Alors, de fil de couleur en fil de couleur, elle s'est installée avec les derniers malades grâce à qui les napperons sont devenus bandages et les malades arc en ciel. Et puis, un homme est passée par là et maman Lazare a dû repousser sa mort pour veiller sur Adaminte.

Le réalisme magique marque les pages de ce début de roman en Jamaïque. Entre songe et superstitions, les dons vous tombent dessus comme autant de malédictions. C'est ainsi qu'Adaminte est devenue crieuse de vérité. Et même si on se trimbale une paire de ciseaux au cou pour couper les fils des esprits qui s'emparent des âmes, et même si on est la reine des égorgements de poulets, en Jamaïque ou pas, quand on dit une vérité que personne ne veut entendre, on est rarement crue.

Adaminte ou Pearline, l'atmosphère en Angleterre est moins propice au réalisme magique qui a tendance à s'étioler, non seulement pour le personnage, mais aussi pour son histoire. Et ce qui fonctionne parfaitement dans un univers finit par faire hiatus dans l'autre.

Alors, même si c'est un chouette premier roman, avec un style maitrisé, parsemé d'exotiques expressions qui fleurent bon le créole, qu'y sont aussi semées de belles remarques sur les rapports entre le romanesque et la réalité, les épisodes liés au récit de la déchéance d'Adaminte dans le réalisme sordide m'ont moins convaincue. La brume et les frimas londoniens atténuent les couleurs d'un personnage qui devient simple figurante d'un triste fait divers.

A lire l'avis d'Ys, qui a aussi animé le plateau de cette rencontre sur le réalisme magique, avec la Carole Martinez en grande forme, même si elle est arrivée super en retard ! mais bon moi, je lui pardonne tout ... Et avis aux lectrices bretonnes, elle serait en recherche d'un village autochtone avec un bureau de poste de poste dedans ! Quant à savoir ce qu'elle veut en faire !!!!

21/09/2016

L'amie prodigieuse, Elena ferrante

l'amoie prodigieuse,elena ferrante,romans,romans italie,romans adolescenceLila est l'amie prodigieuse d'Elena : prodigieuse car modèle et rivale, complice et bourreau, prodigieuse, car Lila se donne tous les droits, qu'Elena suit comme de nouvelles lois, même si elles ne sont pas toujours fiables.

Elles sont filles de familles très modestes, dans la banlieue de Naples, et elles n'ont jamais vu la mer. Leur milieu est tout petit un quartier, quelques immeubles, la violence banale, la promiscuité des rancœurs, des appartements. Leurs mères sont fanées depuis longtemps, les pères sont vendeurs de fruits et légumes, épiciers, menuisiers. Le père d'Elena est portier à la mairie, celui de Lila, cordonnier. De petites vies où aucun rêve ne vient briser les chemins tracés des garçons, qui mettront leurs pas dans les pauvretés de leur père, et les filles les leurs dans les rides de leur mère.

 Lila est autre. A l'école, elle défie les règles et comprend plus vite que les autres, sans aucune bonne conduite, elle ne suit pas les codes. Elena est la jolie poupée blonde, bonne élève protégée par la maitresse, pourtant rude. Lila est la petite maigre souillonne. Et pourtant, dans la poussière de la cour de l'immeuble, les deux fillettes se frôlent d'amitié, chacune de son côté du soupirail, et cela devient pour toujours, ensemble.

Comme on ne voit jamais Lila que par les yeux et les mots d'Elena, on ne saura jamais vraiment ce que voulait vraiment l'amie prodigieuse, si l'inconditionnelle admiration, stimulation, entre les deux est véritablement le partage de cette volonté de sortir du milieu qui les contient autant qu'il les retient. Sans doute que oui, même si les chemins pour y parvenir se séparent : Elena suivant le chemin des études, vaille que vaille, alors que Lila, prisonnière du quartier, se crée d'autres rêves ...

 Grandir, changer, se mépriser, se trouver laide, apprendre la latin, le grec, entourée de la peur de l'échec, contre l'atavisme social, et contre son propre découragement ; pour Elena, sortir du quartier, c'est aussi s'éloigner de Lila, ne plus vraiment la comprendre, mais comprendre, par contre, le mépris des jeunes garçons riches pour ses amis à elle, comprendre qu'il y a des frontières, que le chic des filles du quartier n'est aux yeux d'autres que vulgarité criante, que même Lila endosse le rôle de la Barbie, en quête d'une autre voie que la sienne.

Plus que l'histoire de l'amitié, ce qui retient l'attention dans ce livres est son évolution, qui suit celle de leur quartier, de l'immédiate après guerre, à des années un peu plus d'abondance, où l'on peut rêver de robinet à eau chaude et de baignoire.

Il semblerait que la suite vienne de sortir, à en croire les blogs que je suis, avec toujours un certain retard ....

 

17/09/2016

Hilarion, Christophe Estrada

185-RECTO.JPGJ'ai décidé de poursuivre la série commencée par ma lecture de "L'énigme des Blancs manteaux" de Parot, et poursuivie par un premier conseil d'Ys, "La baronne meurt à cinq heures" de Lenormand. Il s'agit ici de son deuxième conseil, et donc de ma troisième lecture à suivre d'un roman policier historique ayant pour cadre le XVIIème. J'ai un peu craint le surdosage au départ, et puis non.

Dans ce roman, le XVIIIème est quasi finissant, du moins se teinte-il d'une certaine amertume, pourtant ce n'est que le début du règne du nouveau Louis XVI. Géographiquement, ce roman sort aussi du cadre des deux précédents, strictement parisien ou presque, pour plonger dans la province, entre Aix en Provence et Toulon, il se passe de drôles de choses ... peu philosophiques. La classe sociale mise en scène n'est pas pour rien dans l'intérêt de ce roman, point d'élite intellectuelle, mais une moyenne aristocratie provinciale qui grouille d'envies, soucieuse de ses privilèges, campée dans ses certitudes, rivée sur une réputation familiale à tenir et un rang à perpétrer, sauf que ça va être plus compliqué que prévu, étant donné l'état des fils des bonnes familles ....

J'ai d'abord cru que j'avais commencé par le second de la série, car le chevalier Hilarion, arrive, héros de cape, mais surtout d'épée, en Aix, chez sa tante, charmante snob, tout auréolé d'une gloire et d'une réputation acquise par l'habilité de sa lame et sa force de caractère : il vient de réprimer, sans coup férir, la révolte des pénitents rouges, confrérie aristocratique qui s'était soulevée contre l'absolutisme royal. Aussi beau, que jeune, orgueilleux et habile, et un peu tourmenté quand même, Hilarion jouit d'un statut privilégié, puisqu'en dehors de toute institution, directement mandaté par le roi, lorsque le scandale éclate, il garde les mains libres et le sauf conduit pour farfouiller dans le caca, un sacré merdier en réalité qu'inaugure un premier meurtre de fils de bonne famille.

Et le fiston est dans un sale état, pas aristocratique du tout, assassiné et émasculé, retrouvé dans une ruelle puante, recroquevillé comme un bébé dans une fontaine asséchée. Sa réputation n'était pas sans tâche à ce jeune nobliau, mais les éléments très scabreux de son exécution, révèlent les pratiques honteuses des jeunes militaires, appelés à servir dans la marine du roi, mais qui conquièrent surtout les garçons au cul ferme qui en font commerce, faute de pouvoir faire carrière.

La construction de l'enquête est simple, mais rigoureuse ; un meurtre, qui annonce une série, des motivations obscures qui conservent une certaine nébulosité jusqu'à la fin, une complexité des personnages secondaires qui garantit l'intérêt du lecteur. Sans contexte, ce titre gagne la palme sur les deux précédents, surtout par l'atmosphère historique qui fourmille de détails plus psychologiques et sociaux que dans les deux précédents. Il ne s'agit plus seulement de faire véridique, mais surtout de faire comprendre un fonctionnement social et ses désuétudes, ses clivages d'orgueil, ses bouffissures vaniteuses qui vont faire tomber les têtes perruques comme Hilarion fait tomber les masques.

Un très bon conseil d'Ys, à suivre ....

 

 

11/09/2016

La baronne meurt à cinq heures, Frédéric Lenormand

la baronne meurt à cinq heures,romans,séries policières,romans policiers,romans françaisEn commentaire de ma note sur "L'énigme des Blancs manteaux" de Parot, Sandrine recommandait deux autres séries du même genre, policiers historiques, et qui plus est, se déroulant à la même période, le dix huit siècle : "Voltaire mène l'enquête" série de Frédéric Lenormand, donc, et "Hilarion" de Christopher Estrada. Piquée par la curiosité et mon goût immodéré pour le dix huitième ( quand ce n'est pas le dix septième qui est en scène, je me contente du suivant), je me suis donc lancée dans une entreprise comparative entre ses trois visions historiques et écritures policières.

Dans "La baronne meurt à cinq heures", on découvre un Voltaire sautillant et encore entre deux chaises à Paris. En 1933, il n'a pas encore publié ses "Lettres anglaises" et se prend pour un grand tragédien. Il tient donc une place non négligeable dans les débats et salons mondains, mais pas tout à fait celle qui sera la sienne en devenant l'épine dans le pied du pouvoir. Il a encore pignon sur rue, enfin presque ... Puisqu'il s'agit de trouver un nouveau protecteur, vu que M. de Maisons, qui lui assurait jusque là gite et couverts, a eu la malencontreuse idée de disparaître subitement.

La Providence vient en aide à celui qui sait en tirer profit, et ce Voltaire là (comme le vrai, sûrement d'ailleurs), sait fort bien y pourvoir, et elle se matérialise sous les traits de Madame Fontaine Martel, baronne, riche, veuve, peu pieuse, mais de fort peu d'esprit et plutôt pingre. Voltaire s'en accommode et lui monte un salon littéraire correct, histoire de point trop s'ennuyer en cette rude compagnie et de continuer à fignoler son image publique.

Seulement voilà, on lui assassine sa baronne ... Pressé par la nécessité qui fait lui fait loi de trouver le coupable, à moins d'être lui-même désigné par un piètre mais tenace policier, Voltaire caracole de soupçons en soupçons, car la baronne souffrait quand même d'une famille en panier de crabe : une fille janséniste, une vague cousine arriviste et une autre jeune fille, fort dévote en sciences botaniques ... En chemin, il croise celui d'Emilie Du Chatelet, enceinte jusqu'au yeux, alors que mariée à un fantôme, ce qui lui laisse, tout doucement, le temps de succomber aux charmes tout relatifs du philosophe.

L'image est d'Epinal mais ce n'est pas déplaisant du tout, car truffé de bons mots et de clins d’œil. Ce Voltaire, enquêteur malgré lui, est campé avec ses torts et ses travers ; brillant mais arriviste, libertin mais prudent, iconoclaste mais hypocondriaque, profiteur, et même quelque peu usurier sur les bords. L'époque est, elle aussi très bien amenée, et l'enquête classique, coule de source sûre, égrainant les détails pittoresques que chaque suspecte permet de suivre, chacune dans son domaine.

Un bon conseil, très facile à suivre !

 

 

 

07/09/2016

Les bateaux ivres, Jean Paul Mari

lrm8zm-HC.jpgJ'ai été tentée par ce titre lors d'un plateau à Etonnants Voyageurs, festival du livre de Saint Malo, lors d'un plateau animé par Ys. Animé n'est d'ailleurs pas le bon mot, ce serait plutôt accompagné, car elle lance l'auteur très rapidement, et du coup, il se lance tout seul, du moins, c'est ce qui s'est passé pour Jean Paul Mari ( y'en a un qui a résisté, mais je ne me souviens plus de son nom, et ce n'était pas la faute d'Ys si il s'est mis en boucle ...). Le sujet de Mari est l'immigration clandestine, son attitude est la compassion sans mièvrerie. Lui aussi, il accompagne. Est-ce pour cela que les applaudissements, généralement de pure forme dans ce type de manifestation, ont pris ce jour-là la chaleur d'une vraie sincérité, au point que l'auteur en a relevé les yeux, semblant lui-même étonné de ce qu'il venait de soulever chez nous ? Spectateurs parfois blasés, quand ce n'est lassés, du drame humain à répétitions des migrants, des vagues d'indignation qui retombent plus vite que la pluie à Calais, ces images si répétitives qu'on dirait le même scénario joué d'avance. Alors, parfois, nous ne levons plus un sourcil pour voir, nous ne prenons plus les lunettes pour lire le dernier naufrage écrit en petit, nous perdons le fil des chiffres, nous ne comprenons plus que ce sont de vrais gens qui meurent, pas des pixels médiatiques sur écran plat : " cette formidable capacité que nous avons développée, à accepter l'inacceptable" écrit Jean Paul Mari à la fin d'un éditorial publié sur grands reporters.com, site qu'il a contribué à créer et où son parcours professionnel est retracé : un grand reporter résolument engagé dans le réel de la guerre et puis, comme une dérive vers la suite, cette forme sordide de l'Odyssée de ceux qui ne sont pas les nouveaux Ulysse de civilisations pourtant guerrières. Mais la guerre a changé les héros en migrants, et les migrants en victimes. Pourtant, Mari ne les voit pas comme cela.

Ce livre est entre le témoignage, l'essai et le documentaire, et c'est vraiment ce qui en fait l'intérêt et la facilité de lecture. "Noyés dans les larmes de la Méditerranée" ou réussissant à poser le pied sur les rivages européens, l'auteur individualise en quelques parcours recomposés et morcelés, le flot de ces hommes, femmes, enfants qui ont fui la misère, la guerre, le fanatisme religieux, tout simplement qui rêvent d'être un peu plus vivants que la mort lente des illusions qui les attend si ils restent : Robiel, noyé à Calais, venu d'Ethiopie, si près de réussir, Fassi, le gamin de Guinée, parti football au cœur, Zachiel, l'imam qui ne voulait pas prêcher le Djihad, sa femme, ses enfants, les plages turques, les passeurs, puis Lesbos. Pour quelques uns, qui peuvent respirer mieux, combien de cadavres sont rudoyés par les courants ...

Ce que montre aussi Jean Paul Mari est à quel point le lieu d'arrivée détermine la réussite ou l'échec de l'exil volontaire et désespéré ; Lampedusa et son accueil plutôt humaniste, alors qu'Athènes est un cul de sac de la misère.  Le mur européen n'est pas le même partout, et les migrants se ruent toujours pour se déchirer sur les barbelés de Ceuta ou Mellila.

 Et toujours, comme un ressassement indigné, l'auteur en revient à ce qui fut une mer bleue, à cette odyssée d'ici et maintenant, dont les héros ne sont plus Ulysse et hector, mais des survivants qui en tremblent encore, et c'est l'Europe qui loin de chanter leurs exploits, tissent la toile des morts sans linceul.

 A lire, la note de Ys

 

04/09/2016

Plus haut que la mer, Francesca Melandri

280px-Asinara-Island01.jpgLouisa a eu cinq enfants d'un mari qui est en prison depuis bien longtemps. Il l'a laissée seule, mais seule, en réalité, elle l'était déjà avant. Le beau sourire du jeune cavalier qui l'avait invitée à danser avait rapidement laissé la place à un homme violent. Puis, il est devenu assassin. Elle ne le regrette pas ce mari qui l'a si peu aimée, elle fait son devoir, elle lui fait des raviolis et entame le voyage vers l'île. Pendant toutes ses années, c'est ce qu'elle a fait, son devoir, elle a élevé les enfants, elle a tenu la ferme, elle a tracé des sillons droits dans les champs. Les enfants sont plus grands, et c'est l'esprit plus tranquille qu'elle se rend dans cette nouvelle prison, sur l'île, plus plus de sécurité. Et puis, c'est la première fois qu'elle voit la mer.

Paolo aussi est un homme droit, un ancien prof de philo qui a éduqué son fils unique, aimé sa femme, la vie et les idées. Lui aussi va rendre visite à un prisonnier sur l'île, son fils, tant aimé, tant coupable, tant fermé à toute autre idée que celle de la révolution, au nom de laquelle il a froidement exécuté un père de famille et d'autres "ennemis de classe".

Nitti pierfrancesco est gardien sur l'île. Il fut un homme droit. Sa femme, Maria Caterina est institutrice des enfants des gardiens. Le couple regardait la mer et les étoiles avant que Nitti ne commence à se taire, à taire ce qu'il est en train de devenir, sur l'île, dans la prison.

L'île est un microcosme étrange, gardiens, femme de directeur, détenus en semi liberté s'y cotoient. Mais pour le mari de Louisa et le fils de Paolo, cet univers se limite aux murs de leur cellule, ils sont enfermés dans le "quartier de haute sécurité". Le mistral va empêcher les deux visiteurs de repartir, et ils vont partager, avec le gardien une nuit sur cette île, dans un palais de verre où règne un bouc et des courants d'air.

Louisa et Paolo, la paysanne et l'intello, la femme de devoir intouchée, qui compte sans cesse ce qui lui tombe sous les yeux pour ne pas penser à ce qui lui ferait trop mal, l'homme qui avait des certitudes de bonheur et qui porte le poids de la faute de son fils, qui est traversé par les réminiscences du petit garçon qui aimait la mer et de celui qui ne se repent pas, se rencontre comme on se palpe l'âme, au ralenti, à longs silences et mots couverts. Le gardien les regarde, écoute, et se tourne vers lui-même.

L'île est un huis-clos paradoxal où pèsent les crimes des années de plomb, les remords, les violences de l'enfermement, et en même temps où bruissent l'odeur des figuiers, où les vagues nocturnes brillent, où les poissons se font volants. Un univers à deux faces, où la nature est belle et l'âme peut y puiser un moment de grâce, ou retrouver une forme de légèreté.

Une bien belle idée.