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18/10/2016

La septième fonction du langage, Laurent Binet

la septième fonction du langage,laurent binet,romans,romans français,déceptionsCe livre, je me disais qu'il était pour moi, un sucre d'orge du structuralisme revisité à l'aune du post modernisme, un ressussé sucré salé de ce que j'ai tant aimé, sur les bancs de l'amphi. Et oui, il fut un temps où je lisais le Barthes dans le texte, sans sous titrages, où "Mythologies" m'ouvrait des yeux comme des soucoupes, où le "Sur Racine" me révélait le dieu caché, où "le discours amoureux" me fragmentait le cœur, où, enfin, 'la chambre claire' me montrait que l'abime du noir et blanc fixait un instant de l'éternité éphémère.

Je savais bien que le Binet, il allait me le désacraliser le barthounet chéri, qu'il allait jeter un œil de jeune sur les ridicules de l’intelligentsia parisienne jusqu'au bout des nuits blanches de quelques substances apocryphes ...  Ce petit monde qui se croyait si grand, des Foucault et cie, que Barthes côtoyait au collège de France et dans les salons des must be, un Barthes, comme un phare clignotant, dans cette époque de remise en cause généralisée des poussiéreux aux lorgnons qui avaient pondu leur bible, le Lagarde et Michard.

Je me régalais d'avance de ce règlement de compte d'avec les tenants de la critique pontifiante et moraliste qui tenait l'utopie de l'université de Vincennes pour un zoo pour gauchistes pervers vautrés dans des pratiques masturbatoires, et m'apprêtait à rire autant de leur barbe que des travers gauchistes et excessifs de cette nouvelle critique qui se prenait pour une autre parole d'évangile.

Sauf qu'en fait, je n'ai pas rigolé beaucoup, un peu un début, et puis rapidement, je me suis lassée du tableau déjanté que l'auteur nous propose de Foucault et cie. Binet se moque des deux camps, soit, mais en reprenant les poncifs de cette vieille critique dont il semble prendre le contre pied ; il nous plante le Barthes à sa maman, l'intello homo refoulé qui tient par la main son dossier de sémiologie pour aller s'éclater avec un gigolo en douce, parce qu'il a peur de descendre dans les backs rooms tout seul.

Mis à part cela, Barthes n'est pas seulement mort, il a été assassiné, le commissaire chargé de l'enquête est poursuivi par une DS, et Giscard en fait une affaire de secret défense d'état. Pourquoi, et par qui, et bien je ne le saurais jamais parce que j'ai planté le bouquin au moment où Eco se mettait à faire des blagues au niveau du comptoir, ou du stade anal, je ne sais ...

Non, vraiment, ce tableau au vitriol ne me faisait pas rire, et Foucault en maître à penser grotesque et pontifiant, se faisant faire une belle fellation par un gigolo qui en a plein la bouche, c'est peut-être vrai, mais je m'en fiche complétement. Comme de Sollers et de ses rapports avec une Kristeva lesbienne au foyer, comme de BHL, le faux cul parfait dans le rôle de l'admirateur pervers. Même si ces deux là sont déjà de si parfaites caricatures que Binet n'a pas à forcer le trait. Sauf que, encore une fois, je m'en fiche un peu de leur tripotages d'en dessous de la ceinture et de dessous la table où trône la parole tronquée, quand même, de quelque types qui, pour être ridicules dans leur excès gauchistes, ne s'en envoyaient pas que de la cocaïne derrière la cravate.

Foucault, Eco, on peut supposer qu'ils pensaient, quand même, un peu ...  et pas qu'à la gaudriole ou à se faire mousser .... Sarabande sans queue ni tête, saillies pour entre soi, je me demande quel public visait Binet ? La désacralisation des maîtres, il faut bien y passer, mais au profit de quoi ? de nos idéologues actuels ? Car même si BHL n'ose plus la chemise blanche mais a gardé la langue de bois, il reste des toutous de ses maitres qui ne leur arrivent pas à la cheville, aux Barthes et Foucault,  si enflée qu'elle fut, leur cheville.

Commentaires

Ah mais je l'ai lu, et jusqu'au bout. Mais comme je n'ai jamais lu Barthes (l'amphi proposait algèbre linéaire, équations différentielles, et mécanique générale, ça calme) j'ai pris tout ça au premier degré, mais comme je manquais de bases, je n'ai pas fait de billet.(ah la la en choisissant scientifique je me suis privée de bien des joies et d'outils)

Écrit par : keisha | 19/10/2016

D'accord, mais du coup, toi, tu sais qui as tué Barthes ... ^-^, je me suis privée de la résolution de l'énigme, mais franchement, je n'en pouvais plus ! J'avais l'impression de relire mes cours de première année sur la théorie du langage ! Et puis, Barthes, ce n'est pas si illisible que Binet le laisse penser : "Mythologies", c'est passionnant, je ne ma souviens pas qu'il y parle de mathématiques, mais il y a un article passionnant sur les frites !

Écrit par : Athalie | 19/10/2016

je te rejoins sur certain points : autant certains passages m'ont fait rire, m'ont appris des choses aussi, autant d'autres m'ont paru lourds et pédants!

Écrit par : Violette | 19/10/2016

Et pourtant, une bonne dose de satire qui claque la chemise blanche de BHL et le bec de Sollers, moi, j'étais pour ! Mais, trop pédant, trop happy few ...

Écrit par : Athalie | 19/10/2016

Bon, je n'étais pas spécialement tentée, aussi ton billet me va bien. Barthes, j'avais adoré ses Mythologies... Il faudrait que je le ressorte, tiens !

Écrit par : Kathel | 19/10/2016

Tu as bien raison, finalement, ce livre a cela de positif, il donne envie de relire (ou lire, d'ailleurs ...) le vrai Barthes "dans le texte" ! Et mythologies, tout particulièrement, l'article sur la DS s'impose ( Binet d'ailleurs met en scène cette fameuse voiture)

Écrit par : Athalie | 20/10/2016

J'ai été tentée, puis j'ai crains exactement ce que tu expliques dans ton billet.

Écrit par : Valérie | 19/10/2016

Et moi qui pensais me régaler au contraire ! Du coup, ce n'est pas toi non plus qui pourras me dire qui a tué Barthes !

Écrit par : Athalie | 20/10/2016

Malgré les billets (très) élogieux lus à son sujet, je ne le sentais pas, ce roman. Inutile de te dire que ton avis ne m'incite pas à revoir la question !

Écrit par : Brize | 20/10/2016

Moi, c'est une amie qui m'en a fait les louanges, et puis Binet, j'avais bien aimé hhHh, et puis je voulais voir ce qu'il en faisait du Barthes. Je ne pensais pas être déçue à ce point !

Écrit par : Athalie | 21/10/2016

J'avais, pour les mêmes raisons que toi décider de lire ce roman, et puis quelques avis éclairés m'en ont dissuadé. Tu confirmes et avec quel brio !J'adore te lire et je te le redis si je ne mets pas toujours de commentaires c'est que je n'y arrive pas à partir de mon téléphone. Il y a quelques blogs comme le tien mais je ne sais pas pourquoi.

Écrit par : luocine | 20/10/2016

Merci Luocine pour les compliments ! Et tu as eu raison d'écouter les avis éclairés, vraiment, je me comprends pas comment ce titre a pu plaire. Mais bon, je ne dois pas avoir le sens de l'humour, du moins, pas celui-là ! l'irrespect, c'est bien, voire sain, mais ici, il tourne à vide.

Écrit par : Athalie | 21/10/2016

J'avais hâte de le lire celui-là car j'ai lu pas mal de structuralistes ( ils étaient à la mode à l'époque où je faisais mes études). Même si tu n'as pas aimé, je tenterai quand même...

Écrit par : maggie | 23/10/2016

Oui, tente le, peut-être que tu aimeras, il y a un côté humour potache, cela aurait pu me rajeunir, finalement ! Et puis, j'ai révisé Jacobson, en plus ... Et puis, je ne l'ai pas terminé, alors mon avis n'est pas fiable et complet !

Écrit par : athalie | 24/10/2016

Pour moi aussi une lecture abandonnée , un livre qui m'a bien agacée, tiens :-/

Écrit par : Mior | 06/11/2016

Carrément énervée ! Je grinçais des dents à l'intérieur, et puis, je me suis dit : mais pourquoi tu te fais du mal, ma grande ? Va donc voir ailleurs ... Et avec tout cela, je ne sais toujours pas qui a tué Barthes ! Personne ne me répond !

Écrit par : athalie | 06/11/2016

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