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03/01/2017

California girls, Simon Liberati

california girls,simon libérati,romans,romans français,déceptions,dans le chaos du monde,famille mansonVoilà typiquement le genre de roman que je lis en me demandant pourquoi je le lis. J'ai quand même trouvé deux raisons en cours de route.

Raison numéro une : c'est un livre que l'on m'a prêté, et je lis toujours rapidement les prêts, (après, j'oublie de les rendre, mais c'est une autre histoire).

Raison numéro deux : un blog obscur comme le mien, inconnu des éditeurs, ne risque pas de parler d'un titre de la rentrée littéraire (oui, je sais, on en est à celle de janvier, mais par rapport à ma normale, je suis en avance ...), à moins qu'on ne me prête un livre de la rentrée littéraire. (je suis les indications de Sandrine pour faire remonter mon audimat)

Donc, j'ai lu California girls pour ces deux assez bonnes raisons mais qui ne contrebalancent pas complètement non plus mon interrogation principale : c'est quoi l'intérêt d'écrire un truc aussi plat sur un sujet aussi trash ?

Pour retracer l'itinéraire meurtrier, halluciné et pitoyable de la famille Manson, l'auteur prend le parti pris du métronome. On va de A à B pendant trois jours, le jour d'avant le jour J, le jour J, le jour d'après le jour J. Et il s'en tient là. Le jour J est, bien sûr,  (je me demande toujours pourquoi le jour J n'est pas celui du premier meurtre ... ) celui de l'assassinat de Sharon Tate et de ses amis, le 9 août 1969, dans la villa que la jeune actrice avait acquise pour y vivre d'amour avec Roman Polansky et leur futur bébé et où Susan, Patricia et Tex pénétrèrent, les considérant comme des cochons qu'il fallait saigner pour que prenne sens le cauchemar communautaire de leur gourou.

 La description de ces trois jours se fait sans mise en perspective. Manson commande, ses adeptes sous l'emprise de drogues obéissent, exécutent leurs victimes et reviennent au camp de base, comme on descend, visiblement d'un shut d’adrénaline.

Le point de chute de la famille est d'ailleurs longuement décrit, à défaut des motivations de ceux qui y vivent. Dans un ancien ranch pour séries télévisés devenu entreprise touristique plutôt minable, se côtoient des cows boys, un club de motards, un vieil homme aveugle et la communauté des hippies de Manson dont les mœurs très libres des filles permettent des orgies psychédéliques très dans l'air du temps. L'auteur s’intéresse tout particulièrement aux membres féminins, leur crasse et leur "esprit d'entreprise": voler du chou dans les poubelles, écarter les cuisses et s'occuper des enfants auprès de la cascade .... Rien que de très féminin tradi, finalement, nourrir, satisfaire le mâle dominant, materner ...

Leurs motivations pour rester moisir dans cette glauquitude se limite visiblement à la fascination sexuelle qu'exerce sur elles le gourou et à une forme de satisfaction sadique lors des meurtres, (dont le premier fut celui de Gary Hinman, un prof de musique un peu gay, qui avait eu la mauvaise occasion de côtoyer les modes de vie de ses meurtriers). Sinon, les filles, elles ont été cueillies sur la route ... et depuis, elle se droguent et elles s'envoient en l'air dès qu'elles le peuvent, sans même de petites culottes à enlever.

L'explication sexuelle ne fonctionne cependant pas pour Tex, ( l'auteur n'évoquant une possible attraction homo, mais peut-être parce qu'elle n'existait pas ....) le plus sauvage de la bande, mais aussi le seul homme, ce qui fait que d'explications, l'auteur n'en donne tout simplement pas. Ce qui est logique, vu le parti pris descriptif frustrant pour la lectrice que je suis.

Ce qui fait que dubitative, je reste. Au point que je me demande si je n'en ai pas appris autant en lisant les notices des personnages sur W. qu'en tournant les pages du livres, même si je le concède sans problème, le lyrisme noir autant que le pathétique aurait été de fort mauvais aloi pour évoquer la descente aux enfers du flower power, son pendant maléfique que fut, sans doute, la famille de Manson. L'aspect documentaire millimétré du roman ne m'a pas permis d'aller plus loin que l'immobilisme consterné devant les faits.

 

Commentaires

Eh bien je ne suis pas d'accord avec toi. Je préfère de loin ce ton froid et sec plutôt qu'une vision psychologisant à deux balles. Qui sait ce qui s'est passé dans la tête de ces jeunes filles-là ?
On est tous un peu fascinés par cette histoire, par le glauque (et toi aussi puisque ce livre est le seul que tu lis de la rentrée !), mais il est difficile de savoir pourquoi. Et l'écrivain n'a pas à expliquer. Peut-être entretient-il notre consternation, la stupeur devant ces humains-là...

Écrit par : Sandrine | 04/01/2017

Je me doutais bien que tu ne serais pas d'accord, ayant lu ta note sur ce titre. Je ne dis pas que j'aurais préféré une vision plus psychologique, ce qui parait peut-être hors du propos du romanesque, et surtout du projet de l'auteur, mais que moi, ce qui m'a manqué est une vision plus large du contexte social, d'où venait ces filles, de quel milieu, par quel chemin on peut se laisser asservir ainsi, et là je pense que c'est jouable, sans fascination morbide. Mais je suis bien consciente que ce n'est pas ce que l'auteur a voulu faire, ce qui fait que je commence ma note en me demandant pourquoi moi, j'ai lu ce livre ... On ne s'est pas croisé lui et moi.
Et puis, j'en ai un autre sous le coude de la rentrée littéraire, et là encore, je pense que je ne serai pas raccord avec l'air du temps ! Tant pis !

Écrit par : athalie | 04/01/2017

Dans The girls, l'auteur invente un personnage de jeune fille fascinée par la bande (une fille en particulier) et c'est raconté 'des années après'. (oui, même sujet, en gros, mais sans le nommer)
Donc pas envie d'un second roman sur le sujet.

Écrit par : keisha | 04/01/2017

Moi non plus, pas non plus envie d'un second roman sur le sujet. Je me demande pourquoi, d'ailleurs deux romans sur cette histoire dans la même rentrée littéraire ? Et je pense que si j'y reviens un jour, ce serait plutôt pour lire un essai documenté (je ne dis pas pas que ce livre ne l'est pas, je crois que pour être distancié, il faut justement être documenté). Mais cela existe-il ?

Écrit par : athalie | 04/01/2017

Eh bien ce n'est pas ton billet qui me convaincra d'aller lire ce roman ;) ! W. me satisfera amplement (et j'aime beaucoup ton expression "immobilisme consterné").

Écrit par : Brize | 04/01/2017

W ? je ne comprends pas la référence, désolée ... Je ne pense pas donner envie non, mais par contre, je m'interroge de plus en plus sur le rôle des blogs, notamment suite à la note de Sandrine qui m'a aussi réveillé le cerveau. Petits, obscurs et sans influence éditoriale (je parle pour moi, hein), quelle influence pouvons nous avoir ? Parce que pour lire les livres de la rentrée, il faut un budget que je n'ai pas. Du coup, je n'achète que mes valeurs sûres, ce qui me fait tourner en rond dans mes eaux connues. Donc, je suis les recommandations des blogs plus "alimentés" (en tout bien tout honneur), je me demande de plus en plus à qui profite le crime ?

Écrit par : athalie | 04/01/2017

Tous les lecteurs qui ont lu ce roman et The girls semblent préférer le deuxième, qui ne se contente pas d'aligner les faits...

Écrit par : Kathel | 04/01/2017

Je crois que ça aller pour cette fois çi, trop de rentrée littéraire pourrait me faire battre des records d'audience ! Et je n'ai pas l'habitude, je vais angoisser ! Et trop de Manson, pareil !

Écrit par : athalie | 05/01/2017

je rajoute une troisième raison à ta lecture permettre à des blogueuses qui souvent partagent tes goûts à ne pas se lancer dans cette lecture.
PS je suis par hasard tombée sur la série qui raconte cette histoire , c'est absolument INSUPPORTABLE et je suis au dessous de ce que j'ai éprouvé( j en'ai vu qu'un épisode)

Écrit par : luocine | 04/01/2017

Parce qu'en plus, il y a une série !!!! Sandrine a raison, il y a quelque chose qui fascine dans cette histoire, ce que je peux comprendre, on sent qu'on touche là quelque chose qui a à voir une sorte de folie morbide et macabre, une sorte de clinamen droit ouvert sur l'inconscient ... Mais ce sera sans moi aussi !
Quand à mon avis, tu sais, il est comme d'habitude fort subjectif, pas forcément partagé.

Écrit par : athalie | 05/01/2017

L'auteur m'insupporte, c'est la raison pour laquelle j'ai préféré lire The Girls.

Écrit par : Valérie | 05/01/2017

Je ne connais pas l'auteur, jamais entendu parler avant, dès fois, je me dis que heureusement qu'il y a les blogs pour que je mette un pied dans la vraie vie, moi !

Écrit par : athalie | 05/01/2017

Moi aussi j'avais noté ce titre chez Sandrine, mais comme toi, j'ai été déçue. Je n'ai pas vu l'intérêt de ce roman. Je viens de terminer The girls, sur le même thème, et je l'ai préféré. L'auteure s'y détache des faits, et remanie l'histoire pour en faire une fiction qui a plus de corps, à mon avis, que le roman de Liberati..

Écrit par : Ingannmic | 05/01/2017

"Je n'ai pas vu l'intérêt de ce roman" est la phrase dont j'aurais pu me contenter au lieu d'écrire une aussi longue note ! ravie de voir, qu'une fois de plus, nos avis concordent, même si évidemment, c'est mieux quand ce n'est pas dans le sens de la déception ! Pour "The girls", j'y viendrais sans doute mais l'année prochaine, je pense, quand il sera en poche, et qu'une autre rentrée littéraire fera le buz bloguesque. En attendant, je vais lire autre chose, comme d'hab !

Écrit par : athalie | 07/01/2017

Je crois que je vais passer mon chemin

Écrit par : maggie | 07/01/2017

"The girls" parait avoir plus convaincu certaines de mes lectrices, mais bon, on n'est pas obligée de lire des trucs que sur la famille Manson !

Écrit par : athalie | 07/01/2017

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