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26/04/2017

Dans une coque de noix, Ian Mc Ewan

dans une coque de noix,ian mc ewan,romans,romans angleterreLe dernier roman d'un des auteurs anglais préférés est super intelligent, voire trop, voire seulement intelligent et brillant comme le fœtus qui en est le héros. Tout est, en effet, raconté de la voix de l'in utéro.

Le fœtus est à l'étroit dans sa bulle. Il ne peut quasiment plus bouger et il a la tête bien en bas, ce qui l'oblige à assister en première ligne aux ébats érotiques de sa mère, Trady, avec un certain Claude, pour la bêtise du quel il est d'une lucidité sans faille. Ses sentiments pour sa mère sont plus mitigés. Il admire sa beauté blonde aux yeux verts (il en a eu connaissance par un poème lu à sa louange par son père, John). Mais elle lui semble quand même, la plupart du temps, faire assez peu de cas de lui. Ce qui inquiète notre fœtus. D'autant plus que Trady fait preuve également d'une assez souplesse morale dans les égards qui lui sont dus, en tant que futur à naître, tant dans son rôle de mère que dans celui d'épouse. Elle a évincé John, le père donc,  de son champ d'action. John, sa poésie, son lyrisme amoureux, son admiration ébahie (enfin, c'est ce que l'on pourrait croire ... ) au profit de Claude, une sorte de superlatif du mauvais gout, agent immobilier, riche, avide, stupide et très porté sur l'aspect sexuel de Trady. Qui elle même n'y rechigne pas, comme elle goûte fort facilement les bons crus viticoles qui initient le fœtus aux goûts différents de l'ivresse ...

Notre fœtus, s'il n'a pas de regard, a des oreilles subtiles et un raisonnement solidement formé par les émissions culturelles qu'écoute sa mère. Il en sait donc très long sur notre monde. Bien conscient qu'il est destiné à naître du bon côté du monde, dans l'Angleterre imparfaite mais civilisée et en paix du XXI ème siècle. Même s'il en mesure les limites, il voudrait bien pouvoir profiter de cette vie et de ses avantages éducatifs, alors que les agissements troubles de Trady et de Claude, le menacent du pire ; le placement en famille d'accueil et sa suite de déplaisirs ; TV à fond, déficiences sociales et privations de ses droits à un avenir meilleur ... 

Seulement voilà, notre fœtus, qui veut échapper à cette déchéance prévisible, est complètement impuissant à faire échouer le sombre complot qui se forme ex-utéro ... Pendant que s'affine sa culture en cépages viticoles, la tragi comédie déroule ses inévitables circonvolutions.

L'écriture jubile, le Mc Ewan est en pleine forme, il distille des leçons morales pertinentes, fines, sur la détermination sociale et autres vérités climatiques ... Notre monde va quand même bien de traviole ... L'auteur jubile peut-être, mais moi, moins, je l'avoue. Parce que ce que j'aime dans le Mc Ewan, c'est la tension singulière, intime et ou sociale, qu'il balance en virtuose du récit. Alors que notre fœtus ici, je l'ai trouvé doctorant, pontifiant, même si parfois drôle quand même ... 

L'univers évoqué, d'ordures, de brics et de brocs moraux, file un certain cafard ; le foetus, moi, je me dis qu'à sa place j'aurais pas voulu sortir pour voir la suite (ça sent la famille d'accueil à plein nez ) !

 

 

Commentaires

J'aime bien le "notre foetus" ! Voilà un bout de temps que je n'ai pas lu McEwan et le début de ton billet me donnait envie de me précipiter sur celui-ci ; la fin beaucoup moins, même si j'aime bien rigoler un peu aussi...

Écrit par : Sandrine | 27/04/2017

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Ben oui, il devient vite le "nôtre", même si il manque d'une réelle dimension romanesque, le pauvre, il est coincé ... Mais des scènes de coït racontées coté in utéro, oui, c'est assez drôle, mais il me manque une réelle conviction sur ce livre ... Ah le début de "Délire d'amour" .... soupirs de regrets ....

Écrit par : athalie | 28/04/2017

Ah mais c'est que je veux le lire (fan de l'auteur)

Écrit par : keisha | 27/04/2017

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Je sais bien que quand on fan, rien ne retient, même une opinion plus mitigée .... Mais, bon, j'ai déjà été mitigée sur cet auteur, mais je ne m'en lasse pas. Un peu comme Coe, en fait !

Écrit par : athalie | 28/04/2017

J'attendais ton avis avec impatience...
Ton billet m’évoque en substance ce que j'ai entendu une libraire dire à sa collègue à propos de ce roman !!
Je crois que je vais passer pour l'instant (et puis je n'ai toujours pas lu Délire d'amour, que tu m'avais conseillé).

Écrit par : Ingannmic | 27/04/2017

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Oui, lis "Délire d'amour" ! Sandrine en est fan aussi ... Pour celui ci, il peut attendre. je ne sais évidemment pas sur quel point ta libraire était d'accord avec moi ( ou moi avec elle ?). c'est pourtant brillant, mais il manque d'ampleur, ce livre, enfin de cette profondeur dans les remous de l'intime, le trux que j'adore chez cet auteur !

Écrit par : athalie | 28/04/2017

cette intrigue me plaît beaucoup! en outre, j'aime bien Mc Ewan. Je veux le lire! merci de ce billet.

Écrit par : domiique | 27/04/2017

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Il y a un côté très plaisant, et c'est du Mc Ewan, juste pas de ceux que j'ai préférés pour l'instant, c'est tout !

Écrit par : athalie | 29/04/2017

drôle de point de départ, ce que tu en dis ne me pousse pas à la lecture!

Écrit par : luocine | 27/04/2017

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Je ne t'y pousse pas non plus, pas certaine qu'il te plairait, et puis tu es en période de floraison de coquillages !

Écrit par : athalie | 29/04/2017

Intriguant... Mais l'idée d'un narrateur foetus me gêne. Est-ce crédible? Quoique sous la plume de Mc Ewan, ça doit bien percuter...

Écrit par : Marie-Claude | 27/04/2017

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C'est très percutant, mais pas crédible un seul moment, mais ce n'est pas vraiment cela qui m'a un peu déçue, mais plutôt l'aspect un peu mécanique de la tragi comédie ...

Écrit par : athalie | 29/04/2017

J'ai un roman de lui dans ma PAL depuis une éternité (et j'ai honte). Je ne note donc pas celui-ci ..

Écrit par : Aifelle | 29/04/2017

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J'ai envie de découvrir cet auteur mais pas avec ce roman-là

Écrit par : maggie | 29/04/2017

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Non, pas avec celui-là, mais avec "Délire d'amour" ou " Sur la plage de Chesnil", peut-être mes deux préférés de cet auteur ... Mais à chaque fois, même quand j'aime moins, il y a toujours un intérêt à le lire le Mc Ewan ... Ah oui, il y a "Expiation" aussi !

Écrit par : athalie | 29/04/2017

Pas forcément bon signe quand l'auteur semble plus jubiler que ses lecteurs...

Écrit par : jerome | 02/05/2017

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En même temps, le lecteur jubile aussi quand Mc Ewan se lâche ... je voulais dire surtout que l'on sent une pétillance dans l'écriture, le mec (l'auteur) il te lâche des analyses sociétales super brillantes du fond d'un foetus qui tente de se protéger des assauts érotiques de l'amant de sa mère ! C'est quand même assez tordu pour te plaire, non ? ^-^

Écrit par : athalie | 03/05/2017

Bonjour Athalie, j'ai lu ce roman le 1er mai (plutôt que d'aller défiler). J'ai aimé même si j'aurais apprécié un peu plus d'humour. McEwan peut être drôle comme dans Solaire. Cette réinterprétation d'Hamlet vaut la peine. Bonne fin d'après-midi.

Écrit par : dasola | 03/05/2017

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j'ai vu que ce livre était "vendu" comme une réinterprétation d'Hamlet, effectivement, du coup j'attendais la vengeance, la folie ... Sauf que non, en fait, le foetus boit juste un peu trop ... Du coup, je ne comprends pas trop cette référence, j'ai dû louper un truc ! Pour "Solaire", d'accord avec toi sur l'humour, je me souviens encore de la scène au pôle nord et du baume à lèvres (je crois ?) sur un scooter congelé ... Un grand moment !

Écrit par : athalie | 03/05/2017

Bonjour Athalie, le foetus le dit bien à la fin que cela sent la famille d'accueil. Le pauvre. Pas mon McEwan préféré mais plaisant. Bonne après-midi.

Écrit par : dasola | 12/05/2017

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