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20/05/2017

Américanah, Chimamanda Ngozi Adichie

9b16d91c0a06e0adadf811f53d558148.jpgQui pourrait avoir comme sous titre : " Comment une nigériane voit l'Amérique des blancs et des afro américains", c'est-à-dire, comment une nigériane devient une femme noire, vu qu'avant, elle était seulement nigériane, habitant Lagos, fille d'un petit fonctionnaire un peu snob et d'une mère excitée des églises. Cette jeune fille, parmi tant d'autres comme elle, avait aussi une tante, presque deuxième épouse, et pour qui le marché sexe argent était égalitaire.

Ifemelu, l'héroïne, donc, avait surtout un petit ami, un grand amour, Ohinze, qui lui rêvait d'Amérique. Elle ne partageait pas son admiration, et pourtant, c'est bien elle qui y partira en premier, dans les USA de cocagne. Et il ne l'y rejoindra pas. 

Ifemelu, arrivée étudiante désargentée et complètement paumée, s'y tracera un chemin ascendant, de baby sitter à reine des blogueuses et maîtresse exotique d'un play boy argenté qui avait vraiment tout pour plaire, beau, riche, gentil, amoureux et vraiment pas contrariant ... 

Je résume, hein, parce qu'évidemment, l'exil, la solitude, le regard des autres, le poids de soi, c'est quand même pas facile, facile, pour elle, faut pas croire ... Lui suffira pas d'être noire et d'avoir de jolis seins pour réussir à avoir tout cela, Ifemelu devra avaler quelques couleuvres, y pas de raisons. mais moins que le Obinze. Lui, c'est l'Angleterre qu'il va tenter, finalement, (pas bien compris pourquoi, mais sûrement pour construire une opposition ?). Il ne va rien y réussir du tout, coincé dans sa bulle de misère de migrant sans papiers.

Je vous rassure, on apprend le gros du parcours dès le début, vu qu'Ifemelu a décidé de tout planquer pour rentrer chez elle, près de quinze années après en être partie, redevenir nigériane, ne plus être définie par la question de la race noire, métisse, afro ou pas ... et que l'on a fait connaissance avec un Obinze, déjà revenu et devenu richissime. 

Il ne reste plus dans le reste du roman (et le reste est conséquent quand même ...) qu'à combler les trous d'Obinze et les pleins d'Ifemelu pour arriver au point de départ du retour. 

Les trous sont pour lui les affres de l'état de travailleur clandestin. Et comme son éducation cultivée et attentive ne lui a pas permis de devenir escroc, il sera donc victime. Les pleins sont pour elle, les amants successifs, un blanc (le play boy) et un afro américain, universitaire et converti au bio. Elle passera aussi de l'état de défrisage à celui de militante des cheveux naturels. De temps en temps, on peut réfléchir aussi en lisant les articles de son blog, où le défrisage en prend un coup, entre autres considérations sur l'hypocrisie américaine concernant le racisme, et autre peu reluisantes considérations sur une forme singulière de bien pensance ...

Une comparaison entre elle et sa tante  (exilée avant elle pour cause de remue ménage politique avec son général) est aussi possible par la construction narrative et permet de conclure que le pire, pour une nigériane cultivée, exilée aux USA, est de tomber sur un afro américain inculte. 

Vous l'aurez compris, les personnages ne m'ont pas convaincue. Le tableau des USA, si, il est croquant à souhait et juste assez détaché et pas correct pour me faire sourire. Mais eux, le couple du grand amour, non, rien à faire ... A chaque fois que je les laissais, et je les laissais souvent, faut dire, je me disais qu'avec un peu bol, ils auraient avancé le bouquin en mon absence, ils pourraient me faire un petit résumé vite fait au retour, et ça irait bien comme cela. Voire même qu'ils prennent de l'avance, je leur dis que j'arrive, on s'arrange comme ça ?

Ben non, à croire que les personnages de roman, parfois sont aussi têtus que peu autonomes ...

A lire l'avis d'Inganmick, j'espère que sa lecture du même roman lui fut plus trépidante !

Commentaires

J'ai adoré !! Mais tu te rendras sans doute compte en lisant mon billet, que j'ai presque occulté l'histoire entre Ifemelu et Obinze, qui est selon moi complètement accessoire (et si je dois pousser plus loin mon raisonnement, qui est dispensable). J'ai aimé le ton, l'héroïne, les situations, le regard acéré qu'elle porte sur la société américaine, le fait qu'elle soit d'Afrique. Et puis une étrange coïncidence a fait que cette lecture en suive d'autres sur le même thème (la condition noire, l'héritage de l'esclavage et de la ségrégation), mais abordé ici de manière différente. J'ai eu une période où j'ai eu l'impression que tournaient en boucle dans ma tête des réflexions sur les mécanismes du racisme, l'asservissement de l'Afrique par l'occident.... je suis maintenant plongée dans un Murakami...

Écrit par : Ingannmic | 20/05/2017

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Il est rare que nos avis divergent à ce point ... Mais la construction du livre m'a vraiment gênée (pas le propos auquel j'adhère, évidemment), les trajectoires des deux protagonistes construites pour s'opposer, par exemple. Et plein de petits détails, comme les articles du blog qui répètent l'expérience vécue ... Au risque de me répéter par rapport à mon commentaire chez toi, j'attendais un point de vue plus acerbe et mordant.

Écrit par : athalie | 21/05/2017

OK, l'histoire d'amour, on oublie, pas grave!
Mais j'ai adoré le reste;
Et : nigérienne = du Niger, nigériane = du Nigeria, et c'est pas pareil (même si les pays sont voisins et ont une langue locale en commun)

Écrit par : keisha | 20/05/2017

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Ben voilà, je n'ai pas réussi à l'oublier l'histoire d'amour, pire, à la fin, je ne voyais plus qu'elle !
Merci pour ta correction, je ne suis pas très calée en géographie (m'enfin, tu me diras, ce n'est pas une excuse, j'aurais dû vérifier ...)

Écrit par : athalie | 21/05/2017

J'allais tenter une remarque délicate sur le Niger et le Nigeria, je la laisse à Keisha. ;-)
Sinon, j'ai beaucoup aimé ce roman, pourtant j'en ai lu pas mal sur le thème. Quoique j'ai préféré Le ravissement des innocents de Taiye Selasi, qui bizarrement, n'a pas fait tellement parler de lui.

Écrit par : Kathel | 20/05/2017

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J'ai rectifié mon erreur grâce à Keisha, ce n'est pas très fin de ma part, ce type de confusions ...
Pour le roman, moi aussi, j'ai préféré Le ravissement des innocents, peut-être moins abouti dans le propos, moins construit, mais justement, les points de vue sur l'exil et le retour m'avaient davantage parlé. C'est vrai que ce roman est passé assez inaperçu, peut-être qu'à l'occasion de sa sortie en poche ?
Et sur le sujet de la race, même si ce n'est pas dans la même géographie, les propos de Mabanckou dans Le sanglot de l'homme noir est aussi à retenir, me semble-t-il, même si je ne suis pas un fan de l'auteur en ce qui concerne ses romans.

Écrit par : athalie | 21/05/2017

aïe j'y suis allée franco! ^_^ excuse moi (mais je connais le coin donc pas touche)

Écrit par : keisha | 21/05/2017

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Mais non, pas de soucis, tu as bien fait ! Cela m'apprendra à rédiger des notes sans vérifier que mes connaissances soient au moins justes.
Et puis, je suis la première à m'énerver lorsque j'entends dire "l'Afrique", comme si c'était un seul et même pays !

Écrit par : athalie | 21/05/2017

Je ne peux pas lire encore ton billet, car je suis en train de le lire et j'adore !

Écrit par : maggie | 21/05/2017

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Bien, un départ plus enthousiasme que le mien ! Dès le début le personnage m'a agacée par sa posture un peu "donneuse de leçons" ...

Écrit par : athalie | 24/05/2017

Une histoire d'amour? Comme quoi elle ne m'a pas marquée! Je n'en garde aucun souvenirs. Pour le reste, j'ai bien aimé! J'ai trouvé l'ensemble rafraîchissant, sans pathos. Sa vision des États-Unis m'a beaucoup plu. Et cette scène de défrisage... Hilarante!

Écrit par : Marie-Claude | 21/05/2017

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Ben voilà .... Moi je n'ai vu que cela, l'histoire d'amour, elle m'a cachée tout le reste, enfin, pas caché quand même, mais voilée ... Un frein, un obstacle que je n'ai pas réussi à mettre de côté !

Écrit par : athalie | 24/05/2017

Je l'ai mal pris ce roman. La façon dont le récit est mené, la posture des personnages... rien ne m'a plu.

Écrit par : Jerome | 23/05/2017

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Et bien, voilà qui est rare, je ne dirais pas que rien ne m'a plu quand même ... Mais on se rejoint sur ces deux points négatifs : la construction du roman avec des grosses ficelles comparatives et les postures des deux personnages principaux, mais visiblement, on est un peu tout seuls ...

Écrit par : athalie | 24/05/2017

Mon avis est plus proche de celui d'Ingannmic : j'ai beaucoup aimé ! J'ai aimé le ton acéré de l'héroïne et j'ai occulté l'histoire entre Ifemelu et Obinze, accessoire en effet.
Et de Chimamanda Ngozi Adichie j'ai aussi lu (et préféré) "L'hibiscus pourpre"...

Écrit par : BlueGrey | 04/06/2017

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Je lirai peut-être d'autres livres de cette auteure pour oublier cette impression un peu discordante par rapport aux commentaires élogieux que je lis un peu partout ... Il est aussi souvent question d'un texte manifeste d'un nouveau féminisme, à voir !

Écrit par : athalie | 05/06/2017

il fait partie des romans que je voulais absolument aimer, je l'ai commencé trois fois sans accrocher je vais recommencer. avec ton billet et tous ces commentaires je vais aller à l'essentiel.

Écrit par : luocine | 19/08/2017

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