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05/06/2017

Tout ce qu'on ne s'est jamais dit, Céleste N.G

tout ce qu'on ne s'est jamais dit,celeste ng,romans,romans américainsCe titre est vraiment un bon polar psy, plus psy que polar d'ailleurs. Il a juste un peu souffert, en ce ce qui me concerne, de venir après la lecture de Souviens toi de moi comme cela, mais peu souffert quand même ... Ce qui prouve qu'il est bon !

Les deux titres ont en point commun de traiter de la disparition d'un enfant ( un ado, plus exactment) et le raz de marée familial qui s'en suit. Sauf que dans ce titre là, la disparue ne revient pas, et la famille devra petit à petit admettre, non seulement sa mort, mais, en plus, que celle-ci fut volontaire. Lydia Lee, seize ans, fille parfaite, élève parfaite, a voulu sa mort, ne pouvant plus lutter contre le couple qui l'avait conçue, formatée et étouffée sans même s'en rendre compte.

Marilyn, la mère, aurait voulu être médecin, avoir une vie différente de celle de sa propre mère qui ne jurait que par la conformité des arts ménagers. Elle était sur la bonne voie, lorsqu'elle rencontra, et aima, son prof de littérature du western ( c'est le seul truc à peu près léger du bouquin). James Lee, comme son nom ne l'indique pas, est d'origine chinoise, fils unique et presque parfait d'immigrés pauvres chinois. Et lui, ce dont il rêvait était de ne pas l'être. Il ne se le dit pas aussi directement, évidemment, mais c'est bien de cette rancœur là que cet homme a nourri ses ambitions, grandioses, et a ravalé les couleuvres que ses origines font peser sur sa modeste taille, les vexations des regards sur sa couleur, une différence jamais assumée.

Modeste carrière universitaire pour lui, finalement, et femme au foyer pour elle, finalement aussi, les Lee ont eu trois enfants, même si en réalité, ils ont eu surtout Lydia. Et fait de l'adolescente une menteuse, une tricheuse, une prisonnière de l'image attendue, jusqu'à l'overdose d'amour. 

Par les yeux du frère, du père, qui se dessillent tout doucement, par interstices, on découvre les faux semblants et les stratégies mis en place par la jeune fille ; sa vie dédoublée, ses masques de sociabilité, son immense solitude,bien réelle, sous les phares du regard et des attentes de ses parents, qui n'y voyaient goutte. Et puisque Marilyn refuse toute tâche sur l'icône de sa fille, ce sont les deux autres enfants, le grand frère, Nathan, et la petite soeur, Hannah, qui se tiendront du bout des doigts pour commencer à exister, en dehors du carcan de la réussite normale et étouffante imposée à Lydia.

La narration est tendue, passant sur des méandres et et marais sous jacents, touchant au passage des vérités enfouies sous la mauvaise bonne foi. Les personnages sont particulièrement crédibles comme l'est la nacelle dans laquelle ils vivaient jusque là, si fragile et faillible, ne pouvant les protéger de leur origine, ne pouvant l'effacer, comme l'aurait tant voulu James, ni remplacer une existence par une autre comme l'a tenté Marylin.

De l'art de la mauvaise bienveillance parentale. 

 

 

 

Commentaires

Oh, mais tu as changé la peinture, par ici ! Je préfère, c'est plus lisible... ;-) (pour moi, du moins)
J'ai bien aimé le roman de Celeste Ng, drôlement bien fait !

Écrit par : Kathel | 05/06/2017

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je viens d'aller relire ta note, qui m'avait donné envie de lire ce titre. Et effectivement, tu as raison, le fait de situer l'action avant l'ère des téléphones portables permet de se concentrer sur l'essentiel du drame, les relations non dites, intimes, non verbalisées à tout prix ....

Écrit par : athalie | 06/06/2017

Si j'ai grandement apprécié l'intrigue, le caractère unidimensionnel des parents m'a laissée mitigée. J'ai mis la main, grâce à toi, sur "Souviens toi de moi comme cela". J'ai hâte de comparer...
En passant, bravo pour le changement. Encore plus agréable de te lire sur ce fond blanc. Tes mots ressortent mieux!

Écrit par : Marie-Claude | 06/06/2017

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Le sujet part du même point dans les deux titres ou presque, le traitement est très proche, très psychologique, mais plus violent, plus secouant dans "Souviens-toi de moi comme cela". j'ai hâte de voir ton avis !

Écrit par : athalie | 06/06/2017

Kathel et moi sommes de la même génération, et, oui, nos petits yeux fatiguent vite. Bravo, tu as refait les peintures!
A part ça, mes deux biblis snobent ce bouquin, j'attends pour tenter (ce genre de lecture, je n'achète plus)

Écrit par : keisha | 06/06/2017

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Oui, un peu de clarté ne nuit pas finalement ... Tu m'en avais déjà fait la remarque mais j'ai croisé sandrine à Saint Malo ce week-end, et elle en a parlé aussi, alors, je me suis dit que j'avais intérêt à changer si je ne voulais pas vous perdre .... Normalement, ce n'est que le début de plus grands travaux de rajeunissement !
Pour le livre, c'est étrange ce snobisme parce qu'il n'est pas honteux du tout, du tout ....

Écrit par : athalie | 06/06/2017

Je me joins au chœur des compliments, c'est nettement plus lisible et confortable :-) Le roman est à la bibliothèque, je tenterai un de ces jours.

Écrit par : Aifelle | 06/06/2017

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Ben alors, si j'avais su, j'aurais changé depuis longtemps ! Bon, ce n'est pas encore complètement satisfaisant, je vais prendre le temps de quelques améliorations encore .... Et donc, toi, tu une bibliothèque pas snob, c'est mieux quand même !

Écrit par : athalie | 06/06/2017

Dans le magazine lire, j'avais lu beaucoup de bien de ce polar ! Ca fait 10 fois que je le prends en magasin et que je le repose ! JE sens que je vais aller l'emprunter dès demain ! PS : J'aime beauocup ta nouvelle présentation plus claire !

Écrit par : maggie | 06/06/2017

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Tu peux y aller, c'est fort honnête, fort prenant, et pas polar du tout en fait. Tu sais dès la première phrase que la jeune fille est morte, après, c'est comment et pourquoi, avec des ellipses et des mystères, à toi de détricoter le labyrinthe. Moi,j'aime bien quand une lecture me donne cette posture.

Écrit par : athalie | 07/06/2017

Sur le moment, j'avais été un peu déçue par cette lecture, sans doute parce que j'en avais entendu beaucoup de bien mais finalement, j'ne garde un bon souvenir.

Écrit par : Valérie | 06/06/2017

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J'ai failli être déçue mais pour une autre raison, à cause de la comparaison avec "Souviens toi de moi comme ça", comme je le dis dans la note. mais finalement, non, comme quoi, ce titre est vraiment bien, parce "Souviens toi de moi comme ça", pour moi, c'est du balèze. Mais, personne n'en a parlé, et c'est bien dommage, je trouve.Comme Marie Claude va le lire, peut-être aura-t-il une seconde chance ?

Écrit par : athalie | 07/06/2017

Hors-sujet : Je suis allée voir Sandrine animer un débat à St Malo et elle m'a dit qu'elle t'avait vue. Il faudra que l'on se donne RV l'an prochain pour que je te vois "IRL" ;-)

Écrit par : cathe | 08/06/2017

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Oui, oui, je suis passée voir un plateau qu'elle animait, pas celui qui la passionnait le plus, mais ce fut sympa quand même ... On a taillé un bout de discut (notamment sur la lisibilité de ce blog ...), l'organisation du festival etc ... Et j'y serai encore l'année prochaine, alors pas de souci !

Écrit par : athalie | 08/06/2017

Une belle découverte pour moi aussi (avec un léger bémol, quant à la dimension parfois légèrement caricaturale du comportement des personnages).

Et j'ai trouvé en bouquinerie une exemplaire d'occasion du Bret Johnston, dont j'avais noté le titre suite à ton billet..

Écrit par : Ingannmic | 08/06/2017

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Oui, ils sont un peu monolithiques, les parents surtout, mais il faut bien qu'ils le soient pour que cela fonctionne comme un thriller. Mais je suis quand même d'accord avec toi, c'est la loi du genre et c'est ce qyu fait que c'est un bon livre et pas plus.
Je suis révoltée que l'on puisse revendre le Bret Jonhnston, mais contente puisqu'il est tombé sur toi. J'espère qu'il te plaira. Je pense que les personnages sont plus complexes, même si eux aussi, ils ont leur oeillières !

Écrit par : athalie | 10/06/2017

Ce livre m'a révolté mais dans le bon sens du terme car il m'a fait prendre conscience qu'être parent ce n'est pas du tout évident mais qu'être enfant sous le joug, le poids d'une famille de cette trempe, de cette mère et de ce père mangés par les regrets ce n'est pas joyeux et ça amène au drame.
Comme mes partenaires d'au dessous, les couleurs blanches sont beaucoup plus apaisantes pour te lire.

Écrit par : Ambroisie | 09/06/2017

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Merci pour le blanc, je ne me rendais pas compte de la gêne .... Effectivement, c'est un livre qui peut faire un peu peur, parce qu'il y a dans le comportement des adultes une rigidité morale et un aveuglement, dont on se dit qu'il ne peut exister en vrai, alors que bien des exemples montrent qu'être parents n'est pas toujours être lucides.

Écrit par : athalie | 10/06/2017

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